‹ Histoire des sciences médicales v. 2Chapitre 46 sur 130 · CATON. — PLINE · texte numérisé non relu

CATON. — PLINE

decins, si Ton entend par ce mot des hommes préparés à Texercice de l'art par des études spéciales et formant une classe distincte; — non pas sans médecine, si Ton décore de ce nom une série de recettes plus ou moins supek*stitieuses, venues de divers côtés, et transmises par la voix populaire. De cet étal de choses, sur la durée duquel nous allons revenir, il résulte qu*uti certain nombre de connaissances empiriques se répandirent dans les familles; que les noms des maladies, des remèdes et des parties du corps s'introduisirent dans la langue commune, et plus tard dans celle des écrivains, de ceux surtout qui recherchaient les suffrages de la foule. Ajoutez à cela que même avant l'empire, et quand la médecine grecque eut pris droit de domicile dans Rome, chaque famille avait un et quelquefois plusieurs médecins attachés spécialement à son service en qualité d'esclaves.

Quel était le caractère de cette médecine domestique, et pendant combien de temps exerça-t-elle son empire exclusif? Il n'est pas inutile de le dire en peu de mots. L'empirisme et la superstition n'ont pas besoin d'une culture étrangère pour germer et pour grandir-, il paraît cependant certain que même l'empirisme et la superstition romaine ne sont pas autochthoncs ; les Étrusques envoyèrent à Rome leur déesse Salus et des charlatans de toute espèce; les Marses et les Sabins se dessaisirent en sa faveur de quelques-uns de ces enchanteurs si renommés qui avaient le pouvoir de bouleverser ou de rappeler la raison.

Ergo negatum vincor ut crcdam muer, Sabella pcctus incrcparc carmina Caputque Marsa dissilire ncnia (1).

Cette médecine primitive profita si bien sur le sol romain, qu'elle finit par avoir un législateur et un historien.

L'historien de cette médecine, c* est Pline, dont nous parlerons tout à l'heure ; le législateur, c'est le farouche Caton, cet esprit étroit et routinier, Romain du vieux parti, ennemi acharné des Grecs, et qui aurait tant applaudi à ce vers célèbre :

Quidquid id est, timeo Danaos et dooa ferentes (2).

(!) Uor.^Epod. XVII, 26.

(2) Virç., jEn., II, 49.

Page 1