SYLVIUS DE LE BOE
Tout cela esl aussi bizaiTc que concis, et en vérité, malgré ma bonne volonté» je ne puis pas comparer les opinions de Sylvius srux résultats obtenus par nos physiologistes modernes. Pour luiyla rate sert directement & recomposer le sang, pour eux, elle le décompose d'une façon spéciale, et livre indirectement aux poumons le produit de cette décomposition.
Après ces remarques, qui déjà, ce semble^ diminuent singulièrement les prétentions affichées, soit par Sylvius lui-môme, soit par ses partisans ou par quelques historiens, pénétrons plus avant dans son système en parcourant rapidement ensemble la suite de ses écrits.
Physiologie. — La mort est Textinction du feu inné du cœur; cette extinction provient ou de la privation ou de la surabondance de son pabulum ou du manque d*un air convenable à la respiration. — Le sang louable est le pabulum de ce feu. — Le sang est réparé et entretenu par les aliments quand ils sont débarrassés de leur partie excrémentitielle. — Le changement des aliments dans l'estomac se produit non par chylification^mBÀs psiV fermentation. La destruction et la dissolution des mélange^ s*opére de deux façons : l'une subite, violente, par le feu, c'est Vustion; Taufre, plus douce et pluslenle, par l'eau, c'est la/i?rmentationj qui s'appelle putréfaction^ si elle prend de l'odeur. II y a un double lien pour les mélanges : celui qui tient le premier rang et qui est le plus fort, c'est le sel que Teau brise ; celui qui est au second, le plus faible, c'est l'huile, que le feu change et détruit. — La fermentation ou transmutation^ comme le démontrent l'expérience et le raisonnement, s'opère dans l'estomac par l'eau que contiennent les boissons ou les aliments; par les vents qui se développent dans la cavité stomacale et qui s'échappent à travers l'œsophage ; par le feu vital qui émane du cœur, et circule à travers les artères destinées à l'estomac ; enfin par le sel contenu dans la salive et par la partie spiritueuse du mêine liquide (1).
Après avoir cherché à expliquer comment s'opèrent, d'une part, la transmutation définitive du chyme par l'intervention du
(1) DispuL med.y l, 3-6, 10, 12, 13, 25 ; II, 3 suiv..