IV. Émigration des Barbares : Décadence de la science
V. Croisades : La médecine arabe est au plus haut point de sa floraison. — VI. Réformation : Restauration de la médecine grecque et de Fanatomie. — VII. Guerre de trente ans : Harvey^ réforme de Van Helmont. — VIII. Frédéric II : Haller.
Les coupes opérées dans ces grandes sections ne sont guère plus heureuses. Dès Hippocrate, la confusion commence, et il est bien difGcile de retrouver un fil conducteur. Le moindre défaut de ces subdivisions, c'est que Galien n'y figure même pas nominativement, et qu'il est englobé sous cette rubrique : De la médecine méthodique jusqu*à la chute de la science.
La première période, depuis les origines de la médecine jusqu'à Hippocrate, embrasse deux phases de la médecine d'un caractère trop différent pour qu'on les comprenne sous un même chef. — L'apparition de la médecine méthodique est un fait considérable, il est vrai, mais c'est un fait accidentel qui n'empêche pas le développement de la médecine dogmatique, qui n'en est pas une production légitime, et qui n'y introduit presque aucun élément nouveau; ce n'est qu'une vue systématique de plus à enregistrer : ajoutez que le méthodisme coexiste avec d'autres sectes qui ne sont pas non plus sans puissance. Le méthodisme est donc un événement qui peut servir à caractériser une des subdivisions d'une époque, mais qui ne la domine pas tout entière. On fausseté point de vue historique en présentant le méthodisme comme le fait Sprengely et en faisant disparaître, pour ainsi dire, et le dogmatisme et son puissant soutien, le médecin de Pergame. D*un autre côté, Sprengel n'a connu ni le véritable intérêt qui s'attache au méthodisme, ni la fortune de cette secte. Et puis, quel
rapport, je te demande, enlre l'origine du méthodisme et celle du christianisme? A peine une concordance chronologique!
Je regarde comme une règle générale importante d'éviter autant que possible de prendre l'apparition des doctrines ou des sectes pour servir de point de départ à l'établissement des périodes historiques. D'abord, des doctrines ou des sectes aussi importantes les unes que les autres apparaissent simultanément à certaines époques ; il n'en est point qui dominent tellement les autres qu'elles les effacent, et la tradition orthodoxe continue son cours. En second lieu, les doctrines ne sont, en quelque sorte, que des instruments qui facilitent ou achèvent le développement de la science, mais elles ne sont pas ce développement lui-même ; elles n'en constituent que des phases transitoires. Il n'y a point de doctrines qui changent complètement la face de la médecine, si elles-mêmes ne reposent pas sur des faits ou des découvertes qu'on doit considérer alors comme principes de la division en périodes. Ce n'est point que je méconnaisse l'importance des doctrines qui constituent l'une des parties les plus élevées de l'histoire de la médecine envisagée dans sa généralité ; mais il me semble qu'elles doivent surtout être acceptées comme base de divisions secondaires, et que même dans ce cas il faut tenir grand compte des circonstances où elles se sont produites.
La décadence de la science est un root banal et vide de sens qui a fourni à Sprengel un thème de déclamations ridicules ; il a perdu de vue la trace de la médecine pendant la première partie du moyen âge, et il s est écrié : il n'y a plus de médecine t C'est un procédé fort commode pour s'épargner la peine de débrouiller le chaos.
La découverte de Harvey prise comme point de départ d'une grande période est, assurément, une excellente idée ; mais dans le système de Sprengel, cette idée, à peine refléchie, n'a pas la valeur capitale qu'on doit lui accorder.
Le nouvel éditeur de Sprengel, M. Rosenbaum, qui s'est livré à la tâche ingrate et indigne de son talent, de reconstruire un édifiée qui croule de toutes parts, n'a dû ni pu essayer de refaire la classification si défectueuse du professeur de Halle ; il ne nous a donc pas fourni le moyen d'apprécier ses vues personnelles
SOUS ce rapport. D'ailldurs, M. Roseiqbauiq, dans ses travaux originaux, parait s*être placé sur un terrain tout autre; convaincu que l'histoire de la science est encore dans l'enfance, que l'histoire de la pathologie est particulièrement arriérée, malgré les efforts de Hecker, de Haeser et de quelques autres, et que la première condition pour avoir une histoire vraiment rationnelle et organique de la médecine, est de la refaire en détail avant de la présenter dans son ensemble, il a proclamé la nécessité de monographies sur toutes les parties de C histoire de la médecine^ quelque insignifiantes qu'elles paraissent. Lui-même a donné l'exemple et a produit de savants modèles. Je regrette vivement que des circonstances graves aient enchaîné cette plume si érudite et si féconde, et je souhaite que quelques paroles d'encoura* gement lui arrivent dans la retraite où parait l'avoir plongé l'injustice de ses concitoyens.
ÂGKËRMANN, 1792 (1), dans uu abrégé justement estimé, divise toute l'histoire de la médecine jusqu'à Paracelse (où se termine malheureusement son livre) en trois grandes périodes :