DE LA MÉDECINE
SovMAiRE : A combien de groupes on peut ramener les diverses classifications admises par les auteurs pour les périodes de Thistoire de la médecine. — Examen critique, suivant Tordre chronologique, de toutes les classifîcations proposées par les historiens. — Incidemment^ on porte un jugrement sur ces historiens (2).
F^es principes d'après lesquels les historiens ont établi les périodes de l'histoire delà médecine sont nombreux et n'ont pas une égale valeur. Je ne parlerai ici que des auteurs principaux, de ceux surtout que j'ai étudiés par moi-même, autrement il me faudrait faire l'histoire de l'histoire de la médecine; c'est un sujet que je ne veux pas traiter en ce momenl.
Je ramène à huit catégories les diverses espèces de classifications de mes devanciers.
1° Biographiques, — Ce sont les premières en date, et celles qui se présentent le plus naturellement à Tesprit, puisque les progrès des sciences semblent toujours se rattacher plus ou moins directement à quelque grand nom ; ce sont néanmoins les plus mauvaises, puisqu'elles n'établissent aucun lien dans la succession des faits. Denys d'Éphèse, IIermippe, Andréas, Philon, SoRANUs, dans l'antiquité; chez les Arabes, Ibn-Abi-Oseibia; chez les modernes, Dernier, Freind et Portal (ce dernier pour l'histoire de l'anatomie}, se rangent dans cette catégorie (3) .
(1) Voyez page 17.
(2) Jusqu'à présent je n'ai pu me procurer les ouvrages de : Roatzsch, Compen^ dioae Geschichle (1er Medicin^ 1839; Millier, Versunh einer Geschichfe (1er Heilkutide^ 1805 ; Vendl, Chronotj/nphieder Gacht'rhfe der Medinn^ 1812.
(3) Je ne ])arle que des ouvrages où la biographie st^rl de cadre à une histoire chronologique, et non pas des dictionnaires ou des répertoires hiop:raphiqu(>s.
^1" Etimographiqites. — Elles consislenl moins à établir des périorles qui embrassent la science dans son ensemble qu'à suivre sa marche chez chacun des peuples où elle se présente avec un caractère plus ou moins tranché. Clifton et IIeusinger sont à peu près les seuls qui soient entrés dans cette voie.
3" Pragmatiques ou amialistiques, — Elles sont fondées sur la succession des faits les plus importants, ou des plus grands noms, sans se soucier assez de leurs rapports avec le développement même de la médecine (Le Clerc, Schulze, Ackermann, ScuDERi, Lessing, Kueunholtz, Krueger, Râige, IIirschkl,
MORWITZ, WUNDERLICH, ChINGHILLA).
/i" Chronologiques. — On a pris pour base la chronologie politique (Sprengel, Bostock, Isensee).
ô"* Philosophiques ou mieux encore organiques (école allemande). — Elles sont établies d'après ce principe, généralement admis maintenant, que l'histoire d'une science est celle de son développement réel dans l'espace et dans le temps, lequel s'accomplit en vertu de lois plus ou moins connues. Les unes sont fondées sur les changements que subit la médecine dans la suite des siècles; c'est ce que j'appelle les classifications organiques réelles ou rationnelles^ soit qu'on y prenne en considération (ce qui est malheureusement le cas le plus ordinaire) des événements ou des faits purement extérieurs, soit qu'on tienne surtout compte des modifications essentielles de la science (IIegker, Haeser, Puccinotti). — Les autres tiennent plus particulièrement compte de la succession des théories et des systèmes (Bàrchusen, Broussais). — Les autres enfin sont établies d'aprè* des vues à priori^ et sans se préoccuper sérieusement ni des textes ni des faits. Je leur donne le nom ù'organico-higstiques ou extra-scientifiques (Kikser, Windischmann , Leupoldt, Damerow, Quitzmann, Schultz, Weber, Friedlaender, Auber).
d"" Je fais une catégorie à part pour les classifications qui prennent leur point de départ, non dans la médecine elle-mêmey
mais dans l'histoire des sciences qu'on regarde comme ayant eu un développement à peu près parallèle, surtout dans l'histoire de la philosophie (Sâucerotte).
T Mixtes. — Elles sont à la fois pragmatiques, organiques, chronologiques, ethnographiques (Hàller, GnouLàHT, Rbnouârd,
WlSE).
8° Enfin il est des classifications si arbitraires, ou si vagues ou si incomplètes qu'il est à peu près impossible de les ranger sous une formule générale. Telles sont, par exemple, celles de GoELiCKE, de TouRTELLE, de Càbànis, d*HÀMiLTON, de Van der HoEVEN, de Merton.
Maintenant, passons en revue, aussi brièvement que possible, et suivant l'ordre chronologique, les classifications adoptées par les auteurs dont j'ai rappelé les noms.
Les historiens de la médecine ne furent primitivement que des biographes : tels sont, par exemple, chez les Grecs (1), Denys d'Éphèse (2), qui dressa une Liste des médecins; — Hermippe, qui écrivit, vers la fin du iif siècle avant Jésus-Christ, un ouvrage au moins en cinq livres Sur les médecins célèbres (8) ; — Andréas de Caryste (vers Tan 220 avant J. C), dont l'auteur anonyme de la Vie d' Hippocraie cite une Généalogie médicale; — Philon
(1) MénoD^ disciple d*Aristotc^ passe géDéralement poar avoir écrit des Vies de médecins; mais il n'avait fait que recueillir leurs opinions dans une Collection médicale qui, sons doute^ n'était pas sans analogie avec les récentes compilations d'Oribasc, d'Aétius, etc. Cette Collection médicale^ appelée aussi Livres tnénoniens-, existait encore du temps de Catien, lequel déclare qu'elle est bien l'œuvre de Méiion et non pas celle d'Aristote^ comme quelques-uns le prétendaient. — Cf. Gai., Comm. I in lib. Hipp, De nat, hom., § 2, t. XV, p. 26-6; Plutarque, Sywiposiac.yWU, 9, 3, 20, qui fait allusion à un passage des Livres ménoniens relatif à certaines idées superstitieuses touchant les maladies du foie.
(2) Scholia in Theocritum.Xl, Arg., p. 74, 1. 33, éd. Dûbner. Paris, 1849, coll. Didot. — On ignore l'âge exact de cet auteur, qui, du reste, passe pour assez ancien.
(3) \0Y. Scholia in Orib.; dans Collect, medic, XLIV, 17, t. 111, p. 687, 1. 2, ot Etym, magn. voce 'Ai^a^iiia*
Si tlTTÉODUCmON.
Herennius ou de Byblos (du milieu du i*' siècle au commencement du II'' avant J. C), auquel Etienne de Byzance (voce Kuproç) attribue un ouvrage analogue à celui d'Hermippe ; — Soranus d'Éplîése (commencement du ir siècle?), auteur d'un recueil Sur la vie, la secte et la succession des médecins, en dix livres, qui devait rentrer un peu dans la classe des Histoires (1); enfin, au XI* siècle après Jésus-Christ, chez les Arabes, Ibn-Abi- Oseibia. Comme il ne reste que de très-vagues et très-brèves mentions des biographies grecques, il est impossible d'en déterminer la valeur. Dans Ibn-Abi-Oseibia, qui s'est occupé des médecins grecs, indiens et arabes, l'imagination orientale remplace absolument la critique historique ; les vies remplies d'anecdotes vraies ou fausses se suivent sans aucun lien et sont parsemées d'erreurs chronologiques monstrueuses ; mais la bibliographie est en général très-exacte, et par conséquent trèsprécieuse.
Je ne mentionne ici que pour mémoire Bernier (2), qui pensait avoir écrit une histoire de la médecine en ajoutant bout à bout une série de médecins, sans choix, sans critique, et sans opérer aucune espèce de division systématique. Supposez Tordre alphabétique, et vous aurez un mauvais dictionnaire.
Les deux premiers ouvrages qui se présentent à nous avec un caractère vraiment historique, où les faits de la science prennent au moins autant de place que les faits biographiques, sont ceux de Damel Le Clerc et de Schulze, qui ont écrit à peu près en même temps sur notre histoire, et qui malheureusement ne l'ont pas poussée très-loin, car l'un arrive à peine à Galien, et l'autre ne va pas au delà de ce médecin.
Daniel Le Clerc (1696) (3) se vante avec juste raison d'avoir traité véritablement l'histoire de la médecine. Toutefois il dé*
(1) Cf. Suidas, voce Zwpavo;, la scholic citée dans la note précédente, et la Vie d'Hippocrute.
(2) Bernier, Essais de médecine, etc. Paris, 1689-1691, in-4, et réimprimés plusieurs fois avec des changements.
(3) liC Clerc, Histoire delà médecine, etc.; 1'* éd. Genève, 1696, in-8; dcp. nière^ Amsterdam, 1723, in-4; et nouveau titre, 1729.
clare « qu'il ne dit pas cela pour se faire valoir, mais pour qu'on «lui accorde quelque indulgence ]>. il ajoute avec une grande simplicité : a Je reconnais qu'il fallait pour l'entreprendre plus de c savoir que je n'en ai, mais les honnêtes gens me sauront gré « de mes efforts, i
J'adresse à mes lecteurs la même prière et les mêmes excuses.
Daniel Le Clerc expose et raconte; il marque l'origine et Ten* chainement des sectes; il juge rarement, mais il reproduit fidèlement l'impression que ses nombreuses lectures ont laissée en son esprit; on s'aperçoit bien vite qu'il écrit ordinairement d'après les sources; souvent même il ne fait que traduire; son point de vue est donc réellement pragmatique ; sa narration a un grand charme de modestie, de candeur et de bonne foi : sous ce rapport, son ouvrage ressemble par beaucoup de points aux écrits historiques de la fin du xvii' ou du commencement du xv!!!** siècle. En lisant Le Clerc, on se rappelle Rollin et le père Daniel.
Ses divisions ressortent du point de vue objectif auquel il s'est placé; ainsi elles sont purement chronologiques et ne représentent en aucune façon, pour lui, la marche générale de la science. Son ouvrage est divisé en trois grandes sections. La première contient la médecine d*Hippoa*aie. Le Clerc compte pour très-peu de chose ce qui a précédé le médecin de Cos (1), et il lui rattache naturellement tout ce qui l'a suivi immédiatement, ce qui ne l'empêche pas de consacrer à l'histoire de la médecine, durant les trente-cinq premiers siècles du monde, cent onze pages surchargées de textes qui n'ont aucune autorité. La seconde partie commence à Chrysippe; car, chose étrange, Praxagore est rangé dans la première période. Cette seconde partie est, pour l'auteur, caractérisée principalement par les progrès de l'anatomie et par les sectes, ce qui est une vue assez
(1) tf La première partie contient principalement la médecine d'Hippocrate; c'est du moins ce qu'il y a de plus important; le reste^ qui regarde Tétat de la médecine avant et après lui^ n^étant pas a peu près si considérable, quoique tout cela fasse ù riiisloire. » (Préface.)
DABBMiERG. 3
Zk IlfTRODUGTION.
jusle. Enfin, la troisième est cotisacrée à Galien. Une telle classificâlion des périodes ne va pas au fond des eboses, est insulfisante^ repose trop souvent sur des considérations de second 01 dre, et confond ce qui doit être séparé, tandis qu'elle distingue ce qui doit être réuni.
Dans Y Appendice qu'il a ajouté à la partie achevée de son histoire, Le Clerc, qui avait trop de soucis de famille pour conserver sa liberté de travail^ se contente d'esquisser le plan de deux périodes seulementi Tune qui s'étend de Galien à Paracelse, 1 autre qui comprend Paracelse et ceux de sa secte.
Il est étonnant de voir Le Clerc, dont l'esprit était du reste très-positif, devancer les Allemands dans cette manière de consi^ dérer Paracelse comme le chef de la réforme médicale.
Entre Le Clerc et Scbulze se placent quelques historiens de très-peu de valeur, et sur lesquels je n*ai que quelques mots à dire.
. Bârchusen, 1710 (1), fait moins une histoire de la médecine proprement dite qu'une histoire des sectes. Aussi toutes ses divisions se rapportent-elles à l'origine et à la fortune des sectes principales. Je n'en parle donc que pour mémoire.
Les divisions de Goeligke (2) sont tout à fait factices et arbitraires. Il a une période antédiluvienne ; une égyptienne ; une troisième, subdivisée en deux époques, qui s'étend d'Esculape à Hippocrale; une quatrième où Hippocrate ligure seul comme une unité; enfin une période /?o5/-/«/?/?ocr«/2ywe jusqu'à l'école d'Alexandrie. Heureusement Tauteur s'est arrêté là! Le tableau, du reste, répond au cadre.
Freind, 1725 (3), n'a admis aucune division systématique. Il
(1) Barchuscn, Hùtoria medicinae^ etc. Amst., 1710, in-8. Autre édition entièrement reraite sous le titre : De medicinae origine et progressu, etc. Trajecti ad Rhenum, 1723^ in-A.
(2) Goeliclie, Hist. med, universatis, Francof. ad Viadr., 1721, in-8, 2 vol.
(3) Freind^ ihe lUftory of Physie, f)rom the Orne of Ga/en to tke fjeginnirtg of thc XVf century f^ndres, 1725. Tintail estimable, traduit plusieurs fois en laUn et en français.
continue Le Clerc depuis Oribase jusqu'aux environs du xv" siècle, en mettant des noms les uns à la suite des autres.
J. H. ScHULZE, 1738 (l)y partage la partie de l'histoire de la médecine qu'il a écrite en deux périodes : la première commence avant le déluge et s'étend jusqu'à la mort d'Hippocrate inclusivement ; là il donne un libre cours à son érudition sur les premiers inventeurs de la médecine et sur les dieux médicaux. — Dans la seconde, il étudie la médecine depuis Hippocrate jusqu'à son introduction à Rome (1A9 ans avant J. C.) : fait notable sans doute, mais qui ne constitue pas un caractère essentiel : du reste, plusieurs historiens, entre autres Cabanis et Isensee, ont pris ce fait comme point de départ d'une période.
Dans son Compendium^ 17A1 (2), Schulze admet deux périodes : la première, qui comprend la médecine mythologique^ la seconde, la médecine depuis Hippocrate inclusivement jusqu'à Galien exclusivement. (S'arrête vers l'an 138 de J. C.)
Clifton, 1782 (3), a une division tout ethnographique et par conséquent absolument fausse (voyez Heusingeb) : il étudie successivement la médecine des Grecs, des Romains, des Arabes, enlin celle des modernes.
Hâller, 1776 (4), divise l'histoire de la médecine de la manière suivante : grecs^ arabes^ arabistes (qu'il fait commencer beaucoup trop tôt) ; réformateurs ou érudits; médecine chimique^ — hippocratique ; le reste par siècles : xvir et xvin% en marquant la naissance et les principes des diverses écoles. — Pour la chirurgie (5) il distingue les grecs^ les arabes^ les arabistes; y école italique^ la française; la chirurgie perfectionnée^ et celle des temps les plus modernes. — Enfin, pour l'anatomie (6), les divisions sont à peu près les mêmes. Du reste, quelle que soit
(1) Schulre, Hisiorin medicinae, etc. Lipsine, 1728, in-4.
(2) Schulze, Compendium hist, tnetficinae. Hrtlae, 1742, in-8.
(3) Cliflon, The State of Phytic anciettt and modem, London, 1732, in-8.
(4) Haller, Ribliotheca medicinae practicae. Basil,, 1776-1788, 4 vol. iii-4.
(5) Haller, Biblioth. chirurgica,inà'i77b, 2 vol. în-4.
(6) Haller, Bibliofh, anatomica, Tiguri, 1774-1776, 2 foU in-4.
36 TNTRODCCTîON
la branche des sciences médicales qu'on veuille envisager à ce point de vue, elle rentre dans les mêmes cadres : tout prospère ou tout languit, ou tout souffre ou tout revit à la fois.
Je ne m'occuperai point du mauvais précis de Black (1), que Coray a eu la malbeoreuse idée de traduire en français.
A. Fr. Hegkbr, 1790 (2), a une division des plus étranges en neuf périodes : Origines-Hippocrale ; Hippocrate-Gaiien ; Galien- Constantin ; Constantin Apparition de la syphilis; Syphilis* Paracelse; Paracelse-Sylvius de le Boœ; S. de le Boœ-trium^ virât; Triumvirat-Haller ; £fa//er-1790.
KuRT Sprengël, 1792 (3), doit nous arrêter quelque temps, plus encore à cause de sa grande réputation que pour le mérite réel (le son œuvre. Il n'y a pas d'Histoire où l'auteur fasse plus étalage d'érudition, et pas non plus où cette érudition soit plus dépourvue de critique et d'exactitude. La classification du professeur de Halle est une des plus étroites, des plus irrégulières, et, par suite, des plus infécondes. L'auteur, néanmoins, dit qu'il a eu beaucoup à s'en louer dans le cours de son ou« vrage, mais je ne sais en quoi elle a pu éclairer sa marche et lui faire saisir le vrai caractère des différentes phases par lesquelles a passé la science. De plus, Sprengel a eu le grand tort, à mes yeux, de subordonner ses périodes à certaines divisions de l'histoire politique. II ne me semble pas du tout logique de chercher les bases d'une classification en dehors du sujet dont on s'occupe. C'est certainement amoindrir ce sujet, et le regarder, pour ainsi dire, comme stérile par lui-même. Aussi je condamne absolument les divisions fondées, soit sur l'histoire politique, soit sur l'histoire de la philosophie. Les événements de l'histoire politique ou de l'histoire de la philosophie ne peuvent être pour nous qu'un terme de comparaison, très-instructif sans doute,
(i) Black, An historical Sketch of Medicine and Surgery ^ etc. London, 1782, in-8; Paris, 1797 cl 1835, in-8. Voy. Ch. de la Rochelle, MéL, t. Il, p. 117-140.
(2) Hecker, if«/id«flc om«w aevi fatn. Erford, 1790, in-4.
(3) Sprengel, Ventuch einer pragmaly Geschichte der Arzneikunde, V^ éd., HaUc, 1792.1799, in-8; 3% Halle, 1821-1828, la meilleure; 4% Leipzig, 1846, tome 1*% public par M. Rosenbaum. Trad. française par Jourdan, 1815-1820.
mais toujours secondaire. Du reste, les divisions politiques de Sprengel ne sont pas plus puisées dans la philosophie de l'histoire générale que ses périodes médicales ne le sont dans la philosophie de •rhisloire de la médecine. Ce sont de simples concordances fort grossières et qui n'apprennent rien. L'esquisse suivante fera reconnaître la justesse de ma critique.
I. Guerre des Argonautes : Premières traces de la médecine grecque. — II. Guerre du Péloponèse : Médecine hippocratique. — III. Établissement du Christianisme : Ecole méthodique. —