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CHAPITRE VII

DE L'àSTROLOGIE APPLIQUÉE A LA DIVINATION

Le magnifique spectacle qu’offre un ciel étincelant d’étoiles a dû, de toute antiquité, attirer l’admiration des hommes. A la suite de l’admiration vint l’observation sur le cours des astres, sur le lever et le coucher des étoiles ; de là prit naissance l’astronomie, cette science aussi vaste que sublime, qui agrandit l’intelligence humaine et donne une idée de l’infini. Les premiers observateurs du cours des astres furent, dit-on, des bergers, des pêcheurs de l’Inde et de la Chaldée; de cette dernière contrée l’astronomie passa en Égypte et fut tout spécialement cultivée par les prêtres de Sais, de Thèbes et de Memphis.

Avant d’aller plus loin, il est bon de faire observer que le mot astrologie désignait, dans le principe, l’élude élémentaire de la mécanique céleste ; mais, lorsque des imaginations enthousiastes eurent appliqué cette science à la divination, les hommes sérieux lui donnèrent le nom d’astronomie. De ce moment

l’astrologie ne fut qu’un art chimérique, dont l’objet était de connaître l’avenir par l’inspection des astres, par leur position, leur aspect, leurs influences ; il ne servit désormais qu’à faire des dupes et à plonger le peuple dans l’ornière de la superstition.

Les Chaldéens se rendirent si célèbres dans cet art, que les noms d’astrologues et de chaldéens étaient synonymes. Les Egyptiens et les Grecs pratiquèrent également l’astrologie, à laquelle ils ajoutèrent l’épithète judiciaire, pour la distinguer de l’astrologie primitive.

Les mouvements des astres, assujettis à une merveilleuse régularité, leur influence sensible sur certains phénomènes de la nature, firent croire que l’homme était soumis à l'influence sidérale et qu’on pouvait, à force de recherches, découvrir les lois astrologiques qui présidaient à sa destinée. L’imagination s’exerça sur ce thème et enfanta des théories plus ou moins ingénieuses, plus ou moins absurdes. Voici, en résumé, les bases sur lesquelles l’astrologie se trou- V vait assise :

D’après les observations des plus célèbres astrologues, il existe une correspondance intime entre les astres, la constitution et la durée de l’existence des mortels.

Les planètes, au nombre de sept, et les divinités ou signes du Zodiaque, au nombre de douze, président aux naissances et inculquent, au cœur des individus,

des qualités analogues à leurs influences spéciales.

Chaque planète a son domicile favori dans une des douze maisons du Zodiaque ; et dans chacune de ces maisons s’élabore le bien et le mal, le beau et le laid, la joie et la tristesse, la fortune et les revers, etc. , etc.

Le Soleil est bienfaisant et favorable. — Saturne est froid, triste et morose. — Jupiter a des influences bénignes. — Mars est sec, ardent, plein de vigueur. — Vénus a la fécondité, la douceur en partage. — Mercure est inconstant, très-variable. — La Lune est froide,, humide et mélancolique.

Les individus nés sous le signe du Bélier seront riches en toison et auront le regard effronté.

Les individus nés sous le signe du Taureau auront l'humeur farouche, l’instinct des querelles et toutes les inclinations des hôtes à cornes.

Les naissances sous le signe du Lion développent des appétits voraces, de la fierté dans le caractère. TTf Lorsque le Lion conspire avec la planète Mars , l’individu qui naît en ce moment deviendra un héros ou un brigand.

Les naissances sous le signe de la Vierge donnent des petits-maîtres, des coquettes, des poltrons.

Le signe dp la Balance fournit des marchands, des agioteurs, des brocanteurs.

Le signe du Capricorne , des parjures, des adultères, des époux malheureux.

Les conjonctions de Mars et de Vénus , de Jupi-

ter et de Vénus, sont des plus heureuses pour les enfants.

La conjonction de Saturne et de Mars est, au contraire, des plus malheureuses.

Le poëte Manilius, dans son ouvrage sur l’astronomie, nous prévient que si nous donnons le jour à un fils quand le soleil est dans le signe du Verseau, ce fils se passionnera pour les ruisseaux, les fontaines, les jets d’eau. — S’il naît sous le signe des Poissons , il aimera la pêche, les jeux nautiques, et son instinct le dirigera incessamment vers les fleuves ou les mers.

Il y a des planètes amies et des planètes ennemies : Vénus, par exemple, est amie de Mars et ennemie jurée de Saturne. Néanmoins, les astres ennemis peuvent se réconcilier suivant certains aspects ; comme aussi, les astres amis peuvent se brouiller entre eux.

Les aspects planétaires sont au nombre de six :

La conjonction , quand deux planètes se trouvent réunies dans le même signe.

L'opposition, quand elles se trouvent aux deux points opposés.

Le trine, lorsqu’elles sont séparées d'un tiers de cercle.

Le quadrat indique la séparation d’un quart.

Le sextile, séparation d’un sixième.

Et enfin, Yantisce, lorsque deux astres sont sur

deux points parallèles également éloignés de l’équinoxe.

L 'opposition et Yantisce sont toujours de sinistre augure. — Le quadrat est moins fâcheux ; cependant il ne faut pas s’y fier. — Le trine est toujours bon. — Le sextile est assez bon, mais il est loin de valoir le trine.

Que penser de ce galimatias?... Croyez-vous que là se borne le savoir de l’astrologue ? eh î mon Dieu, non. Ce Zodiaque et ses douze maisons, dont nous avons parlé, lui fournissent encore les moyens d’exercer son imagination. Ainsi, la première maison est le laboratoire de la vie et de l’organisation des êtres animés. C’est là que s'élaborent les noirs et les blancs, les géants et les nains, les hommes d’esprit et les sots, etc., etc.

Le seconde est destinée aux intérêts sociaux, aux biens acquis, aux héritages, aux affaires contentieuses, etc...

La troisième, aux relations de famille, aux frères et sœurs, aux oncles, tantes, cousins et cousines.

La quatrième, aux testaments, aux biens immeubles.

La cinquième, aux plaisirs, à la joie, aux jeux enfantins

La sixième, aux valets et femmes de chambre, aux individus malingres et cacochymes, aux sujets tombés en démence, c’est l’hôpital du Zodiaque.

La septième, aux jolies femmes, aux jalousies, aux haines, à l’inconstance, aux parjures.

La huitième, aux morts, aux convois funèbres, aux successions.

La neuvième, aux processions, aux voyages.

La dixième, aux dignités de l’Etat. C’est la constellation des ducs, marquis, comtes, barons, chevaliers; en un mot, de toute la noblesse, tant masculine que féminine.

La onzième, à la fortune, aux richesses matérielles et aux jouissances morales.

La douzième enfin, est l’enfer de la vie; elle ne • promet que misère, cachots, trahison, opprobre et revers.

Zoroastre fut, dit Suidas, le fondateur de l’astrologie chez les Chaldéens. — Hostanès la transmit aux Égyptiens, et ceux-ci aux Grecs. — Bérose, dont les prédictions s’accomplissaient presque toujours, usait de l’astrologie. — Diodore de Sicile- et Porphyre croyaient à l’astrologie : ils rapportent que les prêtres égyptiens avaient découvert l'influence des astres sur la génération humaine et sur tout ce qui arrivait de bon ou de mauvais pendant la vie ; d’où ils concluaient que tout ce que nous croyons dépendre de .notre volonté ou de notre détermination se trouve lié aux mouvements des astres, et que là est notre destinée.

Lycurgue et Xénophon n’entreprenaient jamais rien sans consulter les astres ; le premier défendit aux

Spartiates de livrer bataille quand la lune est à son déclin.

Auguste fit frapper une médaille en l’honneur du capricorne, signe sous l’influence duquel il était né.

Ptolémée l’astronome et Paul d’Alexandrie eurent la faiblesse de considérer l’astrologie comme une mine fécondé en résultats. Mais, ce fut plus spécialement chez les Arabes que les visions astrologiques firent fortune. L’histoire de ce peuple fourmille de faits qui prouvent son faible pour le merveilleux.

En Europe, l’astrologie eut aussi de savants interprètes; nous n’en citerons que quelques-uns : Régio- Montanus, — Bonatus de Forli, — Fuld , — Nicolas Flamel , — Albert le Grànd , — Agrippa , — Mélanchthon et Camérarius, deux célébrités de l’Allemagne, — Cardan, — Gauricus, — Junctinus,

— Ratzan, ami de Ticho-Brahé, — Michel Mayer,

— Van Helmont, — Beker, — Antoine Mézan de Montluçon, — Jean Carvin de Montauban, — le savant Argoli, — Jacques Pons, — le P. Kircher, etc. La plupart d’entre eux se livrèrent de bonne foi à l’astrologie, et composèrent de volumineux traités sur cet art chimérique. Devant ces faits historiques, que dire? que penser? Que les savants, de même que les ignorants, payent leur tribut aux préjugés de leur époque.

Pendant le moyen âge, l’astrologie devint strictement un métier. Une foule d’individus des deux

sexes, et généralement de bas étage, se mirent à prédire l’avenir à quiconque voulait les payer. La société de ces temps n’offrait qu’ astuce et fourberie d’un côté ; et, de l’autre, ignorance, crédulité, superstition. Lorsqu’on ouvre les annales de cette triste époque, on trouve un nombre très-considérable de prédictions qui, d’après les croyants, se sont accomplies ou s’accompliront infailliblement. Nous en citerons quelques-unes particulières à notre pays, qüi cependant se sont réalisées.

L’archevêque de Vienne dit au roi de France, Louis XI, au sortir de la messe, que son ennemi mortel, Charles le Téméraire, venait d’être tué à l’instant même à Granson par les Suisses. Le fait était vrai.

On prédit à Henri III, roi de France, qu’il serait assassiné : il eut beau se tenir sur ses gardes, un scélérat lui porta le coup mortel.

Les doux attentats commis sur la personne de Henri IV avaient été prédits par un gentilhomme nommé Villandry et par l’astrologue mathématicieh Rizacasa. Malheureusement lé Béarnais ne voulut point ajouter foi à cet avertissement, et le poignard de l’infâme Ravaillac priva la France du meilleur de ses rois.

Un des astrologues attachés à la personne de Catherine de Médicis prédit au duc de Biron qu’il périrait au siège d'Épernay. En effet, un boulet réalisa la prédiction.

Le frère du duc, ayant consulté le même astrologue, reçut cette réponse : — « Yous mourrez sous la hache. »

— « Que voulez- vous dire?» demanda Biron.

— « Monseigneur, si vous l'aimez mieux, vous aurez la tête tranchée. »

Biron, furieux à ces mots, tomba sur le pauvre astrologue à coups de canne et le jeta tout meurtri sur le sol ; mais cet acte de violence n’empêcha point la prédiction de s’effectuer six mois après.

Luc Gauric prédit à Jean Bentivoglio qu’il perdrait la souveraineté de Bologne. — Il annonça aussi que le roi Henri II mourrait d’une blessure à l’œil.

Un petit bossu, très-habile astrologue, prédit au jeune François-Henri de Montmorency, plus tard maréchal de Luxembourg, que ses faits d’armes le rendraient rival d’un grand prince ; que, par une étrange fatalité, il serait impliqué dans un procès et incarcéré ; mais, que plus heureux que son père, mort décapité, il se retirerait de ce mauvais pas, et, par l’éclat de ses victoires, soutiendrait sa haute réputation. * •

Nous nous occuperons, dans le chapitre suivant, des livres secrets, prophétiques , et des Centuries du fameux Nostradamus, dont l’immense réputation a traversé trois siècles pour venir jusqu’à nous, sans rien perdre de sa popularité.

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