II. LK nt'TÎT iJVHE DB LÀ &ÎISBmCOnDE , PAK DJABER
11 énumère ses traités et leur caractère; les uns oiU la [orine allégorique, et leur sens apparent a'ollre aucune réalité. D'autres ont la forme de traités pour la guérison des malatlies, de traités astronomiques, de traités de littérature, avec sens littéral ou ligure. D'autres traitent des minéraux et diogues, qui ont troublé Tesprit des cherebeurs, les ont ruinés et les ont poussés a faire àv la lausse monnaie et a tromper les gens ricbes. Il faut maintenant écrire un ouvrage clair. li rappelle encore son Livre des Soixante-dix, celui de jyadhm, de La Royauté, de La Ma lare de tétre^ des Vingt propositions, de La Balance unique*
Puis vient la description d'un songe* L'auteur déclare qu il va dé-
lu
(lin» une voie clain^ vi reroimnaiide le secret, li ImiU prendre divs produits purs, recourir à des opérations parfaites, préparer le feu pur rt riiuile pure et en former Vimam, préparer lélixir d'or el Félixir d'argent el le conserver dans un \ase d'or, d'argent ou de cristal de roche. Il termine cet exposé vague el obscur, en disant qui! n'a rien caché.
nu LE LtVRE DES BALANCES.
L'auteur débute par l'éloge de Dieu; puis vient un p**(rl apologue sur Adam, destiné à faire l'éloge de l'îulelligenee. « Soeraie, dlt-ïl, la fait résider dans le c«eur. » 11 citr F la Ion, Aristole, Fvtbagore* Suit l'éloge de la tète el l'exposé des (oinpartimenls du cerveau, où se trouvent locaUsées l'imaginatioiu la mémoire et la pensée : c'est une première tentative de plnénologie. On lil a la suite un résumé de la !j)f]i(fae d'Aristote, etc. L'auteur renouvelle encojT une fois sa prolussion de fol de lion nmsulniaiu comme s'il apprébendail que ses connaissances sclentiliques ne parussent suspectes. Il dit fju'il va révélei' la science et il parle de ses livres : Les f min es. Le Momie mpérieur ei le Monde ififérienr, le Livre du Soleil eî de lu LtinCr le Livre de la Synthèse. Cbemin faisant, il (*ile des auteui^ grecs dont le nom est défiguré, à l'exception de !)émornte, de Serglus(PJ et d'Aristote, et il arï'i\(», par ce long détour, aux propriétés de la pierre pbdosojdiale. Après diverses tléelamations, il expose la doiiriiïe des quatre éléments et des {[uatre qualités : tout consiste dans l'équilibre des qualités et des natures. Djàber déclare, à Tappui de ces idées, qu'il a commenté le Pentateuque et étudié l'Evangile, les Psaumes et les Cantiques; puis il cite le Coran.
Celte composition incobérente se poursuit par mie série de pour- *jmi, analogues aux Problèmes d'Aristote, fnélange de crédulité puérile et de charlatanisme et se rattachant, pour la plupart, a des choses médicales. Le inénie genre de questions se retrouve dans un traité aiclumique latin, attribué à Al-Farabi (ms. 71 56, foL 1 3 1 v" et suiv.), mais avec un caractère plus général. Djàber cite en passant le
TRAITES D^AIXHIMÏE ARABE.
lahleaii magique d'Apoiloniiist^^ et il classe ses pourquoi d'après les propriétés des oialières anioiaies, végétales, minérales, en invocpianl Sorratc f t Pylhagore.
Il revient alors aux vertus que doit posséder Tadeplc et déclare ([u'il a exposé tout ce (|oi est nécessaire k IVeuvre. Puis il cite un prétendu din* astrologique de Ptolémée, sur les noms des nouveau-nés, et un calcul mystique de Stéphanus. Le secret ne doit être dévoilé qu'aux gens piurs,
Xous rencontrons ici un tableau calralislicpie, fondé sur la composition nmiiérique des noms d'une chose et qui prétend en déduin- les propriétés. L'auteur termine eu exposant, d'après les mêmes idées, la composition de la pierre (pliilosophale) animale, et celle de la pierre minérale ; nous nous rapprochons ici des théories prêtées à Djàbpr par la traduction laline qui porte le nom iïAlc/timie d^Aineenne,
Tel est ce livre hizaire, mélange d'idées cabalistiques et philosophiques, à la fois beaucoup plus précises et moins sensées que celles des autres livres attribués à DjAber. Il ne serait pas surprenant qu'il fût le plus aïK'ien et le plus anlbentique : car c'est le seul qui renferme des noms de cbiniistes et de pbilosophes grecs; et peut-être est-ce celui qui répondrait le mieux aux biogiaphies de Djàber, envisagé comme un Sal:>éen, avant vécu à Harran, et rattaché à la cnllnre syro-grecfjue*
IV, LE lIVIiE DE LÀ MISERfCORDE,
Le début est toujours le même. Djàber veut écrire un livre clair, pour le bien des chercbem^s. Après divers raisonnement.s médicaux et philosophiques, il invo(jue la nécessité des connaissances astrologitjues, en raison des inlluent^es sidérales sur les phénomènes; puis il expose le symbolisme alchimique de lame et du corps, et celui des diverses parties de fœuf philosophique. Il ajoute : « L'honnne engendre rhomxne et l'or engendre l'or; u vieil axiome grec.
'^ I>e Tyane,
L'œuvre, dil-il, est pioduile par une seule chose et par quatre : elle Test par les quatre éléments, leur qualité', les sept nie'taux : ce sont les douze facteurs de Fœuvre, Tout ceci rappelle Slëphanus^^l H doit y avoir convenance entre Tt-^nie et le corps, en «ilchiniic comme dans le règne animal, où le corps d'un homme ne peut recevoir Tâme d\ni oiseau. De même l'Ame, qui est le mercure, ne peut entrer* dans des corps tels que le ^erre, la tutie, ou le sel; mais seulement dans les métaux, etc.
L*auteur parle ensuite de IVlixir et il assimile les propi iétés des métaux a celles de la bile et du sang : ce sont encore là des idées présentées dans des termes analogues par Ste'phanus (^K
Chemin faisant, on rencontre une glose d'un disciple de Djàber, relative à rarialblissement spontané de la force de faimniit; ce rjui répond en effet à certains faits connus des pliysicîens.
Notons aussi la lliéorie du microcosme et du macrocosme, déjà relatée dans Oljmplodore W; d'après Hermès, Maïs le seul auteur cité nominativement ici est Platon,
Tout ce traité est consacré à exposer une foole de subtilités, mé* lange de chimie et de métaphysiepie, (pu rappelle les alchimistes byzantins. Mais le mode de composition en est différent de celui des autres ouvrages de Djaber et I>eaucoup plus diffus; il est mêlé de gloses, dues aux disciples du niaîtrr', que les copistes ont lait entrer dans le texte primitif.