‹ Histoire des sciences médicales v. 2 (volume 2)Chapitre 70 sur 102 · QUELQUES REMARQUES SUR RICHAT · texte numérisé non relu

QUELQUES REMARQUES SUR RICHAT

108 diverses, pour former des organes et des appareiU» constimi le sujet de YAnatomie descriptive.

c II y a dans Torganisation générale des animaux un certain xnbre de lissus simples qui sont partout les mêmes, quel que lit l'endroit où ils se trouvent placés, qui ont la même nare» les mêmes propriétés vitales et physiques, les mêmes symthies, etc., et qui, véritables éléments organisés de Técono- ^ vivante, sont combinés quatre à quatre, cinq à cinq, six à ., etc., pour former les organes composés que la nature dese à remplir chaque fonction. Ces tissus simples (mais tous sont Q d'être simples) sont les suivants : 1° le cellulaire, 2Me ner- Bx de la vie animale, 3"" le nerveux de la vie organique, A° l'armI, ô"* le veineux, 6" celui des exhalants, T celui des absoraU (1) et de leurs glandes. S"* Tosseux, Q'* le médullaire, ■ le cartilagineux, IP le fibreux, 12** le fibro-cartilagineux, * le musculaire de la vie animale, 1&° le musculaire de la vie Ksnique, 15° le muqueux, 16° le séreux, \T le synovial, 18* le Rnduleux, 19" le dermoïde, 20° Tépidermoïde, 21° le pileux. bCcs vingt et un tissus ont fait Tobjet de mon Auatomie yér*û/e; leurs combinaisons diverses vont être celui de mon Ana- *mie descriptive. Remarquez, eu effet, que tous les organes Hcourant à une fonction quelconijuc résultent de plusieurs de S tissus simples réunis entre eux. Prenons quelques-uns de ces ganes pour exemple : Testomac est un assemblage des lissus Uqueux en dedans, séreux en dehors (2), musculaire organique L milieu. Les tissus séreux au dehors, muqueux <lans les celles, fibro-carlilagineux dans les bronches, etc., composent le kumon. Dans un muscle il y a le tissu musculaire pour le corps, flbreux pour les extrémités, et quelquefois le synovial lorsqu'un îssement est à éprouver. Dans un os long et frais, les tissus osux pour le corps, cartilagineux et synovial pour les extrémités,

(1) Vu son itniorancc des phciioiiiLMics dcndosmosc et dixosiiiost? commuât à is les lissus organiques, Biclial a i/nnyiné en graii.lo partie ets «leiix cspèt* dt Meaux. Les Ijmphaliques muiI chargés de lahsorlioii ; inaU IJichal en «Tiit ttf.

s là ou il n'y en a pas.

2 niellai f.iil ici du péril<»iiie mie parli.- iiit.giMnle **•' l'»''*l'»»"ar, «1 il miliiK

membrane fibreuse

liOO QUELQUES BEMAftQUfiS SOTl BIGHAT.

médullaire pour le milieu, se trouvent réunis, etc., etc.De ploik tissu des artères, des veines, des exhalants, des absoiiMmb, ài nerfs et du système cellulaire, se trouvant mêlés à tous cein-l^ entrent comme matériaux dans la structure de chacun àaaf' ganes précédents, et de presque tous les autres.

» D'après cela, l'idée d'un organe entraîne nécessairemoi celle d'un composé de plusieurs tissus différents, qui, isolés la , uns des autres, seraient insuffisants pour les fonctions de cet otgane, mais qui, par leur réunion, deviennent propres à les rei* plir. J*ai désigné sous le nom de système le traité de cba^ tissu simple ; celui A^ organes exprime une réunion de plosien systèmes, pour former un tout unique; celui A' appareil mtvA à désigner un assemblage de plusieurs organes coDcounot i une fonction, comme, par exemple, les assemblages des oselta muscles pour la locomotion, de la bouche, de Testomac et (lei intestins pour la digestion, de la plèvre, du poumon etdebtii' chée-artère pour la respiration, etc., etc. C'est sous ce n^ que je dis systèmes osseux, fibreux, cartilagineux, ^\z.\orfA gastrique, pulmonaire, cérébral, etc., expressions synonymesk celles-ci : estomac, poumon, cerveau, etc.; apparciUt\^^ motion, de la digestion, de la respiration, etc. >

VAnatomie générale et VAnatomie descriptive (1), où lapk? siologie est sans cesse présente, où les idées abondent, oiiks faits se classent et s' enchaînent avec tant de méthode, soniks seuls ouvrages en ce genre qui se lisent avec un tel plaisir,qQ* les trouve trop courts (cependant ils ne forment pas moinsi neuf volumes in-S**) (2) , et que, dans Tentraînemenl de la pen^ et des yeux, on ne s'aperçoit ni que les descriptions ne hi' 1 pas toujours suiSsamment exactes et complètes, ni que lesitl^ i

(1) Dans VAnatomie pathologique, qui n'est qu'une ébauche, Bichataeuk*' rite de distinguer les maladies des tissus de celles des organes.

(2) Tout cela écrit par un homme mort à trente et un ans (1771-1802). <^<^ avait mené de front un travail opiniâtre et de vulgaires satisfactions des seoi.^ être Bichat a-t-il assez vécu pour sa gloire; car ses idées préconçues et s**"^ gination l'eusseut vraisemblablement conduit dans les régions de l'aventure»^* roman.

QUELQUES ftËllAftQUËS SUft ËKlRAt. llOl

fois fort sujettes à discussion et à rectification. Quand la i anatomie microscopique ou histologie aura trouvé un elle pourra se tenir pour assurée, au moins durant un ssez long, de séduire tous les bons esprits et de devenir re.

Sommaire. — Ciillen ; ses dhors ouvrages; ciposc de sonsysU'me dej do pathologie el de lliéra|K-iilique. — Brown. Exposition etdiscM système. — Parallèle entre Brown el Broussais.

MESSIErRS,

La doctrine iatromécanique avait jeté des racines b fondes pour que les nouveaux systèmes de médecine n' dassenl pas (|uel(]ue chose. Le mécanisme se transfomK lidisme: c'était la conséquence naturelle. Les systèmes d el de Brown sont deux de ces transformations, ou, si vw mieux, un écho, une h'mitalion de Tiatromécanisme, sau l'influence plus ou moins diiecle du système de Tirri Cullen, fort opposé à Stahl, se rattache directement à H( el en partie par Finlermédiaire de Gaubius, à Haller

(1) On lit dans la Préfaec des Éh^motts de la médecitte pratique : € I dontenx que les pliénoiui iics de léennoniie animaîe^ lanl dans l'éUt dt dans nlui de maladie, ne pen\enl s\'\pliqncr ({là'en considérant létale lions des puissances inoiriees qui iniprimenl le mouvement à loule lâi nie parait étonn.int que les médecins aient été si longtemps sans >Vb i c'est, à mon avis^ mie obli;i;ation particulière que nous a\ous à iloffmai avoir mis sur la Noie eimvcnalde pour observer ; et il parait que le«iM lent de jour en jour la necosité de plus en plus grande de >a uiéthotfe doïite ce qui engagea Boerliaave à publier son ouvrage intitulé •.Impetn» le docteur Gaubius à donner sa patbologie du aoiiduin virum. C'est ti mènu" \U(; que le baron Van Swieten a cru nécessaire de faire, au œoii cas particulier, un cbangement considérable à la doctrine de son maître, peut le \oir dans son commentaire sur Tapliorisme 755. Le docteur Hall coup perfectionné cette pailie de la pbysiologie par ses expérieucessurl el la sensibilité. Ces exemples et beaucoup d'autres, parliculièreraenl l* M. Hartluz (Cullen n'a connu que l'ébauche de son système), professeu pellier, sont (Ks preu\cs «les progrès que l'on a faits dans rélude de>ifl système nerveux, et suffisent pour faire aptrcevoir combien nous iovoB blés à iloll'inann d'en avoir posé les fondements d'une manière si cooteV

COLLEN. — PHYSIOLOGIE. 1103

i (1712-1780), successivement professeur à riiasjiow el à )ourg, ami de William Hunter, antagoniste de Brown dont il été d'abord le protecteur, a joui de son vivant d'une rande réputation, mais elle n*a pas résisté à ci^Ue de Brown isait plus de bruit et de mal h la fois (l). Le premier oude Cullen a pour titre : Si/nopsis nosologiae metha^ (1769), dont la meilleure édition est la quatrième (2) ; es Premiers éléments de médecine pratique à l'usage des mts( 1770-1783); \di Physiologie {1112)\ des Leçons de cli- (1797) (3); enfin, une Matière médicale publiée en 1789. ivers ouvrages ont été popularisés en France par les trains de Bosquillon.

Physiologie est un livre médiocre et arriéré, même pour aps. Cullen n'a aucune idée des différences essentielles des i; il admet dans Torganisme deux espèces de parties solides: mples qui ont les mêmes propriétés sur le cadavre que sur ant, et ces propriétés ne paraissent pas différer de celles que 'cmarque dans plusieurs corps inanimés; les solides ritanjr mi autres que le système nerveux, lequel est le système lique par excellence, celui d'où dépend santé et maladie

tes lois du système nerveux, dans les différentes circonstances de récononiie c, sont si peu détermint'es, qu'il ne faut pas être otonné que, dans une niaussi difficile, lesyslèmeile Hoffmann soit resté imparfait et défectueux, etqu'i moins (rinfluence qu'on ne devait l'espérer. 11 dilVérait de Stiilil,son collèjjfue, ' es principes fondamentaux de son système ; mais il ^l'esl que trop évident tait infecté des erreurs de Stahl, sur la pléthore el la cacochymie, comme on observer dans tout le cours de sa Mi'ilecinc rationnelle, et particulièrement on chapitre De movhorum genernhone ex nimia sanf/uinis qunntitote et hU'

I impuritate, »

Thompson a donné, en deux volumineux in-8 (1832-1869) une Vi^ é^ . C'est un li%re excellent, fait connue les mémoires anglais, c'est-à-dire iJ'tf«Mi âersou autres documents authenli(|ues.

L'auteur a reproduit en ahrépé les n')soh>tnes de Sauvage, de K«|ptr, ^ Me, etc., et trace la sienne propre.

II parait que Cullen avait rédigé une grande partie de ses //•j'"«*i»'* jh-. pratique, leçon» dans lesquelles il développait ses Pmm'rrs «^It^meitU^m^ mais elles sont restées longtemps manuscrites; Bosquillon *'tt ^m..^ - . >pic, et Thompson s'en est servi dans sa Vie de Cnlleii. l^ fragment en 1797.

1 1 0/i CULLËN.

(§ 7-10). On voit que celle doclrine n'est qu'une exagération de celle des ialromécaniciens. Ces solides, tout simples qu ils sont, doivent cependanl être considérés comme un agrégat homogène ou un roixle formé d'eau et de quelque matière qui s'aggloline avec l'eau. L'état de ce mixte varie suivant la proportion desal^ tières, la force de cohésion, la flexibilité et l'élasticité (§ 11-13). C'est le fluide nutritif qui a le plus d'action sur l'état du solide mixte (§ 16-17); vient ensuite l'humidité extérieure, latempénture, la pression interne ou externe, le mouvement (§ 20-21); comme l'auteur ajoute (§ 21), que cet état du mixte varie et raison de son organisation, c'est-à-dire en raison de l'ordre dei fibres, de la condition du tissu cellulaire ou de la texture dei vaisseaux, on en peut conclure que pour Cullen les solides siiipies (il ne dit rien des composés) répondent à peu près aux ^ûno* Ce qui a lieu d'étonner, c'est que ( § 23*2Â) le bon état di tissu cellulaire soit présenté comme la circonstance la plus ioporlanle pour Tintégrilé de l'organisme. Aussi les causes dei altérations de ce tissu (volume, fermeté, densité, force oa ai* blesse, matière contenue dans les cellules, variétés de moal^ ments dans les parties qui composent ou séparent le tissu cello* laire, etc.), sont-elles recherchées avec beaucoup de soiB> N'oublions pas que la partie fondamentale des solides simplniA formée par un lissu de vaisseaux (§ 24), et que c'est surtout rW de ces vaisseaux qui détermine les maladies de cette espèce de solides; ils peuvent être plus ou moins remplis de fluides ;oe liquide peut se solidifier; ils peuvent être bouchés par du tissa cellulaire; les parois peuvent s'agglutiner (1).

Afin qu'on puisse apprécier à leur juste valeur ces fonderaeais physiologiques et anatomiques du système de Cullen, rappeloo* que noire auteur (§ 29), pour expliquer le sentiment ellemottvement, considère à peu prés comme Galien, dans les nerfs, de«x espèces d'extrémités. Les extrémités setUantes des nerfs sont celte où la substance médullaire est dépouillée des membranes qu elk

(1) Cullen donne ici la classification suivante des maladies (§ 26) : maladie!^ parties nalurelkinent souples ; faiblesse jointe à la flexibilité, à la fragilité; ^ axité, llûccidité ; rigidité a>ec diminution ou destruction de ta flexibilité i — i""*** dics des parties naturellement dures : flexibilité, fragilité.

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