‹ Histoire des sciences médicales v. 2Chapitre 109 sur 130 · MALADIE SYPHILITIQUE · texte numérisé non relu

MALADIE SYPHILITIQUE

les divers genres de transplantations ou greffes ; sur les transformations naturelles ou par putréfaction des espèces végétales et animales, sur les monstres, etc. Le quatrième livre est intitulé : De morborum transmutât ione ; j'en extrais les passages suivants :

« Il ne faut pas dire que le corps soit privé d'un generatum (faculté de produire) ; en effet, comme le monde extérieur, il fournit sa moisson, sa vendange, sa neige, son minerai {Ertz) d'où se forme cette impression renfermée sous la peau^ qui fait les maladies internes, par exemple, la pleurésie au lieu de la putréfaction des fruits. De là vient qu'en tels temps de l'année, telles maladies apparaissent, de même qu'en certains temps la gelée et la grêle mettent en danger les produits de la terre (1). Comme une pomme sur l'arbre, ou autrement, se conserve en santé, ainsi en est-il du generatum du corps humain. » (IV, 1.)

« Maintenant (2) que je puis, comme médecin, faire connaître les causes et l'origine de l'épidémie vénérienne, d'après la nature du microcosme (vers laquelle j'ai coutume de tendre, comme à un but) et les véritables sources de la vraie médecine, je dis que le mal fran^^ais, comme toutes les autres maladies, vient primitivement du temps, puis de la corruption du sperme ; alors (quand apparut la maladie), en effet, diverses espèces de métaux reçurent une certaine corruption du sperme. Ce qui le prouve, c'est que, depuis la création du monde, on n'a jamais vu une luxure plus grande, une plus grande licence et plus de dérèglement dans les mœurs que dans le siècle où Ton observa pour la première fois chez Thommo ce genre de mal : ce temps se rapporte à environ Tannée du salut 1/(78.

« A moins de vouloir contredire à l'expérience, personne ne niera que la luxure ne soit la cause de ce mal. Disons donc dès à présent, et comme fondement certain de notre discussion, que le mal français vient, comme d'une cause sine qua non^ du dérèglement des mœurs ; sur ce fondement nous établirons le reste de ce que nous avons à dire, en style médical, c'est-à-dire modeste et conforme à. la lumière de la nature.» (iV, 3.)

M La communication du mal se fait ainsi : de même qu'une petite quantité de safran mêlée à l'eau contenue dans un vase change la couleur de toute l'eau, ainsi le mal contracté par les organes génitaux se répand peu à peu dans toute la substance du corps et le dévore tout entier (3). Mais on m'objectera qu'avant le temps dont nous parlons, les

(1) Uarenient Paracelse peut trouver une idée juste, par exemple, qu'il y a des maladies saisonnières, sans y mêler îles iilées extravagantes.

(2) En allemaud le texte est beaucoup plus long dons tout le traité, mais le sons est le même, cependant j'ai cru parfois devoir compléter le latin pJir Tallemand.

(3) Ce sont là des vues justes; celles qui suivent n'om^ycmic valeur; mais ParareU* n'est ni plus ni moins instrnitque ses oontempopn* -^ \c* onglnes du mal

hommes et les femmes se sont communiqué mutuellement, parles ra;prochemonts sexuels, des maladies contagieuses, et que cependant og n'avait rien vu de semblable au niai français; je réponds en peu dem*.*!: que de mémoire d'homme on n'avait vu un pareil dérèglement dacl'usage de Vénus, et capable de faire naître un tel mal, que dans ce sièc'e où apparurent pour la première fois les pustules françaises. Il est d^•L hors de doute que le mal français est un mal formé d'affections cooti* gieuses de toute espèce, de même que nous voyons quelquefois IcspeinL'i: former une seule couleur du mélange de plusieurs autres. Que si quelqu'un prétend que ce mal a été infligé par le ciel aux hommes, je:; contredirai pas entièrement (i), mais ici nous traitons des causes nai:rclles, non de celles qui sont supérieures à la nature. » (IV, âO

« Puisqu'il est convenu que cette maladie est produite par la réunt:: d'autres maladies, il est évident qu'une personne saine ne peut è\r. atteinte de ce mal, mais qu'il faut nécessairement qu'elle soit daosu: état morbide (2); et il n'est pas nécessaire qu'elle soit affectée de pc^tules; toute autre maladie y suffit, quelle qu'elle soit : car la luxoie facilitant la complication par la contagion, la maladie se transforme r. pustules (3). Quelques exemples éclairciront ce sujet. Soit un gouttectl qui s'unisse à une femme dont l'utérus soit en proie au mal, le gouttemi pendant l'acte attirera à lui le poison injecté par son prédécesseur : il '| s'ensuivra des nodosités, des paralysies, et les symptômes qui accompsgnaient la paralysie deviendront ceu\ du mal français ; si les symptOmef de la goutte durent plus ou moins, rapportons-en la cause à la gravité di* la transformation. Si quelqu'un est en proie à un ulcère rongeant et a commerce avec une femme infectée, comme l'effet de l'ulcère est d'ulcérer, il naîtra des ulcères français. De même le mal français change U colique en paralysie, la teigne en pustules, etc. Réciproquement, si une autre maladie contagieuse, comme la matière goutteuse, la salure ou b douceur de l'ulcère, ou autres choses de cette espèce, se communiquent par le congrès, le mal deviendra composé et apparaîtra accompagné de divers symptômes, de pustules, ulcères, duretés, etc. 11 en est de même de la morphée et de la lèpre, car toutes les matières se transforment sui-

vciitiricn. On voit Si'uleinent par son livre, et par ce qu'il dit du jrî^yac, que Fidi* de Torigine américaine n'était pas encore très-répandue. 11 ne semble pas crnin* non plus que la maladif puisse venir de la seule influence céleste ; c'était, dit-il quelque part, un bruit que les personnes intéressées a\aient fait courir au délmt (le la maladie, pour dissimuler leur paillanlise. — Voy. p. 461,

(1) Voy. p. 'i07, et p. 456, note 2.

(2) Voy. plus haut, p. 458 et note 2.

(.}) Il est difficile de trouver ici une idée nette des complications de la vérole avec d'autres diathèses. — Paracelsc entrevoit parfois, mais il n'est pas assez instruit et il est trop prévenu par son système pour voir.

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