AVANT-PROPOS
ige, était un immense travail que nous avions
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mtrepris avec le concours de plusieurs savants 'erses dans les arts et les sciences. Il s’agissait lon-seulemenl de compulser les documents hisoriqties de ces époques, d’en élaguer les puériités, les absurdités; mais il fallait, en outre, tonner la raison physique des faits merveilleux, les prodiges que pouvaient opérer les magiciens t les thaumaturges. Nous avions péniblement éuni une foule de matériaux pour édifier ce ;rand ouvrage, lorsqu’une cruelle maladie est enue interrompre nos recherches; dans la crainte de ne pouvoir achever la tâche commencée, nous publions un travail très-incomplet sans loute, mais qui, néanmoins, donnera au lecteur me idée de ce qu’étaient les sciences occultes
aux époques d’ignorance et de barbarie. Dans le présent ouvrage, de môme que dans celui des Mystères du magnétisme , nous nous sommes appliqué à captiver l’intérêt du lecteur par une série de curieux détails, de descriptions animées et de situations dramatiques. A ceux qui nous reprocheront d’avoir traité légèrement une question sérieuse, nous opposerons la raison donnée plus haut et répondrons que les livres trop sérieux ne sont lus que d’un très-petit nombre ; tandis que nous, qui n’avons point la prétention d’obtenir le suffrage des savants, notre but est d’éclairer les gens du monde, les femmes surtout, et de saper, de détruire dans leur esprit, la crédulité, la superstition, sources de tant de malheurs. Pour être lu, il est absolument nécessaire d’intéresser le lecteur ; c’est le but que nous nous sommes efforcé d’atteindre dans cet ouvrage.
De tous temps et chez tous les peuples, le merveilleux fut un sujet de curiosité, de crainte et de vénération. Par merveilleux, nous entendons les phénomènes naturels dont la cause reste cachée au vulgaire ; phénomènes plus ou moins frappants que beaucoup d’individus considèrent comme des manifestations surnaturelles.
Dans l’enfance des sociétés, quelques individus, plus intelligents, plus observateurs que les autres, étant parvenus à découvrir certaines lois astronomiques, quelques secrets de physique ou de chimie, voulurent passer aux yeux de leurs semblables pour des êtres privilégiés communiquant avec la divinité. 11 ne leur fut pas difficile d’user de leurs découvertes pour s’attirer l’admiration et inspirer le respect à des hommes ignorants et superstitieux. Tels furent les principaux législateurs et conquérants de l’antiquité, Yich-
nou, Brahma, Moïse, Minos et autres grands hommes qui donnèrent des lois à leur pays.
La raison pure ne saurait être comprise des masses ; il faut au peuple du merveilleux, des prodiges, des phénomènes qui l’émeuvent, l’étonnent, le saisissent et l’effrayent. C’est pourquoi les ambitieux intelligents exploitèrent la crédulité publique comme une mine féconde, inépuisable de richesses, d’honneurs et de vénération pour eux et leurs affidés.
Pour l’homme éclairé tout est merveille dans les opérations de la nature ; mais rien n’est surnaturel. S’il est témoin d’un phénomène extraordinaire, loin d’en être effrayé, il en recherche la cause, et s’il ne peut la découvrir, il attend qu’une intelligence plus avancée que la sienne en trouve la raison. C’est ainsi que le flambeau des sciences, alimenté parle feu du génie humain, a, peu à peu, dissipé les épaisses ténèbres du moyen âge.
D’après les plus anciens documents historiques, l’Inde fut le berceau des premiers thaumaturges ou physiciens de ces lointaines époques. De là, cette science à son début, passa chez les Égyptiens où elle ût de très-rapides progrès. Ce fut encore la classe sacerdotale qui s’en empara
et la tint cachée dans le sanctuaire des temples, avec menace de mort contre quiconque oserait la communiquer aux profanes (1). Accaparées ,par la race théocratique., les sciences occultes devinrent bientôt une puissance devant laquelle les Pharaons eux-mêmes durent s’incliner. Les fameux mystères d’Isis et les initiations pratiquées dans les. temples des grandes villes égyptiennes, imposèrent un profond respect , aux profanes; les castes populaires courbèrent servilement la tète sous la verge de fer de là caste privilégiée ou théocratique.
Non-seulement la peine de mort.était lancée contre celui qui aurait eu .la témérité. de divulguer les mystères; mais .le conseil des hiérophantes avait décidé que les secrets au moyen desquels on étonnait, ou effrayait les initiés, ne seraient conservés ni ,par l’écriture vulgaire, ni par les caractères hiéroglyphiques; des signes particuliers, connus d’eux seuls, avaient été inventés pour en conserver la tradition.
Les secrets dont se composaient les sciences
(t) Le lecteur trouvera dans le curieux ouvrage intitulé : Ut Huits Corinthiennes, la description exacte de tout ce qui se passait dans les Thesmophories ou Mystères d’Éleusis. Ce document, d’après Aristophane de Byzance, est des plus intéressants à lire.
occultes de ces temps, dérivaient de la physique, de la chimie et de l’astronomie. La découverte en était due, soit au hasard, soit aux recherches des savants de cette époque. La caste sacerdotale attirait à elle tous les hommes remarquables par leur génie, leurs capacités, et les initiait avec empressement à ses mystères. Chaque fois qu’un secret découvert offrait le merveilleux qui éblouit le vulgaire, cette caste s’en emparait et s’en servait au besoin. Ce fut au moyen de ces secrets, habilement exploités, qu’elle dut son empire sur les autres castes, sa position privilégiée et ses immenses richesses. Mais, parmi ces secrets, s’il s’en trouvait quelques-uns d’utiles à la -politique, aux sciences et aux arts, on en rencontrait une foule d’autres d’une puérilité naïve ou qui n’étaient que le résultat de la superstition la plus profonde ; c’est ce que nous aurons occasion de démontrer dans le courant de cet ouvrage.