livre (gonorrhoea \gamo)rhoea dans le texte] an ipsa pm
tulosa essequeat; dein^ si possit, quatetms cum lue gal/icé consistât^ quibtis lociSy qua forma^ etc. — Voy. aussi plus haut, p. 461). — Aslruc rapporte ce second passage, qu'il croit interpolé, mais il ne dit rien du premier. Dans les description; données par Paracelse, il y a de telles fantaisies, un emploi si singulier d'expressions consacrées ordinairement à tout autre chose qu'à la maladie vénérienne, qu'il n'est pas toujours aisé de discerner ce que l'auteur a prétendu dire. Au livre septième, recommençant le procès à la thérapeutique, il divise, mais d'une façon assez bizarre (voy. livres Vlll et IX), les affections syphilitiques en physicales (internes) et chirurqicales (externes). Contre les premières, et surtout en vue de purger le corps, il préconise le mercure bien préparé (1), pris à l'intérieur, comme on prend le vin et les aliments, et non point en lotions ou en fumigations; contre les secondes il admet l'emploi du mercure en topiques, non te/, mais après qu'il a subi diverses combinaisons ou préparations. — 11 indique, aux hvres VIII, IX et X, la cure spéciale pour chacune des manifestations de la syphilis, et donne de nombreuses formules.
Je relève ce passage dans le livre VIII; il résume, mais sans
(1) Cette préparation ou puriticutiou se trouve assoi cluirement iudiqutv (lan> Un livre tout à fuit parucelsique : De convdione imposturar, t'n cttrat, iuis GaUicae, Wyfi et 5. (Voy. aussi plus loin, p. A63.)
MALADIB SYI'HILIUQIJE. 463
réclaircir beaucoup, la doctrine de Paracelse sur l'emploi du 'mercure:
« Le mercure produit sou opération par son chaos (1); or, en employant le mercure, vous admettez non-seulement le chaos, mais toute sa substance, causant ainsi de la nuisance aux malades^ car il doit ôtrc employé de façon que son corps n*entre pas dans le corps humain. De là vient l'usage des anneaux en vif argent, dont TefTet fut admirable :1e -mercure, en effet, devenu métallique et contourné en anneau, expulsait chaque jour la pituite cliez celui qui le portait, cette purgation s'opérant parle chaos de l'anneau. Hien plus, on a observé que lorsqu'on ne pouvait rendre le mercure métallique, on obtenait le mémo résultat on l'enfermant dans de petits sacs qu'on lie autour des articulations ; il conser>'c aussi colle facullé si, apfùs l'avoir éteint, on l'approche des narines au moyen d'une pomme d'ambre. On a vu aussi des personnes à qui la fumée du mercure chaud a fait rendre une abondante pituite. Votre grande erreur consiste donc en ce point, qu'employant le corps du mercure, qui contient une certaine léprosité, vous négligez son chaos. » (VIII, 1.)
Les extraits qu'on vient de lire, je ne les ai pas triés pour les besoins de la cause, mais je les ai recueillis au milieu d'autres passages non moins nombreux, non moins caractéristiques, qui rourmillcnt dans les écrits de Paracelse (2); ou plutôt, pour me
(1) vLC/n.iof omnium rcrum confusio^ congcrics etinformis mntcria; sumitur pro llin<fr M:\ Iliastru ; n Uulaudus^ Lexicon alchemiae^ Francof., 1G12. D'après l'autour iiiroiMiii, mais paracelsiquiî, du De origine luis Gnliic, H, 1 (Cf. aussi 2), Gliaos esl r«-s|)rii (|ui dauscbatiue corps diri{^e les actiouB internes, définition qui n'avance jfiirrc la solution du problènif.
;2; Je r«;*;(»is «le uuui savant ami, le docteur Haeser, de Dreslau^ une brochure '.•xln-memont rare: Thrnphnist'n Pararrlsus; Saint-Pélersb., 1821, in-8. et <lans la<|uelle l'auUur, le docteur Al. -Nie. Siberer, directeur de luSocit'tc tie pharmacie ele Saint- pL'tcrsbour^, après avoir retracé la >ie de Paracelse, s'elForce de présenter ce médecin comme un \ rai réformateur. Mais, loin de cbercbcr dans toute l'œuvre de Paractlsc des textes positifs à l'appui de cette opinion, il se contente de rassemblfc les pas<:ij;i;s »|Ui j'ai en partie rapportés moi-même, où notre béros vante son f\p»ricncr, sa science, sa praticiue, ses \crtus, et où il déclame contre la mauvaise lin «liiin»' <le se> confreri's. J'ai montre »|ue c'étaient là de vaines paroles aux(piellc.«( |«'s l.iit> ne répondaient pa^ du tout. D'ailleurs, M. Seberer n'a établi aucune distinelimi entre les ouvres autlienticiues et les ouvrajres supposés de Paracelse. — Je répari' ici uni? omission : si l'on veut avoir une idée exacte de la siynnture avant, ripr.-- l'ar.ti eNi- et dan> Paracelse lui-même, on doit consulter la thèse (inspirée par M. Hae>er) «le Herm. de Cio\n\'n: Medicorumpri^corumde signaturû imprimis p/iinlatUfndoiirina,\i:iiiïe, 18Û0, in-8.
U&i PARACELSE.
servir d'une comparaison qui est familière à ce prétendu réformateur, le microcosme, l'abrégé que j'ai mis sous les yeux du lecteur, est la fidèle représentation du macrocosrae, je veux dire de l'œuvre entière de Paracelse. Après avoir lu tous ces extraits, loin de me trouver trop sévère pour Paracelse, on pensera peutêtre que j'aurais pu, à l'exemple de Haller, dans sa Bibiioihèf/iie médicale^ me dispenser de fournir tant de preuves de Fextravagance et de l'inanité de pareilles théories; mais il y a des réputations si bien établies, soit parmi les historiens qui ne se donnent pas la peine de remonter aux sources, soit parmi ceux qui ont un parti pris d'avance, qu'il importe de mettre la pleine vérité dans tout son jour, d'en finir avec les panégyristes de clocher ou de convention.
On a dit spirituellement (1) de Paracelse qu'il était à la fois c un tribun et un despote », deux mots qui généralement vont fort bien ensemble. Le propre des tribuns, c'est d'exciter les passions delà foule et de ne supporter ni la discussion ni la contradiction. Dans la politique, les tribuns bouleversent la société; dans la science, ils en ruinent les bases et la livrent aux aventures : aussi faut-il toujours qu'après les uns comme après les autres la calme et saine raison vienne réparer les désastres.
(1) Gublcr, Leron sur Sylvius de le Hoe, daus Conférences historiques de la /•'«culte (le médecine de Paris, 1865, p. 304.
Sommaire. — Van Helmont. — Son éducation, son caractère. — Jugement général sur sa doctrine. — Comparaison aTec Paracelse. — Mysticisme répandu dans la plupart de ses ouvrages. — Physiologie générale. — Physiologie spéciale. — Pathologie générale et spéciale. — Matière médicale et Uiérapeutique. — Conclusion.
Messiefis,
Quoique la chronologie les sépare, j'ai rapproché de Paracelse Van Helmont et Sylvius de le Boe, afin de rassembler sous un même coup d'œil les origines, les développements et les transformations de la médecine chimique ou chimiatrie. Née dans le creuset des alchimistes, cette médecine, c imprégnée de rêveries » et qui reposait sur des données ou fausses ou tout à fait incomplètes, ne pouvait conduire à rien de bon, ni de solide, ni de profitable. Ce n'est pas l'alchimie, mais la chimie qui devait servir aux progrès de la science ; encore fallait-il que la physiologie pût intervenir avec sûreté dans l'explication des phénomènes chimiques de la vie et dans celle des actions thérapeutiques. Loin de considérer Tinvasion de la chimiatrie comme le point de départ des heureuses et fécondes réformes de la médecine, je regarde, au contraire, cette invasion comme une des causes qui ont le plus contribué à retarder ces réformes, en précipitant les esprits dans les aventures, en les plongeant dans le mysticisme des arcanes. Sans la physiologie, une chimie exacte eût été infructueuse, à plus forte raison une chimie en partie imaginaire devait être désastreuse; la médecine n'a été préservée d'un véritable naufrage que par les études cliniques qu\, déjà prenant faveur, ont fini par dissiper 1^^^^ jco^ç d'iWusious el par ramener à l'observation de la natur^ ^, «* se\i\%iii^iv\. «s^
Boyle (1) , Slahl, et surtout avec Lavoisier^ qu'une meilleur: ±mie, appuyée déjà sur une physiologie moins hjfpothéliqoe.iit naturellement restreinte (2), put commencer à rendre dtcj services et prendre rang parmi les inslrnmenls de la bioi'.;i: de la pathologie.
Au xvii* siècle comme au xvi*, le spectacle est partout lemè:: partout on se révolte : ici contre les Arabes, là conlre Ga>ailleurs contre tout le monde, comme Paracelse, et conlre Pi: ceise lui-tnéme ou ses sectateurs ; mais nulle part on ne ^ forme ; partout on détruit, nulle part on ne fonde un éiallir ment durable, car les bases manquent encore : TobsenaM l'expérimentation appliquées à Tétude des maladies (3). Ni^- Helmont, ni même Sylvius n'échappent, pas plus que Pancet à cette règle générale : chez les uns comme chez les autre faits manquent et les idées dominent. Je ne vois pas ni queb Helmont < rappelle à la fois Hippocrate et Aristote >, nia son système dynamique soit une conception sans rivale».^ a que sa doctrine soit la meilleure des doctrines*», oo^^ des plus belles conceptions de la médecine » , ni qu'on pci^ tant célébrer son < esprit lumineux >, ni enfin crquelasciet actuelle tienne de lui une grande part de ses progrès > -
(1) W est à reitiarquer qu'au xvii* siècle les «chimistes les plat luibUefcit ^ i'omme le célèbre Boyle, pour n'en citer qu'un exemple, les «dTemire* lf> K décidés de la chimiatric. La raison en est simple : le positif de la chiinkiiK' pas s'accorder avec les rcTcries ou les hypothèses de Talchiinie. •—Du K<le.1^ si ftpre contre les alchimislci, propose des remèdes ridiculec dans s«^ JH^ experimenU, 1690. Les esprits les plus rigoureux ont toi^ours nu c^té faibte.
(2) Jusqu'alors la physiologie s'était surtout occupée des phénomènet fÊkwf^'^ ou dynamiques. I
(3) Je vois dans Van Hclmont des expériences chimiques quelquefois bioi f*duites et des observations pathologiques presque toujours insig^nifiantesouiiKWV
(h) Il reste certainement plus de Van Helmonl que de Paracelse ; mais a P n*est encore pas graiid'chose. — * Lors même que, dans quelques iîuua.<Mff Van Helmout aurait rencontré juste, il fendrait à peine lui en tenir roaf^:' tout cas il ne faudrait en tirer ni la preuve d'une science r«fléchie^ ni aucun rapprochement avec la science moderne, puisque ces idées ne rien et n'ont mené ù rien de bon. — Van Helmont a engagé la médeiise des voies nouvelles ; mais ces voies sotit des chemins de trayersc rempGf df lailles at mal flréqueatés.
SON ÊDUciLTioN Médicale; &f)7
comme raiBrment MM. Man(]on,Rommelaere(i) ou Tallois (2) mais je reconnais volontiers qu'il € se présente tout inspiré de l'esprit de son siècle >, c'est-à-dire du mauvais esprit, de l'esprit systématique. Harvey a devancé son siècle et lui a résisté; Van Helmont a fait écho aux idées dominantes; il a suivi la foule, loin de lui barrer le passage ou de la diriger.
Il n'entre pas dans mon plan ni de retracer la vie d'abord agitée, errante, incertaine, puis presque cloîtrée de Van Hetmont (3), ni de raconter les persécutions auxquelles il fui en butte de la part des galénistes» qui le dénoncèrent à l'inquisî^ tion (A), comme, vers la même époque , les péripatéticiens livraient Galilée au stint-offica : galénistes et péripatéticîenB» également hypocrites, qui, sous l'ingénieux prétexte de servir la foi, calomniaient et persécutaient un confrère dont la doc* Urine leur était importune.
J'emprunte à M. Mandon une page qui suffit à montrer que Van Helmont sort de la même école que Paracelse, je veux dire de l'école des illuminés (5), et j'ajoute, sans plus de commentaires, que les vrais médecins ne sortent pas de ces écoles-li.
(1) Voyez^ pour les citations que je fais de MM. Mandon et Romtnclaere^ la note 5 de la page 361 .
(S) Bapport ntrte concourt rdatifà Vùn Helmont, ËraxeUeB^ 186S*
(3) Il faut, si ïofà veut connaître cette vie dans tous ses détails, recourir ait Mé' moire de M. Rommelaere, où la biographie, fort bien étudiée^ occupe quarante pages. La bibliographie analytique comprend vingt-cinq autres pages.— Van Ilrluiont, né à Bruxelles en 1577, est mort le 30 décembre 164ft.
{à) VoyeS; sur ce sujet, tes saVaiitee pablicatietis de M* le docteur BrAeddr, d'Anven: NoHce smr k mcmmerii intiltdé : Coma /. B» fhlmontiif ABTerii liô8, in -8; lnterro§aiùm» du docteur J, B» Van Heimont gur le moffniiùme animal, Anvers^ 1 856, in-8. — La persécution alla si loin qu'il ne fut pas même permis à Van Helmont de soigner ses enfants à leur lit de mort, et que Vinvidia medicorum pessima porta le raffinement Jusqu'à refuser k ce malheureux père la seule consolation qui lui restât, celle de faire traiter ses enfants par les remèdes chimiques ! M. Broeckx a réveillé en Belgique le culte de Van Helmont p&i^ d'importantes publications, et il est un des promoteurs du concours oiivcH ^^ i^^^» à V Académie de médecine de Belgique.
(5) Les livres de la jeunesse de Van Helmont, pu^. ^mx Va pt^tjùete ^<m v^ M. Broeckx, mais aussi, et particulièrement son triij^ k ^^^ •lica wulngî'uw^'^^*'^^^ et légitima curatione^ qui a vu le joui* en 1 621^ po^ ^^ ^fii^ YuVe ^> u tïv^^'^^^*"^^
46S ^A9 HEUiOSrT.
< Les jésoites de LouTain venaient d*oavrir une école i^.'ilosophie malgré les grands, ranîversité, ie roi et leppe'l méat Vni; Van Helmont entra chez eux, étudia la magie, ei. sortit avec ane abondanie récolte de vaines spéculaiiom. F ;' utiliser son temps, il lut Sénèque et Épictète, et crut trouver iai la morale le suc de la vérité. Les capucins lui paraissaient ètren: stoïciens do christianisme ; mais raostérité de leur ordre é>i: très-grande et sa santé délicate, il demanda à Dieu de rêcisire: Après une fervente prière, il se vit transformé en une s[>^rl^ creuse dont le diamètre s^étendait de la terre au ciel. Au-des^ de lui était un sarcophage, et au-dessous, i la place de laterr:. on abime de ténèbres. Je fus saisi d*épouvante, dit Van Belmon^ et perdis la conscience des choses et de moi-même. Ayant re(-r: connaissance, je compris que le stoïcisme me retiendrait, 00010un monstre furieux, entre Tabime des enfers et une mort ioioir nente. Je vis qu'il cachait Tignorance sous une apparente huic:' lité. Je lus Dioscoride afin de changer mes lectures, et visqc^ s*occupait trop de la description des plantes et pas assez AtVtpropriétés. La médecine Tattira à son tour. Après avoir dévo? les auteurs grecs, latins, arabes et modernes, il s*aperout f tous les livres répétaient la même chanson : omnes lihrù< nentes eamdem canùlenam. Le droit ne satisfit pas mieux qu''i< médecine sa soif de la vérité ; même déception en histoire naurelle. Enfin, le cœur chagrin. Van Helmont se prosterna la (i^ contre terre et demanda ardemment à Dieu la science. Bieni!*^ , tout l'univers lui apparut comme un chaos informe devant uj vérité ; et ces paroles frappèrent ses oreilles : c Ce que tu voi: » et toi vous n*éles rien ; ce que tu fais est moins que rien ; [H^'^ > seuls ait la fin des choses; occupe-toi de ton salut. » Je résolu^ de le faire, dit-il, en étudiant et pratiquant la médecine. Il lai^?^ sa fortune à sa sœur, qui était veuve, et quitta sa patrie [K'Dî
«TtnTiçdnt. Plus tard, dans le traité />? h Uthin^f 'i, 10. 15, p. 65! et ♦>''i- Vmi Helmont, s appuyant sur dos textes du Psalmisti- cl do rt\an^ilo < -if-^'rMfts w stagna O'^wirutn. — /)i> ut Inpidf^t iiti pnnf^ fiant]^ «^\pUquo U p.iri*cation et U dissiUution des calculs. Il croit ;voy. p. 652-G53) que Vour't .'«^•.■.••. '-i' de U pierre, aidée par la terreur, pout pétrifier des hommes, même «Us nvun*"»^* eatkn a^ec armes et bagages. — Voy. aussi Satui*a contrar, netcia^ p. 130 et aï^
SON ÉDUCATION MÉDICALE. ft60
s'instruire, préférant, dés la plus tendre enfance, la science aux richesses : Teneris adhuc ossibus, scientiam anie divitias habui. Une épidémie de peste lui donna Toceasion de l'étudier; il courut porter aux malades la joie et F espérance. Ses insuccès le firent douter de la médecine. Cependant, plus il la détestait, plus les malades rappelaient. » P. 556-557.
Ainsi Van Helmont, esprit vagabond, mécontent de lui-même et surtout des autres, dirigé par le fictif bien plus que par le positif, avant l'âge de vingt-trois ans, avait déjà traversé successivement la théologie, la philosophie, la magie, les sciences mathématiques, l'astrologie, la médecine, le droit, pour revenir à la médecine. Comme Paracelse, fort âpre, parfois même grossier dans sa polémique (1), Van Helmont veut créer l'art de toutes pièces, parce qu'il n'a rien trouvé de bon ni dans Hippocrate, ni dans Galien, ni dans les six cents auteurs grecs, latins, arabes ou du moyen âge qu'il a lus ! Le désespoir le déprime et l'exaltation religieuse le relève tout à tour; enfin, l'ange Raphaël l'emporle, et notre héros reçoit le- bonnet de docteur en médecine en 1599. Son inquiétude prend alors une autre forme. Au lieu de continuer à s'agiter dans sa propre pensée, il se met à courir le monde (1600-1605). C'est au retour d'un premier voyage qu'il fut pris de la gale, accident {felix culpa) qui décida, suivant lui, de la direction de ses recherches. Cet épisode est trop comique et a exercé trop d'influence sur Van Helmont pour que nous n'en empruntions pas ici la traduction à M. Littré (2).
f J'appelai, dit-il, deux fameux médecins de notre ville,
(1) Ses contemporains ne lui ont pas ménagé non plus les injures; Toici l'oraison funèbre prononcée par Guy Patin : « Van Helmont était un méchant pendard fltr mand qui est mort enragé depuis quelques mois; il n'a jamais rien fait quiTtiUe; j'ai vu tout ce qu'il a fait ; il s'inscrivait fort contre la saignée^ faute de laquelle pourtiiiit il est mort frénétique, a
(2) Journal hebdomadaire de médecine y t. VI, année 1830, p. 512 etsuiv., arUcle intitulé : Du système de Van HelmonU — Dans cet article, M. Littré a très-judicieusement remarqué combien le travail delà pensée avait été libre dans l'antiquité^ et combien il avait été borné au moyen Âge par cette fatale tendance à transformer en dogmes absolus les moindres données d'une science traditionuelle qu'on ne comprenait même pas très-bien. C'est là l'explication des révoltes même injustes et passionnées de Van Helmont.
470 vah umimovt^
joyeux d'éprouver bientôt sur moi-mêaie si la pratique rép» dait à la théorie. Ceux-ci, en voyant cette gale purulente, (^ji- | seront aussitôt qu'il y avait abondance de bile brûlée ave^: m pituite salée, et que rhéraatose était troublée dans le foie. Cette réponse me satisfit beaucoup, en me montrant confirmés, \^ deux praticiens expérimentés, les axiomes des auteurs, axionh que je croyais aussi vrais que ceux des mathématiques. Mais otr curiosité qui m'était naturelle me fit demander quelle était cent intempérie du foie qui enflammait la bile et produisait uq exc6 de pituite; car dans le même viscère, et dans le même temps, ii ne pouvait se faire deux produits si différents, une pituite froide et une bile ardente. Ces savants hésitèrent en fronçant le sourcil; enfin, après qu'ils se furent longtemps regardés, le plu jeune répondit que la même intempérie du foie échauffé dû^ nait, non une vraie pituite, mais une pituite salée, et que la nature du sel est chaude et sèche. Pressé par une autre objectioQ, le plus vieux répondit : Ce sont des choses qu'il faut Iproposeï dans les écoles, et non à des praticiens dont les heures son comptées. 11 me demanda aussitôt quels auteurs j'avais lus, etci que, d'après mes études, je croyais convenable de faire dans ci cas. Je dis que pour rafraîchir le foie et le sang, il fallait ouvrir li veine du bras droit au-dessous de la céphalique, puis procéder par des apozèmes réfrigérants, à cause de la bile ardente, de telle sorte cependant qu'on mêlât les incisifs et les atténuanU modérés, à cause de la salure de la pituite. Je montrai, dans Rondelet, un apozème qui contenait environ cinquante ingrédients, et qui promettait de remplir ces deux indications. Ce fui aussi leur avis. En effet, après une abondante saignée faite dam toute la force de la jeunesse et de la santé, & part la gale, je pris pendant trois jours Tapozème de Rondelet; le quatrième et le cinquième, j'y ajoutai de la rhubarbe et de l'agarici si bien que l'économie commença d'obéir à l'appel du remède, et que les deux humeurs peccantes furent mises en mouvement. Mes médecins approuvèrent tout et me louèrent d'être docile et aussi avide d'instruction. Le sixième jour, j'eus au moins quinze selles, on me félicita fort d'avoir si bien préparé les voies. Deux jours après, la gale n'ajant rien perdu de sa violence, même traite*
SON CâBAGTÈBE COIOIB MfeDBGlII ET COMME HOMME. kH
ment et mêmes évacaations. Les médecins disaient que l'Age dt dix-huit ans est propre à la génération de la bile ; et, voyant que les pustules et la démangeaison ne diminuaient pas, ils prescri:^ virent un troisième purgatif; mais, sur le soir, j'étais épuisé» mes joues étaient tombées, la voix rauque, la maigreur extrômet les genoux chancelants, et j'avais gardé ma gale, > (P. 61A) (1),
Il n'y avait pas de quoi relever le courage de Van Helmont ; aussi éprouva-t*il un moment de véritable prostration ; il n'en sortit qu'en reprenant le bâton de pèlerin; il visita successive^ ment TEspagne, la France, l'Angleterre, et finit par rentrer dana sa patrie, où il se maria, et dès lors il resta confiné dans sa terrt deVilvorde(2).
Van Helmont fit ses premiers essais de médecine pratique avec les remèdes chimiques, c remèdes inaccoutumés et inconnus i, à ce qu'il prétend, comme Paracelse Tavait prétendu avant lui; comme Paracelse aussi (3), il ajoute que ses détracteurs publies s'étaient fort empressés de lui dérober ses remèdes et d'en user en secret; comme lui encore il se vante de son zèle, de son d^ vouement pour les malades, de son désintéressement pour les pauvres, de sa modestie. Certes, ni le dévouement, ni le désintéressement ne lui ont manqué; seulement il aurait pu laissera d'autres le soin de lui en faire un mérite. Ce n'est pas li tout au moins de la modestie.
En écartant de son jugement les préventions et les partis pris de clocher, on ne peut manquer de reconnaître & la fois dans Van Helmont des qualités supérieures et des défauts qui tien-» nent un peu à son temps et beaucoup à son caractère. C'était, comme Paracelse, un mystique, mais plus savant; un ennemi de la tradition (A), mais plus érudit; un empirique, mais plus
(1) Ce passage se trouve dans Seabies €t ukera tcholarum^ 2*9, p. 2&&-25S,— Jt cite toHJours réditioQ des œuvres de Vau Helmont, Amsterdam, iS52.
(2) Van Helmont, seigneur de Mérode et autre* lieux, épousa Marguerite Van Ranst, alliée à la puissante famille des de Mérode.
(3) Voyes, plus haut, page 434 et suiv.
(4) « Nunquam in alicujus viri verba protenr^ iuraiiS, ^t auQtoritates semper postposuisse rationibus* a Commentairt ^w 1$ i%\ ^^^ ((u iUgi"M (tHijpipoerate,
b72 Van helmont.
clinicien, plus observateur ; un polémiste violent, mais plus gentilhomme (1) ; un écrivain obscur aussi et prétentieui, mais avec un peu moins de divagations. Des deux côtés manque l'originalité des conceptions; Paracelse pille tout le monde et crie au voleur; Van Helmont, quoiqu'il s'en défende et quoi qu'on en dise, emprunte beaucoup de détails et l'idée générale à Paracelse, qu'il dénigre plus qu'il ne le loue (2). Van Helmont n'a pas imaginé les rouages de son système, mais il a su en faire une machine plus régulière, moins ridicule que celle de Paracelse, car il y a entremêlé quelques connaissances plus exactes qui ont servi pour ainsi dire de liens et de moteur. Il n'a pas réformé la médecine, mais seulement allégé et épuré la chimiatrie. Je suis bien sûr que parmi les nombreux panégyristes actuels de Van Helmont, il n'y en a pas un, s'il est médecin, et s'il suit attentivement le mouvement de la science, qui voulût signer aucun des écrits de Van Helmont, même le meilleur.
En somme, malgré toutes ses ressemblances avec Paracelse, Van Helmont lui est de beaucoup supérieur, comme homme, comme
ÀDTers, 18^9^ p. 12. Cet ouvrage a été publié pour la première fois par M. Broeckx. — Cf. aussi De febribus, xv, 2, p. 777 : « C'est un fondement peu solide et toujours ruineux depuis l'antiquité, d'aller où ont été les autres, non où il fallait aller, et de sui\Te toujours la foule de ceux qui nous précèdent^ en souscrivant aveuglément à leurs jugements. »
(1) Il n'est pas moins ii^uste, car il abuse trop souvent de l'impossibilité où les anciens étaient de lui répondre (voy. par ex. Phys, Arist. 21, p. 42); parfois il les déÛgure à plaisir, ou les réfute par des arguments qui ne sont pas tOHJours très-solides. Aussi, je ne saurais souscrire à ce jugement de M. Rommelaere : « La partie critique des œuvres de Van Helmont est une page admirable dans Thistoire de la médecine; jamais on n'a démontré avec plus de talent et de bonbeur l'inanité de ces doctrines bumorales qui régnèrent si longtemps dans les écoles de médecine. » — Ici se place une remarque fort judicieuse de M. Littré, article précité ;yoj^ p. 469, note 2 : « Van Helmont n'avait pas vu que, derrière le fatras des écoles, ces hypothèses gratuites et cette servilité des esprits, il y avait un vieux fonds d'expérience grecque qui ne pouvait pas complètement mentir. Les remèdes sont trouvés par l'observation ou le raisonnement ; les premiers sont bons, les seconds sont suspects : il y avait des uns et des autres dans la pbarmacie galénique. Van Helmont ratait tout sans restriction. Remarquons toutefois que^ s'il ne faut pas faire comme lui et rejeter l'expérience des siècles^ il faut prendre garde aussi de ne pas accepter comme vraies des règles traditionnellea par cela seul qu'elles ont une longue possession, m
(2) J'ai établi plusieurs rapprochements qui le prouTent.