IDÉE GÉNÉRALE DU SYSTÈME DE BROUSSAIS
leur, ou, si Ton aime mieux, de simple chercheur (l) qu'il était, il prend, sous le feu de la conlradiclion, les allures d'un sectaire.
(1) On remarque cependant, dans la première édition de VHistoirc Jc< phle^turfsies chroniques, plus d'une vue aventureuse sur la nature et sur le traitcmenl di-^ fièvres, particulièrement des lièvres intermittentes, pour lesquelles Broussai?, coiDnk beaucoup de niédecias du xviii* siècle, n'use qu'à cuntrc-cceur du quinquiiu, AiUi la crainte des phlo^^oses. En tout cas, si le nouveau svslcme se trouve tnut enUrr ca celte première édition, il s'y trouve dans une mesure encore tout à Tait scieolifique.
5>ovMAiRE.'- Ecole (le Montpellier; Bordeu et la fédéralion des organismes; Barthet et le vilalisme; Grimnud et son Traité des fièvres; Dumas et son système des ma- Udies; Reil et le vitalisme en AUema^e; Érasme Darwin et le matc^rialisme bio-/ logique en Angleterre.
Messibi'Iis^
Théophile de Bordeu (1722-1776), dont on fait, ou du moins dont on Hiisail si grand élal à Montpellier, est, à mon sens, un esprit très- embrouillé, un anatomiste mal assuré (1), un physiologiste incertain, un théoricien sans doctrine bien arrêtée, un véritable syncrétiste, un historien des plus mal infonné!", un prétendu savant qui vante sans cesse Tempirisme et la médecine naturelle (voyez surtout ses Recherches sur T histoire de la médecine) et en même temps qui se laisse aller parfois aux rêveries d'une sorte de mysticisme (2). En 1742 il publie, comme bachelier, une dissertation De sensu generice considerafo, où il reconnaît que les nerfs sont le siège des sensations et de la sensibilité,
(1) On a beaucoup vanté le Mémoire de Bordeu, intitulé : Hechcrrltes nnatomi" quel sur les articulations des os de la face, 11 est certain que Bordeu a fait une étude attentive de ces os et de ceux du crâne ; mais le problème qu'il pose (et que suivant son habitude il ne résout pas) est, au moins, singulier : «Quand un homme a un grand poids sur la tète et serre en même temps quelque chose violemment entre ses dents, il est évident que les principaux os de la télc font elTorU Quel est celui qui en fait le plus ? Quel est celui qui soutient toute la machine? I<es coupes données à ces pièces sont-elles les plus propres qu'il soit possible, les plus convenables, celles qui épargnent le plus la matière et ménagent le mieux l'espace? » Mais la tète n'est pas faite seulement pour supporter un grand poids et pour que les dents serrent en même temps quelque chose ; d'ailleurs, c'est non-seulement par l'étude des os de la tète humaine, mais de la tête des divers animaux, qu'on peut arriver ù déterminer en vue de quels offlces ces os sont construits et agencés.
(2) Il appelle quelque part {Des glandes^ § 64) Van Helmont un de ces euthou- 5i8»tes comme il eb faudrait un chaque siècle pour tenir les scolastiques en haleine.
4458 ÊGOLE DE MOirrPELLIER.
non par rinlermédiaire des esprits animaux, sur Texislence desquels on ne peut former que des conjectures (voy. § 5 et suiv.), mais par une sorte de puissance contractile ou d'oscillation, (§31 et suiv.) qui est mise sous la dépendance d'une sorte de rmil d'une irritation spontanée ou acquise (voy. aussi Des glaruJeu, §87 et suiv., et 1:^0) (1).
On trouve au septième chapitre, § 2, des Recherches sur F histoire de la médecine^ un passage fort curieux où Bordeu émet son opinion sur la constitution de l'organisme humain considéré dans la plus grande généralité.
c L'âme spirituelle, dit-il, jointe au corps vivant, a ses fonctions particulières ; elle agit sur le corps et elle en reçoit des modifications ; mais la vie corporelle est due à l'être animal ou vivant, être distinct, par sa nature ou par ses dispositions essentielles, de tous les autres corps, être duquel les bêtes approchenl beaucoup plus que les plantes, qui jouissent pourtant d'une nuance ou d'une portion de vie corporelle. Les savants ont reçu avec empressement les expériences et les réflexions d'un médecin philosophe des plus distingués de ce siècle, Haller; il a pris l'irritabilité des parties du corps vivant pour un principe gént^ral, et il l'a mise à la place de la sensibilité, qui avait de mémt^ été regardée comme un principe général dans FÉcole de Montpellier, avant qu'il fût question de l'irritabilité considérée som ce point de vue. Or, la sensibilité paraît plus aisée à comprendra
(1) Bonlou pense, en partie comme Baglivi (voy. plus haut, p. 802 el «It^..
que le cerveau a une espèce de mouvement de tonicité active qui se propaf*" auT
nerfs, mouvement ou tonicité qui sont propres à sa substance ou qui lui vieniKBt
des membranes, et auxquels les pulsations artérielles de la h^kSù ne sont pas toot i
fait étrangères; il combat l'opinion de ceux qui pensent que les nerfs des foiii-ti>4b
vitales viennent du cervelet (§130; voy, aussi § 131 sur la théorie mécanique 'J^
modifications que rànie fait subir au cerveau).— Les idées^ prises, comme les wn*^
lions, dans ce qui s'appelle leur matériel, ne sont que des tensions ou des vihn-
lions plus ou moins fortes îles fibres du cerveau qui retentissent sur une partie, p^r
exemple l'action de Tidée d'un bon mets sur la sensation de la salive. Bordeu v ra!-
taille ici à la tliéorie iatromécanique, quoiqu'il se moque un peu des mtvam-
cicns, sans néjrlijçer quelques malices & l'adresse des Stahliens (voy. aussi î>fi
crises, % 48), lesquels n'ont pu, dit-il, s'implanter à Montpellier qu'en habillii!
la doctrine du maitre de quelques lambeaux de mécanique fournis par les auttfll^
anglais.
RORDEU. -— PHYSIOLOGIE ET MTHOLOGIE. 1159
que rirritabilité, et elle peut lrAs-l)ien servir de base à l'explication de tous les phénomènes de la vie, soit dans l'état de santé, soit dans Tétat de maladie. Au reste ces deux opinions se ressemblent beaucoup, et elles ont eu de grands partisans en Angleterre. Telle est donc la façon de considérer le corps vivant, de la part de ceux qui, parmi les modernes, ont porté leurs spéculations au delà de la médecine pratique et des systèmes reçus dans les écoles du commencement du siècle. Tel est l'essor que prend la médecine philosophique dans ce qui concerne les fonctions purement matérielles du corps. Les médecins anciens n'ont pas fait de moindres eflbrts pour développer la cause et les phénomènes de la vie el de ses fonctions. >
En J7â2, il donne une autre dissertation Sur la chylification^ qu*il considère comme un acte vital, mais où il admet, pour contenter tout le monde, un peu de fermentation et un peu do putréfaction. En 1744, reçu «locteur en médecine, il démontre l'analomic à Pau, revient à Montpellier, d'où il se rend à Paris et fréquente surtout la Charité; en 1749 il était nommé intendant des eaux minérales d'Aquitaine dont il vantait les merveilles e n toute occasion ( 1 ) .
C'est en 1752 qu'il vient se fixer à Paris. Peu de temps après son arrivée en cette ville, il attira l'attention sur lui par ses Recherches anatoîniques sur les difft'rentes positions des glandes c^ sm Inir action, 175!2, où il combattit sans trop déménage- "'enls les opinions qui avaient cours h l'École de Paris. Ce n'est P«t.^ par la compression des parties voisines q\ie les (.dandef «f ^■'Jont ou sécrètent, ainsi que le professaient la plujiwl def phw. f "olopisles, Bnerhaave, Lazerne, Fixes, lleisler, eU:. §.4 ^ mr . . *' appuie ses iégilimes objections sur un raisoinuBeo t^-f ^^h\i\ et sur des expériences ingénieuses pour la
(1) Sc« Hrchn\'hes sur h^ mnfnflirs rhronif/u*"t 'l77bi cl i ""»*./• minérniesdu Hènn,, 1746-1748, scinblttiil iWiU* ^*^\ rainèniles. — M. Oiianlia Jhizi'tfp nu'flirnl»' ilé' /^e^r»* ; ■• k ; ■"••U\é dans les arcliivos df r,AraiIt'iiii«' île mr-'icuiii 4«i- .« *^/**«- i; ui«»IMtn' (10 mars 1773} iiiéJil*^ oii ii<>idé:u ^<iîété rovale «If mcdociutî.
ii60 • ÉCOLE DE MONTPELLIER.
diverses glandes salivaires (il les distingue en latérales internes, inférieures latérales, maxillaires inférieures moyennes), pour les glandes de Tanière -bouche, les glandes aryténoïdes, et poar toutes les autres glandes.
Sans prendre parti ni pour Malpigbi ni pour Ruysch que Lieutaud avait, c avec tout le feu de l'école a^ fort maltraités, sans admettre positivement que le cerveau est fongueux et forme une masse poreuse , Bordeu (§ 31 et suiv.) s'en tient aux sages doutes de Sténon. Les nerfs ne sont pas les conduits excréteurs di cerveau ; l'infundibulum parait seulement remplir ce rôle pir rapport aux ventricules du cerveau. Que le cerveau soit ou noi une glande, il n'en mérite pas moins considération, surtout eo ce point que, s'il est comprimé, son action ou ses sécrétions sort supprimées ; ce qui prouve bien que la compression arrête ai lieu de favoriser les sécrétions (§ 3& et suiv.).
11 est présumable que la glande thyroïde envoie queiqae liqueur à la trachée, où Bordeu a remarqué, pour la première fois,* en 1741, soit une fente, soit des trous ouverts sur le premier cerceau de ce tube; ce sont là les embouchures des codduits excrétoires de la thyroïde (§ 40 et suiv.).
Le thymus n*a que des usages transitoires; il ne tient pas b place des poumons chez le fœtus; il ne sécrète pas de hquear; il semble plus probable que c*est un organe sanguin qui se râpe tisse après la naissance, non qu'il soit comprimé par le poumoi, mais parce qu'un tel diverticulum du sang n'est plus nécessaire, puisque le poumon reçoit une quantité suffisante de ce liquide {§ 48 et suiv.). Pour prouver que la sécrétion s'opère dans les glandes, non par compression, mais par irritation^ il apporte en témoignage (§ 73) le chatouillement particulier qui accompagne b succion et le tiraillement des mamelles par l'enfant; les femmes appellent cela la moiitée du lait; sous l'impression de ce chatouillement leurs mamelles, de flasques qu'elles étaient, se Aow/- /Î5se/2/. Je donne ici textuellement deux passages qui résument U doctrine (§ 87 et 98).
« L'excrétion des glandes dont il a été question jusqu'à présent ne se fait pas, comme on Tavait avancé , par la compression du corps glanduleux, mais par Yaction propre de l'oryane^ acliofl
BORDEU. — PHYSIOLOGIE ET PATHOLOGIE. fi6l
certaines circonstances augmentent, comme les irritations , ecousses et les dispositions des vaisseaux du même organe, nrconstances ou ces changements paraissent les uns mieux les autres dans certains organes ; mais ils sont nécessaires l'excrétion , qui dépend principalement d'une espèce de ulsion ou d'état spasmodique de l'organe , que nous avons lé érection. Ajoutons que chaque glande ayant besoin^pour ou pour travailler à l'excrétion, de se replier ou de se rouler Ue-même, de se gonfler et de se durcir ^ il a fallu que la naménageât les parties qui environnent les glandes de façon les ne les gênassent point ; aussi le détail a-t-il fait voir que ue glande a , pour ainsi dire , sa niche particulière où elle contourner librement. Ce qu'il y a de particulier, c'est qu'il t accorder cette liberté avec une position convenable pour a glande fût secouée et agitée ou excitée par les parties du aage sans en être comprimée ; on a vu comment tout a été rablement proportionné pour la même fin. Voilà bien des ositions qui paraîtraient tout d'un coup des paradoxes , en mt l'opinion commune ; mais nous croyons avoir démontré les sont évidentes, et que le système ordinaire ne saurait ister tel qu'on Ta donné jusqu'ici, à moins qu'on n'y fasse ]ue modification particulière.
Nous pensons que les sécrétions dépendent surtout de l'acies nerfs qui se trouvent dans la glande , et que la sécrétion )ut comme Texcrélion, de la part de l'organe, une action culière qui fait qu'il s'arrange, pour ainsi dire , lui-même, l'il se dispose à séparer une humeur. En un mot, nous )nsque pour faire une sécrélion proprement dite, il faut, i les mouvements ordinaires des humeurs, outre leur circun, un autre mouvement particulier de la part de Forgane luleux. Donnons les raisons de cette assertion, pour venir ile à ce que nous pensons sur la façon dont les nerfs agissent faire la sécrélion d'une liqueur particulière. Sténon avait ue les mamelles ont des nerfs pour que l'excrétion du lait volontaire. Bergerus croit que les nerfs contribuent à la lion en étranglant un peu les petites veines afm qu'elles vent moins d'humeur. On trouve ainsi dans les auteurs quel-
1162 ÊGOLB DE IIONTPBtXIEB.
ques passages épars, qui prouvent, si l'on veut, qu'on a senti U vérité de ce que nous proposons; mais ii est évident que, comme je Tai dit, on a négligé Tactlon !des nerfs dans la sécrétion; on n'en parle presque pas communément. D'ailleurs il s'agit de voir quelle est la façon dont nous croyons que les nerfs agissent, et quelles sont les preuves que nous employons ; on connaîtra aisément la différence de ce qu'on a dit jusqu'ici et de ce que nous avançons. >
Bordeu combat (§ 95) les deux opinions qui avaient cours de son temps sur la cause des sécrétions, savoir : Vhnmeur mialogw, la disposition mécanique des organes gtandulaireSy des circoftroluttons et des différents diamètres des vaisseaux. Les deux opinions résument à la fois les Ihéories chimiatriques et iatroraAaniques. Ce sont les nerfs eux-mômes qui choisissent leshumeor? (§ 108) ; ce qui réduit la sécrétion à une espèce de sensation, de goût qX de ton particuliers^ d'érection (§ H8), sous la directiofi des nerfs qui, attentifs à leurs fonctions, et insensibles àtou! w qui ne les regarde pas, ferment les portes, ou mieux, les petits sphincters des glandes, à toute humeur qui voudrait s'égarer el qui existe fminellement dans le sang (§ lia) ; du moins c'est IV pinion la plus acceptable.
Stahl n'a rien dit de plus fortl
Ici se placent tout naturellement les remarques de Bordeu touchant Taction spécifique de certains médicaments sur les glandes (§ 116). Il e i, comme toujours, fort hésitant sur cette question ; il voit des raisons également probables pour adraellre et pour rejeter cette espèce de médicaments ; il croit de plus que toutes sortes de circonstances, même les dispositions particulière des malades, peuvent changer un purgatif en diurétique ouea sudorifique. En tout cas, il existe peut-être des médicaments <]«i évacuent certaines humeurs en les rendant soit plus abondante? dans la masse du sang, soit plus ou moins mol)iles ou plus on moins épaisses ; d'autres produisent une évacuation en agissant seulement sur l'organe glandulaire. Du reste, un raédicameat n'a pas toujours besoin de rouler avec la masse des humeurs pour être porté vers l'organe sur lequel il doit produire s*>n action. On peut admettre aussi qu'il réside dans l'estomac on
BORDEU. — PHYS10I.0GII ET FàTHOLOGIE. H6S
€ général^ lequel influe à ccnrtains égards sur tous les autres, i les modifie jusqu'à un certaiu point, suivant qu'il est «ment modifié lui-même. Voilà comment un médicament igir sur la télé n'a pas besoin de circuler avec les humeurs! lelmonty ajoute Bordeu, nous en apprendra, sur ce sujet» |ue tous les autres praticiens ensemble ; mais qui lit Van )nt? (Voy. p. 1057, note 2.)
ique glande (et les viscères ne sont guère que des glandes) I un département dont on ne peut pas nettement déterminer lue, mais où Ton remarqua des actions périodiques isolées ngénères, comme cela se passe dans les monastères, les les campagnes, où les gens sont soumis à des régies et où chacun agit à la fois pour soi et pour la commu- (1). 11 y a donc une circulation générale et des circulations ulières, une série d'animaux dans l'animal. Les organes du sont liés les uns avec les autres ; mais ils ont chacun leur :tetleuraction(2) . Lesrapportsdecesactions, l'harmoniequi
^mme coinpléinent de cette doctrine nous citeron.** le pa^^uigc 8ni\ant : considéré le corps vivant comme étant formé de deux moîtiés égales et «ymé- , adossées, et, pour ainsi parler, collées vers son aie, de manière que les du m^me côté se communiquent souvent de haut en bas et en ligne directe, à répaule et à la jambe droites, d4.' la rate à l'épaule et à la jainlR> gauches, iens l'avaient très-bien obs4>rvé, i>t les modernes l'ont beaucoup trop négligé, rifié, toujours d'après quelques apt>rçus des maîtres de (los, que Ir corps est artagé par un plan qui suit la position horizontale du diaphragma, et qui a\e en deux parties supérieure et inférieure, lesquelles **i contre-balancent ellenient par la résistance qu'oppose la masse des entrailles à la dépression ihragme : cette résistance intestinale cause en elTet de» phénomènes étonour ceux qui savent les apercevoir et les calculer. — On a vu chaque organe, [•eux qui paraissent de tr(»»-peu de conséquence, jouir, dans l'ordre et Tennent des fonctions de son département, de son éti>ndue d'action, plus ou ensiblement exprimée. C'est ce qui constitue les rapports de ces organes plus as évidents et qui aide à déterminer ceux qui sont congénères, qui agiwM'iil ne temps, pour le même objet, et ceux dont les actions se croisent tm »• 3nt mutuellement. ■ (Plan fins recherches fur le% malnr/irt chronùfwn .) M S 126 Bordeu insiste sur la comparai«on des glandes avec l'esti^iu»* ■ IX côtés fonction ci .ienmtion particulières; chacune travaillant à wi i^,*H »• contient, chacane se débarrassant à ses heures, chacune «jaiit u«j w*'^*- • lilTérent de celui qui la fait vivre. I^s mouvements vitaux ii«' »«^' *—• lé»; c'est une réaction contre une incitation; ce qui est pra'^iu*' *** *"
ii6a ÊGOLE DE MONTPBLUEIL
en résulte font la santé; si celte harmonie se dérange, soit qu'une partie se relâche, soit qu'une autre l'emporte sur celle qui lui sert d'antagoniste, si les actions sont renversées, si elles ne suivent pas Tordre naturel, ces changements constitueront des maladies plus ou moins graves (§ 125). Chaque âge, chaque sujet même, a ses organes, sous la dépendance desquels ou duquel le reste est placé ; de là peut-être certaines maladies (I) et certaw tempéraments.
Tel estle système fédératifdu grand organisme formé par laréo-|| nion des petits organismes distincts, mais secondaires; c'est ovL république fédéralive où règne assez souvent l'anarchie. —û l|j qui n'était chez Bordeu qu'un roman (2), a pris, pour les fwlh L sans de la théorie cellulaire (sous quelque forme qu'elle seprf'fw sente), une apparence plus scientifique, mais, non pas enc«t.L une plus grande certitude.
(1) Quand une partie s'enflamme, elleile\ieut comme un or^^ane particalMrfi Ki;^^^ Q une action^ une circulation et des fonctions à certains égards indépendiilefAp,
la circulation {générale ! L'inflammation parait provenir de l'irritation ^^''^^l^i. quelque nerf. I
(2) En tout ras Hordcu assimilait,, sans le savoir, les animaui supérieurs «i*l^ ' '-*
maux inférieurs où la vie est, pour ainsi dire, fragmentaire. — Bonleu (>•».*" |''P'>'
chercher sur ics mnlndies chroniques^ part. 1, tliéor. 1 et sui\., et le Plan (kl*fc ; ^
\rago) avait un trium\irat ; le cerveau, le cœur et l'estomac, analogue ««^^l'iv il f;
viral de Van Holmont (voy. plus haut, p. 484, note 1). — C'est par rinterow** 1 [;^ y^
du tissu nuiquoux ou cellulaire (voy. ses Hedierche.t sur ce tissu) que s'opfrrf*'
actions continues et rayimnautes îles parties les unes sur les autres; ou ^^^
appeler le tissu cellulaire un tissu cunnectif; la description qu'il endonuea't^^
du reste sans mérite. Puis voici que l'homme, si empirique tn thérapeutiff.'
montre le plus imperturhahle dogmatique en physiologie et en pathologie ?cflf'*'
caria pathologie d'après le tissu cellulaire ne le cède en rien aux plus forle»!»*""
nations des anciens. — « On a sui\i dans ce corps cellulaire les esquisses**'
dessins des ilépartements; les hornes des forces qui se compriment muturflf»'^
et qui, gra\itant pour ainsi dire les unes contre les autres, établissent Ai»^
les positions l'équilibre nécessaire aux mouvements si diversement >anc5***
corps vivant est continuellement agité. Ces mouvements sont dus aux efforts''^
tinguibles dans la partie sensible, et ils sont réveillés et entretenus park^*^
lions de l'atmosphère, par l'impression »le toutes les causes physiques, ali«'**|
autres ; pnr les aiïections de Tàme pendant la veille et le sommeil, en saak»*^ y^ ^"^
maladie. Sans cesse le corps tremble, frémit, s'agite, jusque dans le plus pn^^' | ' ^ '"
^'»« moindres parcelles; ces frémissements sont sans cesse gradués et inriit^l^ | ^'*
entretenir la régularité et Tordre des fonctions, et ils sont foncièrement 50*r»
''Vu :
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^■ét J..
•. . .X V- lu
BORDEU. — PHYSIOLOGIE ET PATHOLOTwIK. 1165
; Bccherches sur les crises (1753) sonl plutôt un ouvrage ique qu'un traité dogmatique, el, en ce sens, ces Recherle manquent ni d*intérêt ni de piquant. Bordeu admet les et même les jours critiques, mais d* une façon très-générale; t dans les détails une foule de diflicultés qu il n'appartient K législateurs de Tari, aux médecins philosophes (et ils sont, Irès-clair-semés, même à Paris, Tan 1753), de soulever el de dre; il faut, pour éclairer la doctrine des crises, t èlve libre ic dans celle sorte de médecine p/tilosop/tif/ue ou transcen- , à laquelle il n'est peut-être pas hon que tous les médecins airesy je voux dire cliniques^ s'altachenl. En eiïel, on pourîmander si ces médecins populaires ne sont pas faits la plu- )onr copier seulement ou pour imiter les grands maîtres de N'y aurait-il pas à craindre que ces esprits copistes ou ivii- '•5, qui sont peut-être les plus sages et les meilleurs pour ki jue journalière de la médecine, ne lomhassent dans le pyrsmc, si on leur laissait prendre un certain essor? Ce qu*i! ;■ certain, c'est qu'on doit chercher parmi eux ce que j'ap|#e«les témoins des faits particff tiers en médecine ; el il i»eiili>^ convienne qu'ils soient assujettis à des régies dét/rnuu/^ pour leur propre tranquillité que pour la sûreU: w» âin- (§ 115-116). )> —On voit que Bordeu lraileaîîîr>z.jftfi<iBai nie multitude » de ses confrères-
s RechercFies sur le pouls par rapport aux nriut\ ■ f '7*- v au se fait le disciple à la fois de Dalien, At ^-itoiié *.^ , de son traducteur et commentateur Nilieil^ «tnlbuit' il cherche aussi a réformer la nomencbtor/! ), achevèrent de le répandre dans la vXyhuMt^ ft.a
pe Hc sciisibililé qui diri^^e l(»iil yiir de» loii frirf i<iflKnigaii^i"^'f^" aux iiiouvcmciits des corp< iiiorU rt sari* «mr*. On \ nwam^"*?*" cellulaire les divers torreuts d'Iiuriifun «|ii«i||«m «-t jdPK«r«ik '^ . >daH» T'itmospluTe terrestre, foriiurfit U\ nxtu^ yt^^mf^ *> liuns et, en géuêrui, les i-iiu>eis i»i:.«^i»:^if-^ j |. „. jiTT " ' '^ ^sct de leurs crisi'S. Ainsi clid(|ui: p^rfin^ ■Mi^i^r-'^-' \C. ' Oosplièrc de sén»sité, et y u\i!iti:r « h nnaiw».rf riy--'. I*liis certaines liqueurs. » 7V4A //« //tm^^ ,^,1)^.7. lonitiu a des distiuoliou» ^Wkiiéi^^^^^-\n\y^.
1166 ÊGOLE DE tfOMTPBUJBB.
auprès des médecins de Paris qu'il flagellait avec autant àe birdiesse que d'esprit. Bouvart, rhonnéte, mais le bourru, le grossier Bouvart, l'homme le plus attaché aux préjugés et aux privilèges de l'École, l'homme qui ne pouvait ni subir un progrès ni accepter un étranger^ se montra des plus acharnés; ilalli même jusqu'à accuser Bordeu d'avoir dévalisé un de sesdients qu'il avait conduit aux eaux de Baréges. Bordeu est décrété de prise de corps, et il ne fallut rien moins qu'un arrêt de la coir du Parlement, en 176&, pour le décharger de toutes les imputa* tions calomnieuses accumulées sur sa tête (1).
C'est pendant ce temps de persécution (176A) que Bordeu ■( au jour ses Recherches sur thistoire de la médecine^ à propci de l'inoculation (176&), recherches que la Faculté se contentide vouer au mépris de peur de leur donner trop de crédit ea la condamnant solennellement.
L'ouvrage est mordant, spirituel parfois (2) ; mais l'aatw j montre une rare ignorance sur les matières de l'histoire, e( ot crédulité qui ne recule même pas devant le ridicule ; le tout a l'honneur de l'empirisme et de la médecine naturelle, ou expeotante,Jou encore des gardes-malades ; et cela, à la fois, contre le* c théoriciens qui lorgnent au microscope les dernières petites fibrilles du corps, qui mesurent le jeu du cœur et des artères, q«i jugent du degré dejonicité des diverses parties du sang i, et contre la persuasive ou impérieuse gravité des dogmatiques oob timidité du praticien qui n'ose rien tenter (chap. iv, §8), comn* si lui-même ne répétait pas à tout propos que la nature esik
diverses régions. Fouquet suit à peu près la même doctrine dans son Eit*ûinir^ pouls ^ pnr rapport aux affecfiorvî des principaux organes^ 1767.
(1) Voici deux exemples des aménités de Bouvart : « Bordeu : Vous tltt^ mon honneur et ma probité. — Bouvard : Point du tout. — Bordeu : V(Htf • regardez donr comme un honnête homme. — Bouvard :Vou, — Bordeu .-i^i^ donc un fripon ? — Bouvard : Je n'en sais rien. » — Comnie Bordeu était b"*^ fouilroyé par une apoplexie, ses amis disaient que la mort le crai^ait si fort qu*' Pavait attaqué durant son sommeil. A quoi Bouvard répondit, faisant allu$ioD t^ pendaison : « Je ne croyais pas qu'il put jamais mourir horiionlalement ! —^ temps sont-ils clianj,'és? ï/hividta medicorum pcssivm a-t-elle disparu? »
(2) Il dit quelque part que les médecins guérissent toutes les maladieï', eint" la dernière (chap. m, § 1).