‹ Histoire des sciences médicales v. 2Chapitre 123 sur 130 · SYLVIUS DE LE BOE · texte numérisé non relu

SYLVIUS DE LE BOE

c'e8t-à*dire par la dilatation ou la constriction active de la cage thoracique etparles mouvementsdudiaphragme,de sorte quel'air entre quand le poumon se dilate, et il se dilate r|uand le thorax et lediaphragme opèrent leur mouvement d'expansion etd'abais* sèment; il en est de même» mais en sens contraire, pour Teipiration (1). Quant à la respiration» elle sert à produire» par le mélange de la bile, de la lymphe et du sang, reffervescence qui alimente et modère en même temps le feu du cœur, si nécessaire à l'entretien de la vie.

Voilà, vous en conviendrez, Messieurs, pour les usages de la respiration, une belle physiologie et vraiment réformée! Il est triste de passer par toutes ces étapes de Terreur pour arriver aux portes do la vérité !

Nous n'insisterons pas sur le cours et les usages de la lymphe, laquelle, ainsi que le prouvent les expériences (!), prend son origine première {arigo primaria) du superflu des esprits animaux lorsqu'ils ont rempli toutes leurs fonctions dans l'intimité des tissus, comme le sang veineux provient de ce qui reste du sang artériel après qu'il a nourri les parties. Des vaisseaux particuliers ramènent la lymphe près du cerveau par les veines jugulaires et sous*clavières ; son mélange avec l'esprit acide aide aussi i l'eflervescence du sang dans le ventricule droit (2). Nous verrons tout à rheure, à propos de la doctrine des acres et des acides, les conclusions pathologiques que Sylvius tire de ses idées sur les origines de la lymphe, et ici encore, nous pouvons juger de ce que vaut la science tant vantée du professeur de Leyde.

De la physiologie , passons aux généralités sur la pathologie et i la nosologie.

PatMogie générale, — « JVntroprends, dit Syhiu$,d enseigoer U méthode thérapeutique, d autant plus voloutiers que c*est le fondemeot et la base de Texercice régulier de la médeiine. — Lêl méthode thérapeutique est, pour éviter toute circonlocution. Tart de trouver et d*appliquer

(i) Voyei le$ e\pt'neiKV$ <k S%i«iuiiior\Uiii rtpiHMrUv:!^ im Ati^hhumtmia, §§ 79 «I $ttî\* de U Difpmi. VU. IV rfsptrutioHe, — V«t>e4 «ii5!» iVdiea ^daiis Oribase, Uvfts MÊ^crH.. ^3«^S« U nu V< il^ ot j^uiv,, el p» wu noie I de U PiWiMre, dont StItims a'« f;u^fi> fiait que rvpfiMluin^ là tlMorie«

(t) Cktfmt., Vlll. a. p*rttcttK. § â0 et $ttiv.

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convenablement les rem(>des les plus propres à rétablir la santé compromise. — Tout ce qui sert à traiter une maladie porte avec raison le nom de remède et de secours, l.cs remèdes doivent ^tre trouvés ou imaginés par le médecin et mis en usage par lui. C'est ce que demande le malade ; mais il faut porter son attention sur l'homme que Ton traite. Or, chez un malade, on trouve les maladies, les causes des maladies et les sym^ ptdmfj, choses contre nature qui existent en lui, de môme qu'on trouve au5si quelque chose en lui qui existe selon la nature, et que Ton nomme forces. C'est sur ces quatre points que le médecin doit porter toute son attention pour traiter convenablement le malade. Le médecin doit donc s'y attacher, parce que, comme on le dit vulgairement avec raison, c'est de là qu'on tire Tindication de ce qu'on doit faire. Les forces et tout ce qui chez le malade est encore selon la nature, indiquent qu'il faut veiller i\ leur conservation. Dans tout homme, en effet, on doit conserver ce qui est selon la nature, h plus forte raison dans le malade. Parmi les trois choses contre nature que l'on trouve chez l'homme, la maladie indique qu'on doit l'enlever, et c'est une indication curatrice: de môme la cause morbifique demande son amendement ; c'est une indication pré» servatrice ; en6n le symptôme grave et qui afl*aiblit beaucoup le malade demande sa mitigation ; c'est une indication urgente (1). »

« Avec la plupart des médecins, je définis la maladie, une mauvaise constitution de Vhomme lésant des fonctions quelconques. Comme l'intégrité de la fonction est l'eff'et de la santé, de môme l'efl^et de la maladie est Taffaiblissement de la fonction plus ou moins lésée (2). »

Après avoir indiqué, mais d'une façon un peu confuse» qu'il y a des maladies qui tiennent à un vice intrinsèque» soit des parties contenantes {solides) , soit des parties contenues (humeurs ou liquides)^ soit enfin de Tâme» Sylvius continue :

« Comme pour l'accomplissement de certaines fonctions dans l'homme, il faut le concours non-seulement des parties du corps contenantes, régulièrement constituées, mais aussi des parties contenues et de l'âme ellemôme, §i une de ces parties ou plusieurs sont mal constituées et causent la lésion de quelque fonction, celte mauvaise constitution s'appelle maladie; et les sujets des maladies peuvent ôtrc : 1** les parties du corps contenantes, ce que tout le monde a reconnu jusqu'ici ; 2° les parties du corps contenues et fluides, ce que plusieurs soutiennent maintenant; 3^ l'Ame elle-môme, ce que peu m'accorderont peut-ôtre, quoique ce point soit très-certain pour moi (3), comme on le verra mieux dans ce

(1) Meihod. rned., I, i, 1-8.

(2) Method. med., 1, ii, 1, 2.

(3) Ce n'est pas une question d'animisme, mais il s'agit des rapports du physi* que et du moral.

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qui suit. Lorsque, tout cela se comportant régulièrement dans llioamiê, il se produit une lésion dans quelque fonction, par le fait de ce qui est hors de sa constitution (la chylification, par exemple, par suite de Tingestion d'aliments trop copieux et de mauvaise qualité; la vue par le fkit du trop grand éloiguement d'un objet, ou d'un milieu obscur, etc.), on doit dire que la fonction est lésée par une erreur externe, ou qu'elle n'est pas tant lésée que frustrée de ce qui lui conyient. Il y a une grande diffé* rence, pour le traitement opportun, entre une fonction fhistrée on lésée par une erreur exteme« et une fonction afllsiblie et viciée par la faute [de la constitution] de l'homme ; ce qu'un médecin prudent obser* vera soigneusement (i). »

« Ceci potfét on reconnaît facilement la vérité de ce précepte il cooott des médecins praticiens, qui enseignent que les meilledree iDdicatlonsss tirent des choses qui soulagent et de celles qui nuisent (a juwmUbus ei nocentibus). Toutes les indications peuvent être ramenées à deux gé* nérales : la première consiste à employer les choses dont on a ob» serve que les gens en santé ou malades recevaient du soulagement, et à ne pas témérairement les négliger ou en cesser l'usage. L'autre^ contre* partie de la première, est celle-ci : on doit s'abstenir de tout ce qu'on sait pouvoir nuire aux gens en santé ou malades, et ne pas persévérer dans leur usage ou plutôt leur abus (3). »

Il est aisé de reconnaître ici Gsilien dans Sylvius. La divisioa des rendions est également toute galénique (S). Le chapitre S, De$ indiquants^ des indiqués et des indications^ rappelle la même doctrine.

iV(wo/oyt>. — Si Ton veut savoir jusqu'à quelles eitrAmes divisions et subdivisions, à quelles innombrables catégories purement dialectiques Sylvius était arrivé dans la distinction des affections morbides regardées par lui comme constituant des individualités, on n'a qu'à lire les chapitres h et suivants du livre I de i/ethodus medendi. L*auteur distingue d'abord les maladies dans les qualités des sens particuliers (les sens de la vue, del'ouie, etc.); ainsi il étudie pour la vue les modiûcations de la lumière, de la transparence, de l'opacité ; pour l'ouïe, les modifications dans le son; pour l'olfaction, celles de l'odeur» etc. (A). Après quoi il

(1) Melhod. med,, I, n, 18-20.

(2) Method, med,^ I, ni, 34-36.

(3) Method» med.^ l, \i, 3 et suif.

(4) Voyez plus haut, p. 545 etsuiv.^ ce qui concerne le tact.

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