‹ Histoire des sciences médicales v. 2Chapitre 124 sur 130 · NOSOLOGIE · texte numérisé non relu

NOSOLOGIE

passe aux maladies dans les qualités sensibles communes, qu'il divise en contenantes ou solides, contenues ou liquides, et spirituelles {affections de rame). Ainsi, à propos du sang, non-seulement il étudie chaque modification reconnue ou imaginaire, soit comme une maladie, soit comme cause antécédente de maladie, mais il explique la cause de chacune de ces modifications, et il traite en conséquence chacune d'elles directement: la couleur et toutes ses variétés, le son (voy. p. 5A8 et suiv.), l'odeur, la saveur, la dureté, la mollesse, la chaleur, le mouvement, le lieu, le temps eu égard à la lenteur ou à la précipitation du mouvement ; par exemple dans les menstrues, la fluidité ou la consistance ; de même pour la bile et les autres humeurs, salive, suc pancréatique, etc. Pour les parties solides (consistentia seu continentia)^ il y ajoute naturellement la forme, le nombre, la grandeur, etc. (1), et même le son que produisent ces parties {siridor dentium) ou qui s'y produit {perversion de F ouïe) (2), Quel dommage que Sylvius n'ait pas appliqué son oreille si fine sur la poitrine, il aurait devancé Laennec I Sylvius est un peu plus embarrassé pour les maladies de l'es-

(1) Voyei Method. med., I, xin.

(2) Method, med.j I, xiii. — Je donne en note la Séries morborum, telle qu'elle se lit à la fin du ch. v du liv. \^^ de Afethodus medendi, — Partium contentarum sive fluidarum morbi sunt. — I. In qualitatibus sensilibus propriis functionem aliquam Uedentibus : !<> ratione vlsus in colore mutato ; in perspicuitate aul opacitate mutata; in lucc auttenebris; ratione auditus^ in sono; Z^ ratione olfactus, in odore grato vel ingrate ; à^ ratione gustus^ in sapore multifario^ dulci, acido, austero^ salso^ amaro^ etc., \el insipide; 5» ratione tactus, in duritie aut moUitie; 6^ ratione caloris sensus^ in calore^ frigore, tepore, rigore, horrore. •— II. In qualitatibus sensilibus communibus functionem aliquam laedcnlibus : 1° ratione copiae auctae Tel diminutae ; 2® ratione loci mutati ; 3® ratione motus aucti, diminuti, abolit!; à** ratione temporis mutati, exempli gratia, quando menstrua singulis mensibus non prodeunt, sed citius vel tardius ; 5<> ratione fluiditatis mutatac. — Partium contiuentium seu consistentium morbi sunt (les six premiers numéros sont identiques a?ec les six premiers de la série Partium contentarum). — II. In qualitatibus sensilibus communibus functionem aliquam laedentibus : lo ratione numeri aucti vel diminuti; 2® ratione magnitudinis auctae vel diminutae ; Z'* ratione figurae mutatae; ® ratione continuitatis solutae aut secreti coalescentiac ; 6® ratione connexionis solutae; 6® ratione loci etsitus mutati ; 7® ratione soliditatis Tel fistulositatii mutatae; 8<» ratioqe fnotus aucti, dimiputi^ a^uljti ; 9° ratione consistentiae mutatae in fluiditat^mt

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prit (1) ; il se demande avec tristesse qui a jamais vu leur couleur, qui a senti leur odeur, qui a perçu en elles chaleur ou froid, qui a entendu leur son? Confondant un moment, ou du moins semblant confondre l'âme et les esprits animaux, il se rattrape sur les catégories de la quantité, sur celle du mouvement ou [du repos, sur celle de la fluidité, etc.

L'âme est saine si elle est attentive {attenta) à ses fonctions ; elle est malade si elle est insouciante ou distraite. Elle est encore saine si elle est soigneuse dans ses perceptions ; elle est malade quand elle est indolente (oscitans). Elle est saine si elle perçoit les choses distinctement ; elle est malade lorsqu'elle les perçoit confusément. Elle est saine si elle embrasse librement la vérité; elle est malade lorsqu'elle cède aux préventions. Elle est saine quand elle est tranquille, et malade quand elle est agitée par les passions, etc.

Thérapeutique. — On trouve dans les passages suivants, tirés du premier chapitre du livre deuxième de Methodus medendi (*2), ce qu'il importe de savoir sur les généralités de la thérapeutique, lesquelles répondent aux généralités sur la nosologie :

«Parmi les remèdes, les uns sont matériels ou corporels, les autres spirituels^ comme les discours, les raisons et les raisonnements qui corrigent ou relèvent, soit TAme, soit l'esprit malade, de même que l'un et l'autre corps, c'est-à-dire le contenant ou consistant^ et le contenu ou fluide, sont soulagés par les remèdes corporels et matériels. Les remèdes matériels proviennent en partie du ciel, en partie de l'air, en partie de l'eau, en partie de la terre : non comme de quatre éléments, mais comme de quatre matrices, ainsi que s'expriment plusieurs chimistes, ou de réceptacles d'où nous tirons habituellement la matière des divers remèdes. On distingue communément, et avec raison, les médicaments en altérants et évacuants; ces dénominations concordent avec ce que nous avons dit plus haut dans l'examen des maladies et l'indication du traitement préservatif et urgent. Nous avons réduit toutes les maladies de l'un et l'autre corps à leurs qualités matérielles, propres ou communes, qui s'éloignent de l'état naturel, c'est-à-dire du Juste milieu requis pour la santé chez l'homme : c'est d'après le changement de ces qualités (voy. la Séries morborum, p. 559, note 2) et leur indication, que nous

(1) MetfuHl. med.,\, 12 et 14.

(2) Voyez les §§ 4, 6, 15, 15, 16, 17, 18, 20 et 21.

proposerons la matière des indiqués. Nous constituons six espèces de qualités sensibles eu égard aux six sens (y compris celui de la température), et dix espèces de qualités sensibles conmiunes, comme on les trouve dans les parties solides (fNiHex consistentes) ou fluides. La première contient le nombre qu'on ne trouve que dans les seules parties solides; la seconde, la grandeur qui appartient à ces mêmes parties, comme la qucm* au appartient aux fluides ; la troisième renferme la figureqm ne se trouve que dans les parties consistantes; la quatrième, \9i continuité ou la séparation (secrêHo) qui ne se présente non plus que dans ces mêmes parties; la cinquième, la cùnnexion, propre aux mêmes parties aussi ; la sixième, le lieu et le site, propres aux unes et aux autres parties ; la septième, la solidité cl la porosité qui ne s'observent que dans les parties consistantes ; la huitième, le mouvement propre à toutes les p'arties : la neuvième^ le temps du mouvement j particulier aux parties fluides ; la dixième, la consistance et la fluidité, qui sont réciproquement transmutables. Il en résulte que, par la combinaison du nombre six et du nombre dix, il j a seize genres de maladies. Afin de Justifier les quatre indications que nous avons plus spécialement eues en vue, l'indication vitale, l'indication préservatrice, l'indication curative et l'indication mitigatrice ou urgente, nous employons un triple genre de remèdes, la diététique, la pharmaceutique et la chirurgie. Si nous observons la manière dont les remèdes opèrent dans le traitement des infirmités corporelles, nous aurons à peu près trois espèces de remèdes : ceux qui suppléent à ce qui manque, qui restaurent {matière alimentaire) et réparent ; puis les remèdes qui enlèvent la surabondance ; parmi ceux-ci, les uns évacuent les contenus, d'autres divisent et coupent, rongent ou consument les contenants ou consistants ; enfin, les remèdes qui altèrent et corrigent »

Viennent ensuite les diverses classes de médicaments qui correspondent à ces trois grandes classes d'indications, lesquelles sont en grande partie galcniques, au moins par les principes (1).

(1) Des remèdes qui suppléent au défaut. — Des remèdes qui éTocuent. — De ceux qui évacuent le sang, les menstrues et les lochies. -* Cholagogues. — Phleg* magogues. — Mélanagogucs. — Mélanagogues évacuant les humeurs gluUneuscs. — Mélanagogues évacuant les humeuré &cres et acides. — Hydragogues. — Vomiiifs. — Sudorifiques. — Diurétiques. — Médicaments excitant la salivation et le ptyalisme. — Évacuants particuliers : — Évacuants des excréments et des autres humeurs des gros intestins par l'anus. — Évacuants de l'urine et des autres humeurs de la vessie. — Emménagogucs et autres évacuants de Futérus. — Médicaments qui évacuent les humeurs des poumons par la trachée-artère et la bouche ; *- les humeurs du cerveau par le nez ; — par les oreilles. — Remèdes qui chassent les vcnU^ même par la vessie et Tutérus. — AUénnlt en (éaéiil. •«- Att4r4«ts t»AaEMBBac.

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