‹ Histoire des sciences médicales v. 2 (volume 2)Chapitre 96 sur 102 · CHIBURGIE PRATIQUE AU XVIII* SIÈCLE · texte numérisé non relu

CHIBURGIE PRATIQUE AU XVIII* SIÈCLE

premier ouvrage de J. L. Petit (1674-1750); mais jamais non plus d'aussi habiles champions n*ODt pris avec une conviction aussi apparente (1) la défense d'un auteur outragé. En somme ce traité, quoiqu'il soit loin démériter toutes les louanges que lui donnait Boerhaave, porte la marque d'un chirurgien de premier ordre. Son principal mérite, c'est d'être fondé sur une anatomie très-sérieuse et sur de bonnes observations cliniques; ses vrais défauts tiennent aux circonstances suivantes : Petit, n'étaot pas très-versé dans la mécanique des os et des muscles, s'en rapporte trop à la force pour les luxations, et, pour les fractures, il a quelques appareils trop compliqués ; il ne possède pas, comme Duverney, une idée suffisante de la formation du cal ; enfin ranatomie pathologique ne vient pas assez souvent à son aide pour la distinction des diverses espèces de luxations, surtout de fractares. En parcourant seulement les généralités que Petit a mises en tète de son ouvrage, on voit cependant combien il se montre supérieur à tous ceux qui ont écrit sur les maladies des os sans avoir pris pour fondements de leurs remarques Tanatomie des parties molles et des parties dures, sans avoir fait non plus ni des études sur la facilité comparative de la production des luxation (2), sur leur forme et leur pronostic, ni des recherches

les luxations, que l'on compare aux clicvalcts de torture, mais qui n'avait d*aatrei«* convcnieut que d'être souvent inerficace par son excès même de puissance qui maintenait les muscles en révolte. — Voyei aussi dans Y Eloge de Petit par Loni<, les moyens honteux employés contre lui par ses ennemis^ et l'offre qui lui fut faito, par l'auteur même, d'acheter 2000 Tr. le manuscrit d'un libelle plus qu'infamant.

(1) Quand je dis co/ii'ic/iow apparente, je pense surtout au Discours où Louis (»<»y. aussi son Éhge de Petit) prend avec tant de calme et de raison les intérêts àt Petit et de la chirurgie rationnelle; mais on voit par Sue {Éloge de Louis), qu'il faisait, au fond et dans son particulier, peu de cas du traité de Petit, et qu'il en son* haitait un meilleur, qui, du reste, s'est longtemps Tait attendre.

(2) Petit a distingué les luxations causées par de simples mouvements spaiinodiques des muscles de celles qui proviennent de quelque choc ou autre cause eit^ rieure ; il sait aussi que la rotule se brise transversalement, plus souvent peut-être par des efforts, des Taux pas, que par des coups directement portés sur cet m. Il « de bonnes remarques sur la Traclure du col du Témur et sur les cxostoses. Petit regardait comme imaginaires les fractures en long ; Fabrice d'Acquapendcntolesa^ait théoriquement admises ; Duverney est du même avis ; Louis se range du côlif àe Petit. Longtemps les chirurgiens n'ont reconnu que des fractures très-obliquesytîi^

J. t. PETIT. I2g^

relatives aux changements que ces déplacements produisent dans les parties; toutes considérations auxquelles presque per* sonne ne s*était livré depuis les immortels ouvrages d*Hippocrate sur ce sujet. Seulement Petit, qui ne connaissait pas aussi bien que les modernes, même aussi bien que Louis, la série des mou» vements combinés, parallèles ou antagonistes des muscles, a eu recours à des machines trop puissantes et qui agissent dans un seul sens, tandis que l'emploi des mains qui suit, corrige et change les mouvements musculaires, suffit le plus souvent à des réductions en apparence fort difficiles. L'u$age des anesthésiques est encore venu simplifier les méthodes de réduction. C'est à l'aide des saignées abondantes, répétées, saignées souvent dangereuses, que nos anciens maîtres cherchaient à triompher de cette résistance des muscles, contraction ou constriction, principal obstacle à la remise en place des os sortis de leurs ca* vités.

Louis (1) remarque très-judicieusement qu'il faut, si l'on veut proQfer de la lecture des anciens, avoir des principes qui permettent de saisir et d'apprécier les diflérentes circonstances dé« crites pour chaque cas de pratique. Les connaissances générales sont des faits primitifs et fondamentaux qui éclairent les commençants sur les faits particuliers dont les connaissances ellesmêmes sont le résultat. C'est là précisément ce qui distingue le liyre de Petit qui remplaça si heureusement celui de Verdier.

Cl Toutes les tracasseries, ajoute Louis, que M. Petit a essuyées ont tourné à. sa gloire et il a eu l'avantage d'en jouir. Personne n'a plus contribué que lui à la renaissance de la chirurgie; elle lui doit une partie de ses progrès; ses principes sont enseignés dans les écoles et adoptés dans les meilleurs ouvrages. Et le traité de M. Duvemey, quoique rempli de plus d'observations et plus volumineux, n'a pu faire oublier celui de Petit. On juge mal du mérite respectif des deux ouvrages par leur masse ; c'est la par-<

noD paii posilivoinent en long ; aujourd'hui elles sont établies par des pièces paUiologiques. La fêlure, comme l'a démontre M. le professeur Gosseliu^ est une des conséquences assex ordinaires de la fracture en V du tiers inférieur du tibia.

(I) Discours sur le traité (les maladies de$ os, de Pelit^ p. 9, édit. 17ô8; voyei aussi Éloges de Ledran et de (Juesnay.

DAlEMBEaC SJ

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lie dogmatique qu'il Taut considérer; c'est parla que brille Fimivrage de M. Petit (p. 98-99 du Discùurs). i

Outre un très-grand nombre de Mémoires de haute iroporlance sur divers points de la chirurgie (1), insérés dans les recueils de rAcadémie des sciences et de rÀcadéniie de chirurgie, Petit a laissé un ouvrage posthume et malheureusement incomplet, publié par les soins de son élève Lesne. Cet ouvrage, qui a eu deux éditions (177A et 1790, avec de nonibreuses planches), est intitulé : Traité des maladies c/Ururgicales et des opérations gui leur conviemient ; il résume ou reproduit même une partie des travaux précédents de Tauteur, sauf le Traité des maladies des os, publié séparément. L'éditeur nous apprend que c Petit lirait presque tout de son propre fonds; la nature èuil Tunique source où il puisait ses principes ; il ne lisait les livres de chirurgie que pour avoir une idée générale des progrès que Ton avait réalisés jusqu'à lui, faisant peu de cas de l'érudilioa qui se borne à donner un air savant aux talents médiocres. > Pour les larges plaies récentes. Petit, sans proscrire les sutures, comme l'a fait Pibrac, en a restreint et simpliGé l'usage; il rapporte plusieurs observations de cures très-heureuses obtenues à l'aide de ce moyen. Quand les sutures ne sont pas réclamées par rétendue de la plaie, il préfère les bandelettes agglutinatives aui bandages unissants dont on n'est jamais sûr. Il répudie les émoilients pour les plaies récentes ou anciennes. On est étonné qu'il se montre partisan de la ligature en masse contre les hémorrhigies ; il agit ainsi par suite d'une fausse crainte, celle de coupei le vaisseau en usant de la ligature immédiate.

Quant aux plaies en particulier, Petit n'a traité que de celles de la tête et de la poitrine, mais de façon à nous faire regretter qu'il n'ait pas pu relater ses observations sur les plaies des aulr^ régions. 11 traiteles tumeurs sanguines des téguments du crâne (vir la simple compression, ou, suivant les cas, par une incision, daii5 la crainle que le sang en s'altérant ne cause des désordres dans l'intérieur du crâne. Cette pratique est sans doute bonne, mai? la

(i) Polit a IrèM-bien démontré la iiecefKité de la foniialion du auU«»4 puur ^ ^ ^éniurrhogies prennent tin. i

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