‹ Histoire des sciences médicales v. 2Chapitre 35 sur 130 · PATHOLOGIE · texte numérisé non relu

PATHOLOGIE

La prépondérance que Técole de Cnide parait avoir prise à Alexandrie sur Técole de Cos nous aide encore à comprendre cette transformation de la médecine : la méthode de Cnide est plus accessible et, pour ainsi dire, plus vulgaire que celle de Cos ; les particularités sont plus aisées à saisir que les généralités, lors même que ces généralités, et c'est le cas pour les Hippocratistes, proviennent moins d'une idée systématique que de la préoccupation d'un ensemble de faits bien définis; elles sont plus dans la pratique ordinaire de la vie et plus dans les habitudes de l'esprit. Il est vrai que si Érasistrale appartenait à Cnide par son maître Chrysippe, Hérophile rappelait Cos par son maître Praxagore ; mais Hérophile est plus connu comme anatomiste et Érasistrate plus célèbre comme médecin ; en sa qualité d'anatomiste, il ne fait guère que perfectionner et appliquer les découvertes d'Hérophile.-La secte d'Érasistrate est aussi plus ferme en ses principes que celle d'Héropbile (1); nous en avons la preuve jusqu'au temps de Galien ; l'influence d'Erasistrate se fait donc sentir à longue distance ; on peut même admettre que ses doctrines sont une préparation à celles d'Asclépiade et du méthodisme.

Dans la constitution élémentaire du corps, Érasistrate ne tient compte ni des humeurs ni des esprits. Tout consiste en une intrication de nerfs, de veines et d'artères dont il n'y a pas une partie du corps qui ne soit tissue : le sang est nourriture; le pneuma est un auxiliaire pour les actes physiologiq^ues; les muscles, la pulpe cérébrale, le foie, la rate, ne sont que des parenchymes, c'est-à-dire des coagulations par extravasation de l'aliment, comme la graisse. La bile, le phlegme, ne sont pas autre chose que l'urine ; ce sont de simples excréments : les humeurs, le sang en particulier, ne rendent pas

(1) Hérophile ne recherche pas les explications ni les hypothèses sur les causes et la nature des maladies ; il appelle^ comme dit Scribonius Largiis^ les médicaments^ les mains de Dieu; il a une grande confiance aux spécifiques; aussi n'y a-l-il rien d'étonnant que l'empirisme s'échappe du sein même de la secte hcrophiiéenne. Le maître et les disciples se sont surtout attachés à commenter Hippocrate et à étudier les médicaments; on compte parmi leurs écrits peu d'ouvrages originaux importants sur la médecine*

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malade en s'altérant, mais en obstruant les oonduita où ils s'égarent (1).

On voit, d'un autre côté, par les titres et par quelques fragments de certaiqs ouvrages de Praxagore, que, trés-peu de temps après Hippocrate, les médecins de Gos négligeaient déjà l'élude de l'état général pour multiplier le nombre des maladies, et parfois même pour transformer les symptômes en véritables espèces morbides. C'est probablement à cette tendance de plus en plus prononcée, et aussi à l'abus que les dogmatiques faisaient du raisonnement, enfin au développement qu's^vait pris la pharmacologie, qu'est due la naissance de l'empirisme.

(1) Gelse fait cette remarque : « Èrasistrate^ eipUquant la ftèyre par le passage anormal du sang dans les artères^ qui ne doit ent contenir que de l'air, et trou? aat que ce passage a lieu loraqu'U j a pléthore^ ne saurait dire pourquoi de deux st^fits également plétiioriques, Vun tombe maMe, tandis que l'autre çft à V9M do tout danger; et c'est précisément ce que nous obsenrops tous Içs jours. U est permis d'en conclure que cette transfusion du sang, toute réelle qu'elle puisse être, ne survient pas uniquement dans les cas de plénitude, mais lorsqu'à la pléthore sont fenuet se joindre d'autres causes énoncées déjà. » (Préamb. du livre I, trad. des Etangs.)

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