‹ Histoire des sciences médicales v. 2Chapitre 90 sur 130 · SYPHILIS · texte numérisé non relu

SYPHILIS

des siècles précédents, et les faits innombrables qui, dès les premières années du xyi'' siècle, sont enfin mis au compte d'une contagion directe, et sur lesquels la forme épidémique n'avait presque plus de prise. Cela est si vrai, que de graves auteurs ont pensé que les premières descriptions qu'on rapporte à la syphilis ne s'y rapportaient réellement pas, ce qui est une grosse erreur commise par défaut 'de critique historique. D'un autre côté, plusieurs écrivains contemporains fort sérieux donnent sur la marche de la syphilis des renseignements qui ne permettent absolument pas ni de la croire née, pour ainsi dire, du sol vers l/il)3 ou même avant, suivant quelques-uns, ni de la faire venir d'Amérique. La chronologie et le silence absolu de ces mêmes auteurs contemporains s'opposent énergiquement à cette dernière supposition, mise en avant pour la première fois par Oviedo, écrivain suspect de partialité contre les Indiens, ainsi que l'ont établi Tauteur anonyme de La America vitidicada de la calumnia de haber sido madré del mal venereo (Madrid, 1785, in-â**), et Ilcusler, dans Geschichte der Lustseuche (Altona et Hamb., 1783- 1 780). De plus, les déclarations formelles, après sérieuse enquête, de deux célèbres historiens américains, Prescott et Irving (1),

épcuiiie. C'est lii un point de vue que j'ai sig^nalé aux historien:), dès l'année 1845^ dans les Annales des maladies de la fteau et de la syphilii. ^- Surtout n'oublions pas que, dans les premières descriptions de la fin du xv^ siècle,, les causes détcrniinautcs de la syphilis sont, comme dans presque toutes les observations antérieures, cherchées partout ailleurs que dans la contagion directe. Enfin, ce n'est pas seuieuiL'iit que la syphilis qui se prête à de telles considérations; le diagnostic rétrospectif de presque toutes les autres maladies, des plus simples comme des plus compliquées, est aussi dirflcile, et à ce titre, presque toutes les maladies pourraient être réputées nouvelles; nous l'avons prouvé aussi bien pour l'antiquitii ({ue pour le moyen âge.

(l) Les résultats de cette enquête ont été consignés dansTf/tV/otre de Christophe iolomh et dans V Histoire de Ferdinand et d'Isabelle, surtout, dans une communication spéciale que le Sew-York Journal of Medicine a publiée en mars 184A. U m'a été impossible de mo procurer ce journal en France, ni d'acheter le numéro en Amérique, ni de le Taire venir d'Angleterre; j'ai pu du moins obtenir d*abord et en même temps un extrait, par M. Norris, de Philadelphie, et par M. le do€teur Milroy, de Londres, enfin une copie intégrale et fidèle, par Tentremisc de M. (i'Al)zac, attaché uu consulat général de New- York, et de M. le docteur Goul- <ieii. Je prie ces messieurs d'agréer mes remercinients. — Kécemment Gaskoin,

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