BOBDEU. — PHYSIOLOGIE ET PATHOLOGIE
irrai catholicum^ la vraie panacée. (Voy. Rech. sur le tissu mu-' juetiXj § 109.)
Puis il s'écrie du ton d'un énergumène : c Mânes de nos célèt)res sectaires, ouvrages volumineux de nos doctes professeurs, [mllants théoriciens, ardents réformateurs de notre art, les pra- Itcîeos vous jugent journellement auprès du lit des malades; sox seuls connaissent à cet égard le fort et le faible de vos trairaux. »
Dans ces mêmes Recherches (ch, i, § 2), Bordeu loue les Ro- QQains d'avoir vécu longtemps sans médecins patentés* et, dans le Plan des maladies chroniques il appelle impudents cyniques Ijrax qui oseraient soutenir qu'une société d'hommes peut exis- 1^ sans le secours de la médecine. Bordeu veut bien la médely mais sans les médecins... dogmatiques.
La maladie (1) est un dérangement dans les fonctions, dépendant de quelque vice organique ou de l'action, soit augmentée, soit diminuée, de quelque partie. Il appartient à l'école, non au clinicien, qui doit se préserver de tout esprit de système^ de discuter la question de savoir si la maladie est un effort de la nature pour se mettre en liberté et rétablir la santé, ou si c'est, aa contraire, une série de mouvements qui tendent à la destrucéon de notre organisme. Arrivant à des questions plus spéciales, ^rdeu explique les différentes phases d'une maladie.
Dans une maladie caractérisée par l'irritation, la partie affectée reçoit d'abord une somme de forces plus grande que de coutume; elle devient simplement plus animée; on appelle cela temps d*irritalion , lequel répond assez bien à celui de TérectioD d'uneglande qui se dispose au travail del'excrétion; quand le mouvement s'est accru jusqu'aux extrêmes limites,la maladie est à son second temps, celui de sa maturité, qu'accompagnent des phénomènes semblables à ceux de l'érection ou de l'orgasme d'une
(i) Ce qui suit est tiré de la première partie dos Recherches sur tes maladies chroniques. Ce livre n'a fi^ère d'autre mérite que de renfermer un asseï ^jtknd nombre iV observations qui, presque toutes, sont présentées comme concourant à prouver refficacité des eaux minérales du Midi, en rendant le ton ou la laxité à la libre élémentaire; c'est à cette démonstration que sont consacrées tes parties 11 et ■uiv* Vojei aussi les deroières pages du Plan de cet ouvrage.
dùplorahle, aussi bien pour la théorie que pour regarder toutes les maladies comme étant inflamr qui a entraîne tant de médecios. Pour éleindi-e la maux, Bordeu ne veut point relever une Toule de ^ lieuses qui n'ont que trop grossi les écrits de Chirac, maîtres fameux en celte matière, sur laqu dire que les philosophes se sont joués. € On doit tinue notre auteur, par inllammalion, un amas d ou de chaleur et de Forces dans une partie, leque le moyen des nerfs et des vaisseaux qui la compc seaux, dont les li(|ueurs peuvent se porler en avani fluer ou refluer, suivant la détermination des ose la force qui te-; meut, sont comme autant de puiss tion dont l'effort est dirigé vers un centre particul réside ce centre est ordinairement le tissu cellula ques lames, entortillées entre elles, font le mëm épine enfoncée dans les chairs, de manière qu'on raison d'appeler une partie enflammée ftirens, I <|u'étant devenue l'aboutissnnt de l'effort des aulri a une action considérable qui lui fait attirer ou r ment les humeurs. Il y a dans toute inflammation vr sieurs centres ou nopux formés par la compress dn tissu cellulaire et par leur collemeul. C'est la ces lames A se coller entre elles lorsqu'elles re temps sans action gui empêche qu'une partie en!
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S'appuyant sur rautorité de Van Helmont, Bordeu déclare que l'eslomac et les parties avoisinantes sont le siège ou Técho du phis grand nombre des maladies, car c'est là aussi que les nerrs abondent, nerfs gastriques^ qui, se répandant dans touteslesparties da corps, portent au loin les désordres dans les parties les plus iloignées de l'estomac. — L'irritation produite par la compression des viscères gonflés sur le diaphragme est une autre cause de maladie. — La crise n'est qu'une suite d'excitation, attendu que Fon peut raisonnablement comparer une maladie à une glande. L'art guérit les maladies en favorisant la crise, en facilitant la désobstruction des viscères et des parties. — Dans toutes les maladies il y a trois temps : Virriiation^ la coction et Vévacuaiion triiiqtte, (Voy. p. 1167).
S'il y a dans l'œuvre de Bordeu un écrit qui mérite grâce, et désarme un peu l'historien, c'est sans contredit celui qui a pour litre : Recherches sur le traitement de la colique métallique à ^hôpital de la Charité de Paris , pour servir à P histoire de la ^miiqiie métallique y vulgairement nommée colique de Poitou ffialica Pictonum seu pictorum). Ce traité est rempli de renseinements précieux sur les pratiques observées à la Charité. {PTest à cet hôpital qu'on envoyait tous les malades affectés de ladite colique; on croyait même généralement que les religieux Italiens, qui possédèrent longtemps cet hospice, avaient un arcane pour la traiter. Mais enfin l'empire du macûronz (c'était le nom de Varcatie; il s'appelait aussi mochlique) commença à être ébranlé le départ de ces religieux et par l'introduction d'une médeplus rationnelle. Mais avant, les malades eurent k subir l'infirmier Stanislas qui comptait les saignées par douzaine, vingtaine, trentaine. D'abord on en faisait sept en l'honneur des sept loars de la semaine, puis une huitième pour que le compte fût rond ; puis neuf, parce que
Numéro Dcus imparc gaudet; etc., etc.
Le reste de la dissertation est consacré à la discussion des opinions émises par Aslruc et Dubois sur les causes, la nature et le traitement de la colique de Poitou. Ici encore nous retrouvons
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le goût pour les hypothèses, mais aussi beaucoup de passages intéressatits pour l'histoire de la maladie.
Bordêu a trouvé des admirateurs à Montpellier^ mais on ne saurait pas lui reconnaître un disciple considérable ni un défenseur de sa doctrine. C'est une preuve que Timpression qu'elle a produite n*a pas été très-profonde et que la réputation de Bordeu est une réputation de circonstance.
Aussi haut que l'histoire .nous permet de remonter, nous voyons les philosophes et, plus tard , les médecins attentifs à rechercher le principe de la vie; il n'y a pas jusque dans le Rig Véda et dans Homère (1), où Ton ne rencontre quelques traces de ces préoccupations si naturelles. Les plus anciens philosophes étaient dans la bonne voie, sauf sur la question de Téternilé du monde, lorsqu'ils cherchaientà expliquer la vie en dehors de toute idée métaphysique ou théologique, et par la supposition d'une matière organisée vivant en elle-même. Le problème s'esl compliqué de plus en plus à mesure qu'on s'est éloigné de la contemplation de la nature pour se perdre dans les régions de la philosophie. On doit ajouter aussi, malgré le respect qu'inspire la voix de TÉglise, que la théologie, en s'annexant tous te domaines scientifiques, a singuhèrement entravé la solution du problème. La foi absolue s'est substituée, sur des questions quj ne lui appartiennent pas, au libre examen des lois physiques et biologiques. Les plus hardis, ceux c|ui n'employaient pas la définition réputée orthodoxe, ou furent censurés quand ils s'en écartèrent trop, ou cherchèrent un compromis, aussi fâcheux pour la science que pour la théologie, soit en dédoublant l'àrae, soiî en lui donnant un ou phisieurs satellites, de sorte qu'on ne savait plus quelle part accorder à l'agent spirituel, immatériel qui fait de nous un être moral, intelligent, responsable, eli l'agent périssable, à moitié matériel, qui gouvernail la vie. Aojsi quand une réaction s'est définitivement produite, on a violeffiment arraché Tàrae de son trône et l'on n'a plus voulu considêr-'r que la matière, même pour expliquer la pensée. Les philosophe? et les théologiens avaient eu si longtemps la parole, qu'il éui*
(1) Voy. plus haut, p. 72 et suiv.