DES MÉDECINS ALEXANDRINS
Comme moyen mnémonique et comme point de repère, j'ai mis l'histoire médicale en concordance avec l'histoire politique. Le théâtre principal de l'histoire médicale à cette époque est rÉgypte; mais cette histoire est aussi mêlée quelquefois à celle des rois de Syrie, dont l'empire élait, en Orient, le plus considérable après celui des Ptolémées; j'ai donc cru devoir donner la série chronologique des rois d'Egypte et de Syrie, en la mettant, par des empiétements et des rappels successifs, en concordance avec mes époques artificielles. J'ai remplacé cette série par celle des empereurs, quand l'empire romain est resté seul debout sur les ruines du monde ancien.
J'ai placé dans la dernière colonne du tableau l'indication des principaux sujets traités par les auteurs dont on possède maintenant la liste régulière, de sorte qu'on embrasse d'un seul coup d'œil la chronologie biographique et scientifique.
11 n'est pas très-conforme, ce semble, à la chronologie de poursuivre isolément Thistoire de chacune des trois sectes, et de revenir ensuite aux médecins qui n'ont appartenu à aucune d'elles; mais cette marche m'était en quelque sorte commandée par la nécessité d'établir de l'ordre dans mon exposition, et par l'inconvénient qu'il y aurait à passer incessamment d'un sujet à un autre. C'est du reste, il me semble, le seul moyen de faire ressortir dans leur ensemble les rapports et les oppositions qui existent entre chaque secte» et de suivre ces sectes dans leur complet développement.
Il est encore une autre irrégularité que je dois justifier. Je conduis Thistoire des sectes jusqu'à Galien, qui les absorbe toutes et en tire un système uniforme; au contraire, pour Thistoire des médecins qui ne sont ni IJérophiléenSy ni lirasistratéenSy ni emjnriqxies^ et qui ne s'appellent pas non plus dogmatiques /]Q m'arrête vers quatre-vingts ou soixante-dix ans avant J. C. J'ai cru devoir agir ainsi parce que ces médecins forment une catégorie à part et qu'ils appartiennent presque tous à celte classe de spécialistes appelés c/«Vi/ryiV//6' ; Nicandre et Crateuas ne sont pas médecins. Après eux les médecins que je pourrais appeler indé^ poidantSy et que je rencontre dans la suite de l'histoire jusqu'à
158 TABLEAU CRROfVOLÔÔIQtJE DKS WÊbECdfS ALEXANDRINS.
Galieii, forment à leur tour une catégorie bien distincte ; ce ne sont plus des spécialistes, mais des médecins dans toute l'étendue du terme; sans porter de dénomination particulière, ils représentent assez nettement le dogmatisme qui se dégage de plus en plus des discussions nées au sein des sectes diverses entre lesquelles est partagé le domaine de la science. On n'oublien pas non plus qu'entre les mains de quelques-uns de ces méd^ cins l'anatomie et même la physiologie reprennent Timportance qu'elles avaient perdue depuis les travaux d'IIérophile et d'Érasistrate.
Ce n'est qu'aux époques où tous les événements humains paraissent marcher de concert, où l'humanité tout entière se modifie, et quelquefois même se transforme, que la science change aussi sur tous les points et dans presque tous les sens ; alon seulement commencent et finissent les périodes dans Thistoire.