‹ Histoire des sciences v. 3Chapitre 2 sur 38 · IV. EXTRAIT DU MS. N** IO74 Dt SUPPLEMENT ARABE DE PARIS · texte numérisé non relu

IV. EXTRAIT DU MS. N** IO74 Dt SUPPLEMENT ARABE DE PARIS

M. Hondas a traduit un extrait de ce manuscrit, renfermant une série de citations d'auteurs anciens sur la pierre philosophale et sur son caractère précieux, sous des apparences viles. On y rencontre les noms de Hermès, Démocrite, Marie, dite fille da roi de Saba, Atsousabia, c'est-à-dire Théosébie, Galien, Marianos, Marqouch, c'est-àdire Marcus, ainsi que celui de Djâber. Cet extrait sera donné plus loin.

J'ai également fait examiner le ms. n® 107^ bis.

D'après une note que M. Zotenberg a bien voulu me remettre , ce manuscrit renferme un conunentaire d'Abou Abdallah Mohammed ibn Amyal Et-Temîmi sur un traité d'alchimie intitulé : Formes el fgaresj dont l'auteur est désigné par le titre de El-Hakîm (le Sage). Dans ce conunentaire, on cite les noms et les écrits d'Agathodémon, de Marqounçs (Marcus), d'Hermès, de Khàled, de Dzoun-Noûn, de Marie, d'Archelaûs» de So'crate, d'Asfidous (Asclepias?), d'Aros (Horus), de Rousem (Rosimus, c'est-à-dire Zosime?) ou Roustem. Ce coimnentaire est une pure compilation, sans doute de seconde main. Il est suivi de deu\ appendices et d'un poème de Dzoû'n- Npùn El-Misrî. Je n'ai pas cru utile de reproduire tout ou partie de ce manuscrit.

Arrivons maintenant aux ouvrages arabes qui portent le nom de Djâber ou Géber. Ils offrent une importance toute particulière pour l'histoire de la science au moyen âge. En effet, c'est au nom de Géber cjue les auteurs qui ont traité de l'histoire de la chimie ont rattaché la plupart des découvertes qu'ils attribuent aux Arabes. Mais cette attribution ne repose point sur l'étude des écrits arabes de Djâber, aucun de ces écrits n'ayant été porté jusqu'ici à la connaissance du public. On s'est fondé seulement sur les œuvres latines, dites de Géber, imprimées au xvi*^ siècle, œuvres qui ont joui de la plus grande réputation depuis le xiv^ siècle et qui ont été continuellement citées clans le monde occidental. Or l'examen approfondi de ces ouvrages et leur comparaison avec les écrits latins authentiques du xni*' siècle m'a conduit à cette conviction que tous ces prétendus ouvrages latins de Géber sont apocryphes: je veux dire qu'ils ont été composés par des auteurs latins du xiv® siècle et de la fin du xin*, qui ont jugé à propos de les mettre sous le patronage d'un nom légendaire, faisant autorité de leur temps, celui de Géber.

Dans les livres arabes qui portent le nom de Djâber, il n'est fait aucune mention des découvertes qui figurent dans ces œuvres latines, telles que l'acide nitrique, l'eau régale, l'huile de vitriol, le nitrate

crargent, et la plupart de ces dëcouveries paraii>seril même élrangère.s el poslérieures aux AraJ>e5, J'ai développe celte démonstration dans lui ùutre volume du présent ouvrage. Mais, pour donner une base solide à la discussion, il m\i paru nécessaire de Hilre traduire et de publier tous les ouvrages arabes poitani le nom de Djàber, mû sont par\enus à ma connaissance. Que ces ouvrages même aient été réellement écrits par le personnage un peu légendaiie appelé Djiiber, c'est ce que met déjà en doute Fauteur du Kiidb-at'Fikrist (voir plus loin). Si quelques-uns paraissent remonter en effet jusqu'à Djàber, d'autres ont été assurément remaniés, sinon composés, par ses disciples, et plus lard par les alcbiinlstes qui se sont raltacbés à son école. 11 est arrivé poiu les œuvres de Djàber la même cliose (pie pour les œuvres d'Aristote et de tous les grands savants et compilateurs de rantiqnité. La liste* des ouvrages de DjàluT, donnée dans le Kitâb-al-FHirist , sera traduite plus loin : elle renferme plusieurs doubles emplois et des livres qui appartiennent évidenniient à des époques postérieures, parfois même de plusieurs siècles et contemporains des croisades. D'autres, au contraire, parmi ceuv qui vont être reproduits, portent mi caractère plus ancien et fort voisin de celui des Byzantins du vïi'^ siècle, tels que Stéphamis et le Pseudo-Comarius. Faire la distinction certaine, ou probable, entre les ouvrages arabes auibentiques de Djàber et ceux dv son école serait un travail que je ne voudrais ludlement tenter, ftuite des données con\eniJjles. Mais ce qui est indubitable, c'est que ce sont là des ouvrages écrits en langue arabe, entre le ix*^ et le \if siècle, k une époque antérieure auv rapports des Latins et des Aiabes, et que les derniers s'accordaient à les niettre sous le nom de Djàber : c est là tout ce cju'il nous importe de savoir, pour procéder à leur comparaison avec les ouvrages alchimiques latins.

Les traités cpie M. Houdas a traduits et que je vais donner sont au nombre de six.

hLcmuiE. — m, 2' partie*

IMPtiattlB ll4IIO«4Ll.

TRAITES D ALCHÏMÏE ARABE.

ï. LE liVm DK LA BOÏAGTE^ COMPOSK PAR I.KCHKlfcil ABOI MOISA DJÀDER BF^ ïrATfYAX EÇ-ÇOUKY.

L*auteur débute par les forniuies iimsuliiianes : « Au nom du Dieu c^léiuenl ri luisërkordieux. « I^es opérations qu'il indic|UO sont d'une exécution prompte et fueil»*, les princes n'ainiaiit pas les opéralions eompliquées, et ce sont celles que les sages exéculenl lacilemeiil pour les princes. Il rerominande le setTel* Les anciens ont dit : «Si nous divtd^uions cette œuvre, le monde serait corronipu; car on fabriquerait Tor, l'oninie on Fabrique le verre. » 11 décrit en termes obscurs la pierre pliilosopbale ou im(un et parle de la durée de Topération, en cilant son Livre des SoirattL-dix (cbapilres) et son Livre de l'opération des sages anciens. Puis il inslsle encoi e sur le secret, sur la rapidité de Topération, sur les propriétés de Télixlr; il cite son Livre des Balances, parle de reuv qui n'atteignent pas le but et de ceux qui y sont parvenus. On opère avec la balanre du leu (voie ignée), avec la balance de l'eau (vole sècbe), ou par la condiinaison des deux. Il conclut sans sortir de ces déclaialions vagues et déclanialoires. Aucun auteur nncien n Vsl cité.

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