‹ Histoire des sciences médicales v. 2 (volume 2)Chapitre 68 sur 102 · QUELQUES REMARQUES SUR BICHAT · texte numérisé non relu

QUELQUES REMARQUES SUR BICHAT

Barthez, pour faire sentir la différence qui les sépare, prend la comparaison d'une montre dont l'aiguille à secondes parcourt d'une manière très- apparente la circonférence, et dont l'aiguille à heures se meut aussi quoiqu'on ne distingue pas sa marche.

» La contractilité organique sensible répond à peu près à ce qu'on nomme irritabilité; la contractilité organique insensible à te qu'on appelle tonicité. Mais ces deux mots semblent supposer, dans les propriétés qu'ils indiquent, une diversité de nature, tandis que cette diversité n'existe que 'dans l'apparence extérieure. Aussi je préfère employer pour toutes deux un terme commun, contractilité organique^ qui désigne leur caractère général, celui d'appartenir à la vie intérieure, d'être indépendantes de la volonté, et d'ajouter à ce terme commun un adjectif qui exprime l'attribut particulier à chacune.

> On aurait, en effet, des idées bien inexactes de ces deux modes de mouvements si on les considérait comme tenant à des principes différents. L'un n'est que l'extrême de Tautre; tous deux ÎTenchalnent par des gradations insensibles. Entre la contractilité obscure, mais réelle, nécessaire à la nutrition des ongles, des poils, etc., et celle que nous présentent les mouvements des intestins, de Testomac, etc., il est des nuances infinies qui servent de transition : tels sont les mouvements du dartos, des artères, de certaines parties de l'organe cutané, etc. »

Au nom de la physiologie expérimentale que Bichat oublie un peu en ces considérations, les modernes ont réfuté ou redressé {dusieurs des opinions hasardées ou controuvées, et ces distinctions subtiles qui ont pris pour trop longtemps racine dans la icience en s'abritant sous un grand nom (1).

(1) Dans les Considérations générales qu'il a placées en iéte de son Anaiomte génirale^ Bichat reprend et cherche à corroborer par de nouveaux arguments^ tirés ■éme de la pathologie, la distinction des deux vies, avec leurs modes spéciaux d'actif ité et la séparation des propriétés physiques d'avec les propriétés vitales. Il assigne au minéraux les propriétés physiques ; aux plantes^ ces mêmes propriétés^ plus les propriétés organiques^ sauf la contractilité sensible ; aux animaux^ toutes les propriëtét physiques, toutes les propriétés vitales organiques et les propriétés vitales aoimalei. — Blandin, dans ses notes, a déjà rectifié plusieurs des assertutions de Blditt.

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