SIXIÈME ÉPOQUE
Après Galion, la période active, la période constitutive de la médecine touche à sa fin; encore quelques efforts isolés (2) , et la période conservatrice commence, mais savamment, par Oribase,
(1) Arélcc, en cela peu nu'thodisto, mêle beaucoup d'iiidications anatomiqui^s à ses descriptions des maladies ; c'est aussi daus ses écrits qu'on retrouve, pour U première foi»» peut-être, après llippocrate, une bonne esquisse de la lièvre pseudocontinue. On doit signaler encore l'emploi des vésicatoires.
(2) C'est alors que nous rencontrons, parmi les auteui*s ori^'inaux, les noms d*Ant\llus, de Possidonius, de Pliilagrius. — Antyllus était médecin et chirurgien; Oribase, Aélius, Paul et Hhaiecs nous ont conservé un grand nombre de fragment*
ORIBASB. — AÊTinS. ^ PAUL. 2&<
le médecin et Fami de Tempereur Julien, maître et modèle des compilateurs.
Oribase a laissé trois ouvrages : un traité de médecine domestique adressé au philosophe Eunape (Euporistes)^ c'est le premier en date ; une vaste encyclopédie en soixante-douze livres (Collection médicale ou Synagoguef^j comprenant toutes les branches des sciences médicales, et composée avec des extraits à peu près textuels, d'abord deGalien, puis de tous les grands écrivains de l'antiquité depuis Hippocrate et Ctésias jusqu'aux contemporains d'Oribase lui-même. Il est à jamais déplorable que les deux tiers environ de cette Collection médicale aient succombé sous les injures du temps, car nous avons perdu à la fois les ouvrages qu'elle a contribué à faire disparaître et les fragments qu'elle nous en avait conservés. Le troisième ouvrage a pour titre : Synopsis; c'est un abrégé du précédent, dédié par Oribase à son filsEustathe. — Dans les trois ouvrages, la main de l'auteur ne parait que pour les préfaces ou préambules ; partout ailleurs il coupe et ajuste (1).
Les Tétrabibles d'Aétius (milieu du vr siècle) suppléent aux livres perdus de la Collection médicale d'Oribase, car ils sont tirés pour la plus grande partie, soit de cette Collection, soit des autres livres d'Oribase, soit enfin, à ce qu'il semble, directement des ouvrages que le médecin de Julien avait eus lui-même
de ses écrits relatifs à Thygiène thérapeutique (où l'en surprend des traces mani- Testes de méthodisme)^ au manuel opératoire de la saignée, aux abccs^ aux tumeurs, aux fistules, aux résections dans la continuité ou la contiguïté, aux varices, aux anévrysmes, à la réparation des pertes de substance, aux maladies des yeux, des reins et de la vessie, aux bydatides^ etc. — C'est aux mêmes sources qu'on peut puiser le peu de renseignements qui nous restent sur Pbilagrius. Oribase a extrait de lui ce qui regarde les boissons médicamenteuses. On voit^ d'après Rhazès^ qu'il avait écrit sur la phthisie^ le diabète, 1& goutte, la pierre, la surdité, qu'il attribuait ù une lésion du nerf, quand rien de local n'expliquait cette affection. De Possidonius on possède encore moins de fragments ; comme ils .se rapportent tous à la médecine pratique (partie perdue d'Oribase), c'est surtout Aétius qui nous les fournit.
(i) Dans notre édition d'Oribase (tomes I-V), M. Bussemaker et moi avons réuni, autant qu'il était en nous, les secours nécessaires pour la compréhension du texte, et pour fournir aux lecteurs des moyens prompts et faciles de retrouver tous les passages extraits de Galien.
1A2 ÉTAT M LA MCDICniB A9WÈS GALIEEf.
à sa dispomtion. Dans Aéinis les extraits sont plas coorfs et rédigés; cependant on voit, en consultant les très-anciens manuscrits des TétraUblêSj qu'Aétias n'a pas tout i (ait effacé les traces dn style des auteurs ; ee sont les copistes delà Renaissance qui ont eOy comme cela est arrivé si fréquemment, la malheureuse idée d'affaiblir toutes ces teintes originales; j'en ai acquis la certitude par de nombreuses confrontations de manuscrits à Paris et à l'étranger. On doit remarquer encore que dans cette compilation plusieurs écrivains sont parfois mis i contribution pour un seul ebapitre, ce qui n'a pas lieu cbez Oribase, et de plus que l'indication des sources manque souvent.
Le Manuel de Paul (vers 600) est un autre abrégé plus court, plus sec encore, sans originalité, quoi qu'on en dise, et également tiré, pour la majeure partie, des livres d'Oribase. D'abrégés en abrégés, nous arrivons aux livres décharnés de Tbéopbanes Nonnus et de Léon, dont M. Ermerins a publié une Synopsis médicale j et qui avait également écrit un abrégé de VAnaiomie de Btélétius, abrégé que j'ai fait copier dans un manuscrit de FEscurial où personne n'en avait soupçonné Texislence ( I ).
En ces temps de misère et de bouleversement, on court au plus pressé, et Ton tiche de donner sous le plus petit volume possible, et dans la forme la plus accessible, les notions suffisantes pour conduire à la connaissance des maladies et pour en assurer le traitement. Nulle part cependant les études ne sont interrompues complètement ; les routes qui nous conduisent de l'ancien monde au nouveau sont difficiles à suivre et semées de ruines ; ces ruines da moins ne sont ni si complètes, ni si profondément enfoncées dans le sol qu'on ne puisse çà et là les reconnaître comme les débris des monuments du génie médical antique.
Entre l'époque ou Galien achevait sa brillante carrière, et celle où s'évanouissent les dernières traces de la médecine active, c'est-
(1) Da» mes Notices et extraits des manuscrits médicaux (Paris, 1853], on trouTera d'asseï Dombrem rensei^ements sur les oorrages anonvines ou signés 4eB médecins bfianlms. — Voyw wmi, pour plnsieurs textes, Ideler, Phytia et mtedid graeci mimores (Berlin, 18Ai-18A2, in-8), et Ermerins, Anecdota medica graeca (Leyde, 1840, in-8). Ces! là que le trouTe Léon.
DES DIVEBS CBHTIIES DINSTBUCTIOII MftlXGALE. thZ
i-dire vers la fin du v* siècle, il reste trois centres d'inslructioB médicale : Rome, Alexandrie, Athènes. — Rome, parce que les maîtres du monde y dominaient encore et que chacun y venait chercher fortune (1); — Alexandrie et Athènes, en souvenir de leur antique splendeur; Alexandrie surtout, car, suivant Ammien Ifarcellin, cette ville était si renommée pour ses écoles médicales^ que venir d'Alexandrie tenait presque lieu de savoir, d'expérience, nous dirions aujourd'hui de diplôme. Plus tard, quand l'empire se divise entre Rome et Byiance, les médecins, les^savants, les hommes de lettres retournent en grand nombre à la mère patrie et semblent chercher, sous la protection des nouveaux Césars, un refuge contre les calamités qui assiégeaient la vieille capitale. De divers points de l'Asie Mineure on voit surgir aussi quelques médecins, mais leur renommée est à peine arrivée jusqu'à nous.
Trois influences se partagent inégalement la médecine grecque après la mort de Galien jusqu'à la chute de l'empire romain :
L'influence classique, représentée, soit par Galien lui-même, soit par les auteurs hétérodoxes.
L'influence du néo-platonisme, qui se fait surtout sentira Alexandrie.
Enfin, quoique alors très-limitée, l'influence du christianisme, qui commence à avoir pleine conscience de lui-même. On sait que la résistance des savants au christianisme fut, comme
(i) C'est précisément à Rome^ d'où l'art d'Hippocrate se serait va si longtemps eiclu^ que la médecine civile ou militaire a été enlacée dans des formules admi» BistratiTes un peu gênantes, il est Yrai, pour les médecins, mais salutaires pour les armées, les flottes (voy. un bon mémoire de M. Briau^ Service de santé militaire chez i€$ Romains, iS66,in-8) et les populations urbaines dans les Jours de ténèbres et de sang. — Les médecins publics ont reçu, dès la dictature de César, des privilèges qui le^ ont assimilés aux professeurs de belles-lettres et aux classes les plus élevées des citoyens. Les grandes viUes avaient sept médecins publics, quatre sophistes, quatre grammairiens; dans les petites villes, il y avait cinq médecins, trois sophistes, trois grammairiens.— L'enseignement n'échappait pas non plus à la réglementation, et ley écoles impériales ont, comme on sait, donné la main aux écoles palatines, qui ellesmêmes conduisent aux universités. Nous avons étudié en détail ces questions d*ar* ehéologie médicale qui sont fort intéressantes, mais qui n'ont peut-être pas ai^ourd'hui toute la nouveauté qu'on prétend leur g<:corder*
JIA tïÈj DE iA VÉDCCCCE ARES GAUDL
celle des paysans {Pagani) , longue et TÎgooreose : elle éoit es* trelenae par qaelqaes emperears philosophes, chez ipii k enlle des anciens dieax n'était guère qu'on rationalisme nui dé^uÊê. Aassi la médecine grecque comme la médecine latine outres consenré longtemps, plus longtemps même qu'on n'est en droit cle le supposer, la livrée du paganisme d). L'Église a rendu de grands services à la médecine par la protection qu'elle accordait aux éludes (2 , mais en même temps elle a retardé les progrés de notre science en consacrant les erreurs de la physiologie pour les faire servir à la démonstration des thèses de h théologie ou de la casuistique. Dans l'antiquité, la médecine scientifique est indépendante des idées religieuses, tandis que de très-bonne heure la théologie chrétienne, en montant sur le trône, a pris des habitudes de commandement et a prétendu régenter même la médecine, si bien que, de nus jours encore, les doctrines médicales passent malheureusement auprès de beaucoup de médecins pour inséparables des dogmes de la religion.
De Galien à Oribase, qui est le point de jonction entre la médecine active et la médecine conservatrice, nous ayons conduit notre histoire par deux lignes parallèles :
i" La médecine à Borne ^ où les Grecs conservent encore h prééminence (voy. p. 2A0, note 2), mais où les Latins cependant continuent à s'essayer, et, pour ainsi dire, à se mettre en mesure de recevoir et de transmettre le fonds traditionnel. Le nom le moins ignoré est celui du médecin-poëte Serenus Samonicus (S), qui nous a laissé, au commencement du m* siècle (sous Cara-
(1) Entre autres preaires, je rappellerai les prières médicales païennes qu'on trouTe dans plusieurs manuscrits de médecine (en particulier d'Apuleius Piatamieus on Barbarus) des ix* et x* siècles, et que j'ai lues devant tous; j'ai même pu mettre ions Tos yeux, soit des miniatures, soit des dessins plus ^ossiers où sont repréaea* tées des scènes d'incantation. Et^ chose curieuse, une de ces prières païennes a été christianisée dans les manuscrits récenls et dans les éditions d'Apuleius.
(2) Nous avons si^^nalé un médecin chrétien du nom d'Alexandre, et désigné sur ton tombeau par l'épithète de pneumatique. Mais on doute encore s*il faut interpréter ce mot au sens chrétien (un homme spiritue!) c»u au sens médical : appartenant à la secte d'Athénée.
(3) Une étude des manuscrits assex nombreux de cet auteur m'a prouvé qn'uns nouvelle édition serait tout à fait opportune.
MÉDECINE EN ORIENT ET EN OGCaOBNT. 2AS
calla, vers 212), en assez bons vers, un traité de médecine {thé^ rapeutiqué) populaire (a capiie ad calcem)^ tiré en partie de Pline, et dont la lecture n'est pas sans intérêt, surtout à cause du soin que prend Fauteur de distinguer la médecine des pauvres de celle des riches, distinction que nous retrouverons très-.souvent recommandée dans la suite de notre histoire.
2^ La médecine à Alexandrie y en Asie Mineure et dans la Grèce ; mais là, comme il a été dit, nous n'avons rencontré que des documents épars et tout à fait insuffisants.
Entre Oribase et la médecine néo-latine, les renseignements sont un peu plus abondants, surtout pour l'Occident.
On pourrait espérer qu'en Orient, grâce, je ne dirai pas à l'influence, mais à la seule présence des empereurs à Byzance après Constantin, une sorte de résurrection va se produire; mais, bientôt envahie par la sophistique grecque ou délaissée pour les disputes théologiques, la médecine finit par de misérables compilations ou de maigres abrégés (1). Parfois même il arrive (métamorphoses singulières!) que des ouvrages empruntés aux Grecs par les Arabes sont de nouveau traduits de l'arabe en grec.
A considérer les choses superficiellement, il semble que tout devait se passer en Occident comme en Orient, car chez les Latins et chez les Barbares qui se sont convertis du même coup au christianisme et à la civilisation, nous avons trouvé, comme chez les Byzantins, des compilations, des sommes, des abrégés, des
(1) Dans la Médecine, histoire et doctrines, indiquant, à propos de Paul d'Égine, les causes de la perte des livres dans l'antiquité, j'ai particulièrement insisté sur Im pernicieuse influence que les encyclopédies, les compilations, les fleurs, les abrégés, ont eue sur la disparition des ouvrages originaux du second ordre. — Parmi les der« niers auteurs byzantins^ Actuarius est celui qui écrit le plus correctement^ qui compile ou abrège avec le plus de méthode et s'approprie le mieux le bien d'autrui. — Ce n*est pas seulement ù la médecine humaine, mais à la médecine des animaux que les encyclopédies et les compilations ont été fatales; la Collection vétérinaire (dans le genre de celle d'Oribase) commandée par Léon Porpbyrogenète au commencement du X* siècle, a sauvé de nombreux fragments^ mais elle a probablement fait oublier et perdre en môme temps plusieurs traités ex professo. Cette collection n'était connue jusqu'ici que par les très-mauvais et très-incomplets manuscrits qui ont servi à l'édition de Ruelle. M. Miller en a publié de précieux débris, d*aprèt on manuscrit de Paris^ et moi-même j'en ai découvert et fait copier de non moins importants dans deux anciens manuscrits, l'un de Cambridge, Tautre deXondres.
nS Èîkt M Là MtDtCmE àPHÈB 6AUE1I.
recueils de formules, et de plus des traductions en grand nombre; de sorte que les procédés d'instruction et les moyens d'étude sont à peu près les mêmes des deux côtés ; mais en Occident il y a plus de puissance de travail, un ensemble d'efforts plus considérables, une conservation pflus originale, une préparation plus efficace, plus soutenue, à la rénovation des sciences. En Orient^ le cône va en s'effilant; en Occident, le cône va en s*élargissant. En Orient, il n*y a plus que des tentatives isolées, il n'existe point d'écoles sérieuses ; — en Occident, de tous côtés on voit se former des centres d'instruction et surgir des écoles d'abord païennes puis chrétiennes, qui entretiennent le feu sacré. En Orient, les invasions brisent tous les ressorts ; en Occidenti elles les retrempent.
L'imprimerie a conservé quelques-uns des auteurs latins qtri ottt écrit sur la médecine vers la fin du iv* siècle et au v*, et qui sont les véritables intermédiaires entre les Grecs et les Néo-Latins. Ce sont : Theodorils Priscianus, que quelques manuscrits appela \eTïiOct^,n\ïs)lomhn\is (Traité de pathologie et de thérapeutiqtw ett quatre livres) ; Âpuleius {Médicaments tirés des herbes)^ auteur païen que les manuscrits récents ont christianisé; SextusPlacitus Papyriensis {Médicaments tirés des animaux) ; Plinius Valerianus ou Plinius Secundus [ouvrage analogue à celui de Theodorus Priscianus); enfin, Marcellus(de Bordeaux), ou Marcellus l'empirique (1) : cinq auteurs dont les deux derniers ne doivent pas être considérés comme médecins, mais comme de simples philia-^ très (amateurs de médecine). Leurs ouvrages, à l'exception de quelques descriptions de maladies dans Theodorus et Plinius, ne contiennent guère que des recettes médicales et des formules superstitieuses prises de tous côtés. Ce sont ces écrits qui ont, avec ceux de Pline, donné le ton à la plupart des réceptaires
(i) J'ai retrouvé et coUationné de nouveau le très-ancieir manuscrit (z* siàde) sur lequel a été faite Téditiou princeps à Bàle, en 1536, in-f», manuscrit dont personne n'a jamais parié. Ce manuscrit, corrii^é et souvent trop rajeuni par le célèbre GornariuS; a servi de copie aux imprimeurs. La nouvelle collation que j'en ai faite n'est pas sans importance pour les Fonnules magiques sur lesquelles Grimm et Pictct out disserté avec tant d'érudition. — Gomarius a remarqué^ mais sans préciser, que Marcellus, dans sa coiapiUtiou, abeatconi^ enaprunté àScriboniusLargus
«ÉDBcnw hkTWS» un
du moyen âge. Les chrétiens n'ont fait que traaiformer &
leur usage, et en raison de leurs croyances, les prières ou las superstitions païennes en superstitions et en prières chrétiennes i Apuleius en est une des preuves les plus frappantes et le3 pl«s curieuses.
Loin de mériter le mépris qu'on affecte envers eux, ces cinq auteurs offrent au contraire plusieurs genres d'intérêt D'abord ils servent à caractériser l'état d'une partie de la médecine latine, de la médecine populaire, durant deux siècles environ; héritieni des Varron et des Pline, précurseurs des médecins néo-latins autant par le langage que par la nature des écrits, ils forment un des chaînons de la tradition, et contiennent quelques parcelles de l'antiquité que nous n'aurions pas sans eux. De plus, ils doivent être étudiés, soit pour les détails qu'on y trouve sur les mœurs et habitudes médicales du temps, soit pour l'histoire de certaines maladies (1 j. Enfin on y remarque des traces nombreuses et non équivoques de la persistance de la doctrine méthodique, point capital dans l'histoire générale de la médecine.
Ce qui rend l'étude de ces auteurs difficile, ce n'est pas tant la barbarie du langage, dont on triomphe toujours pour peu qu'on vive dans leur intimité, mais c'est l'ignorance des sources où ils ont puisé ; c'est Tincertitude sur la question d'authentidté de tout ou partie des écrits, et même sur la réalité dn nom mis en tête des ouvrages (2). Cette difficulté commence déjà pour Tan*
(1) Nous trouvons dans Plinius Yalerianus une curieuse mealion de la petite vcroIC; sous le nom de pustellae volaticae ; or^ nous savons par des témoignages plus oxplicilos, entre autres par un Liber therapeuticus que j'ai découvert à Londres, et par la Vie de saint Léger (650), publiée par le cardinal Pitra, que ctis piistnllac sont la petite vérole, appelée en Gaule van'olae^ d'après Tauteur de la Vie
de saint Léger. Le£i6^r therapeuticus du ix* siècle dit: a Papulae quas vocant
volaticas, alii variolas, eo quod de homine in hominem transeunt. » Grégoire de Tours (milieu du vi* siècle) donne une description de ces pustulae.
(2) D'après des documents nouveaux tirés des manuscrits^ nous avons tâché de résoudre ensemble ces diverses quesHbns. — J'ai copié plusieurs manuscrits de Sextus Placitus^ meilleurs et plus complets que ceux qui ont servi aux éditions. •— F<iur Apuleius, les très-anciens manuscrits que j'ai copiés ou coUationnés dans diverses bibliothèques (matériaux que j'ai remis en partie à Teu Herfs de HoUande)
368 CONSlDÉBAtlOlfS 6ËNÊBALES
Uquité, elle est de tous les instants durant le moyen âge. Avec la médecine néo-latine, les procédés de l'histoire changent forcément : il ne s'agit plus de savoir ce qu'a fait un auteur et quel progrés lui doit la médecine, mais presque uniquement de reconnaître quel autre auteur il a traduit, ou copié, ou abrégé; la science ne vit plus que d'emprunts, c'est le passé qui alimente le présent. Sans cette constante préoccupation, il n'y a nul moyen d'apprécier les hommes, les époques, de juger de la suite des idées, de la nature des efforts et des résultats positifs.
La Grèce reparait un instant en Italie et non sans éclat; en effet, nous y avons rencontré, et nous lui avons donné une place d'honneur, V iatrosophiste Alexandre de Tralles, qui exerçait à Rome au temps de Justinien, surtout parmi les grands de la terre. Médecin indépendant, il ne jure ni par Hippocrate, quoiqu'il en vante les pratiques, ni par Galien, quoiqu^il en suive volontiers les doctrines, et se montre peu favorable à la secte méthodique ; souvent il parle au nom de sa propre expérience. Apprécié par les Néo-Latins, cet auteur a été traduit avant le ix"" siècle, car nous avons à la Bibliothèque impériale un manuscrit de cette date.
Pendant que la vieille gloire médicale de la Grèce s'éteignait à son foyer même, et que, d'un autre côté, l'Occident, plus jaloux d'un héritage aussi précieux, travaillait de son mieux à le défendre contre toutes les causes de destruction, un autre foyer s'allumait dans l'antique Orient, soit par l'influence du christianisme ou des sectes hétérodoxes, soit par la propagation des doctrines
ont iransrormé le texte de cet auteur et m'out fourni toutes les formules d'incantations que je signalais tout à l'heure et dont un spécimen a été publié par Schneider en 1839, d'après un manuscrit de Breslau. — Dans un manuscrit de la Barberine a Rome, j*ai copié de nombreuses additions et relevé des Tariantes pour le texte de Theodorus Prisciaims et de Plinius. — Enfin, et c'est là un des fruits les plus inespérés de mes recherches, j'ai eu la bonne fortune de trouver, après le cardinal Mai, de vénérable mémoire, le traité complet de Garpilius Martialis, Sur les plantes et leurs xisageSydiOni il n'avait rencontré que quelques fragments. Gargilius Martialis, recommandé par Cassiodore, vivait vraisemblablement au iii« siècle. La découverte de son ouvrage m'a permis de reconnaître que plusieurs auteurs du iv* et du v« siècle Tavaient pillé, mais, comme presque toujours, sans le nommer.