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IDÉE GÉNÉRALE DU SYSTÈME DE BROCSSAIS

Lions intermittentes et rémittentes sont toujours avec exaltation le la sensibilité et de la contractilité, et par conséquent avec con- ^tîon, soit dans le principal siège du mal, soit dans les lieux où il éveille des sympathies. Les irritations intermittentes et rémittentes sont toujours des phlegmasies, des hémorrhagies, des néirroses ou des subinflammalions qui se déplacent et se terminent spontanément par des métastases critiques; si elles cessent de se déplacer, elles se convertissent en phlegmasies, en hémorrhagies, en névroses, ou en subinflammations continues, soit aiguës, soit dironiques.

» Les fièvres intermittentes et rémittentes sont des gastro-entérites périodiques; mais l'encéphale et les autres viscères sont irrités sympathiquement, de même que dans les continues, et peuvent aussi devenir le siège principal de l'irritation et s'enflammer d'une manière périodique ou continue. Chaque accès régulier de fièvre intermittente est le signal d'une gastro-entérite dont l'irritation est ensuite transportée sur les exhalants cutanés, ee qui produit la crise; si l'irritation ne se déplace pas complètement, la fièvre est rémittente; si elle cesse de se déplacer, la fièvre devient continue. Les fièvres larvées des auteurs sont des irritations périodiques de différents systèmes ou appareils, soit intérieurs, soit extérieurs, mais dans lesquelles le cœur est moins lilflaencè et la chaleur générale peu ou point exaltée. Les fièvres dites pernicieuses ne diffèrent des autres que par la violence et 'e danger des congestions.

9 Thérapeutique (1). — « Il est toujours dangereux de ne pas trréier une inflammation au début, car les crises sont des efforts violents, souvent dangereux, que la nature déploie pour soustraire ^économie a un grand danger; il est donc utile de les prévenir tl imprudent de les attendre. 11 y a quatre moyens d'arrétef* H marche des inflammations : les débilitants, les révulKil'^, k? :oniques fixes et les stimulants plus ou moins din'usibl4i^. U» lébilitants propres à arrêter les inflammations sont la «miOM?' ^abstinence, les boissons èinullientes et acidulés, nuiitf ii< )^

(1) Ici comme pour la pathologie je laisse de cùlé \e> «lélaiU «le iê UMt«|nt«««s. Ll^ ne sont que les couscqueocc« des priucipcs que je ir&n»crb«

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gnée est le plus efficace de tous. Les vésicatoires augmentent souvent les gastro-entérites, parce que rinflammation quils produisent ajoute à celle de la membrane muqueuse digestive, au lieu d'en opérer la révulsion ; ils ne rendent donc pas les services qu*on en attend dans le degré de ces maladies que Ton désigne par les mots de ftèvite adynamique^ Les vésicatoires exaspèrent le plus souvent les inflammations des différents tissos du poumon» soit aiguës, soit chroniques, lorsqu'on les applique avant le traitement antiphlogistique ; mais, après les saignées répétées, ils opèrent très-efficacement la révulsion.

» L'estomac est un organe qui a besoin d'être stimulé, afin d'entretenir, par les sympathies qu'il réveille, le degré d'irritation nécessaire à l'exercice des fonctions; mais il doit Têtre dans un degré et dans un mode qui conviennent à sa vitalité, car il est le siège du sens interne régulateur de réconomie. Les iotlammations intermittentes cèdent aux saignées et au froid appliqués durant la période de chaleur, au printemps, lorsque le sujet est robuste et pléthorique, et lorsque la maladie est récente; dans ces cas placer les sangsues le plus près qu'il est possible do principal point d'irritation.

» Les groupes de symptômes que l'on donne pour des mat dies, sans les rapporter aux organes dont ils dépendent, ou bien en les rapportant aux organes, mais sans avoir bien défermin? la nature de l'aberration physiologique de ces derniers, soDtdw abslraclions métaphysiques qui ne représentent point un étal morbide constant, invariable, et dont on suit assuré de retrouver le modèle dans la nature; ce sont donc des entités factices, ^ tous ceux (|ui étudient la médecine par cette méthode sont des ontologistes,ÇtOXi%\Akvev les entités morbides factices corameiie? puissances malfaisantes qui agissent sur les organes et les nudifient en y produisant tel ou tel désordre, c'est prendre les eff'^t pour les causes, c'est faire de l'ontologie. Considérer la succe sion des symptômes que l'on a observés comme la marche nécer saire et invariable d'une maladie, et en faire des caractères er sentiels à son diagnostic , et par conséquent à son trailemeoL c'est créer une entité factice, puisque les affections des orgaii* se comportent différemment suivant leur irritabilité^ leurseià-

IDÊfc GÊNÈllAtfi ro STBTÈMB DS BtKOUSSAl& IISS

bilité et les modificateurs qui agissent sur eux; c'est sê mettre dans l'impossibilité de traiter cette maladie avant sa terminaison, sans être en contradiction avec ses propres principes ; c'est ton-' jours faire de Tonlologie. Adresser des remèdes à une entité morbide factice, sans apprécier leurs effets sur les organes qui les reçoivent, et sur ceux qui sympathisent avec ces organes^ c'est guérir ou exaspérer une maladie sans en connaître la raison physiologique.

» Celui qui guérit une maladie sans en avoir apprécié avec justesse les modifications physiologiques au moyen desquelles il a opéré cette cure, n'a pas la certitude de reconnaître ni de guérir la même maladie lorsqu'elle se présentera de nouveau; d'où il résulte nécessairement que ni les succès ni les revers des ontologistes ne peuvent servir ni à les rendre bons praticiens , ni à leur donner les moyens d'en former d'autres. »

Du système de Browrn il ne subsiste rien, mais du système de Broussais il reste de belles descriptions de maladies, de savantes observations^ la considération, après Bichat de la diversité des maladies suivant les tissus qu'elles envahissent ; l'exemple, devenu plus salutaire entre les mains de ses rivaux qu'entre les siennes, de l'application régulière de l'anatomie pathologique à l'étude des maladies; une pathologie où les lésions sont envisagées dans leurs rapports avec les manifestations morbides (1); une foule de précieuses remarques touchant la marche et les suites de l'inflammation. C'est là Timpérissable titre de Broussais à occuper une des places les plus élevées dans l'histoire de la médecine. Ce titre, il faut surtout le chercher dans YEHsiaire des phlegmasies chroniques y et encore dans la première édition (1808) ; car dans les suivantes, de scrupuleux observa-

(1) Dans la Préface de V Irritation et la folie Broussais définit la méthode phy^ biologique: « L'observation des rapports de rifoninie avec les modificateurs citernes el des organes de l'honiine les uns avec les autres, aussi bien en santé que dans réut de maladie. Ce n'est pas l'abstraction vie qu*il s'agit d'étudier, mais les organes vivants, car ni les forces ni los propriétés ne peuvent pas être considérées indépendamment des organes et des tissus. 11 est donc indispensable que le médecin •il totiûours la matière des organes présente à son esprit. »

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