CHAPÎTRE II
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Calvin avait enseigné que, de toute éternilé. Dieu a prédestiné les hommes, les uns au salut , les antres à la damnation éternelle , par un décret absolu indépendant de leurs œuvres. Bèze , Piscator , Zanchius , Ursin , etc. , adoptèrent cette doctrine. Ceux qui la soutenaient furent appelés Supralapsaires , on appela Sublapsaires les partisans du système que l'élection et la réprobation sont conditionnelles ou déterminées d'après la prévision divine de la persévérance des uns dans le bien , des autres dans le mal.
La doctrine de Calvin fut combattue par Arminius, né en i56o, à Oude- Water, d'abord ministre à Amsterdam, ensuite professeur de théologie à Leydé , où ses leçons étaient goûtées par un nombreux auditoire. Dans un sermon il avait dit 9 ou plutôt répété, d'après François Junius, que Dieu n'avait pas envoyé de lettre de divorce à l'Eglise de Rome.
Gomar , professeur de théologie dans la même
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ufdvéf site , s'éleva contre Arminîus , qui , étant mort en 1 607 , fat remplacé dans sa chaire par Worstîus , malgré les eflForts de Gomar pour empêcher cette nomination. Voilà donc en présence deux partis puissans et très-échauffés , Arminiens et Gromaristes. Ceux-là reprochaient à leurs adversaires de faire Dieu auteur du péché ; ceux-ci les accusaient d'affaiblir les droits de Dieu sur le edeur humain , et la puissance de la grâce. Les boutiques de barbier étaient communément les lieux où hommes / femmes, enfans réunis ^ s'escrimaient les uns contre Worstîus , les autres contre Gomar. En 16 10, les Arminiens présentèrent aux états de Hollande une requête ou remontrance d'où leur tint le nom de Remontrons , qu'ils préfèrent à celui d'Arminiens. De part et d'autre , les prédicateurs faisaient retentir les chaires de leurs déclamations , et soulevaient les esprits. Les Gomapistes, disant que Satan avait été le premier Arminien , leur reprochaient de tirer Pelage de l'enffer pour le mettre au ciel. Le magistrat prescrivit aux deux partis de se tolérer , et les états confirmèrent cette ordonnance. La dispute théologique devînt une querelle politique , et comme il arrive presque toujours dans les afihires de ce genre, le zèle religieux fut le prétexte dont se couvrit l'ambition. Le prince Maurice de Nassau persécuta les Arminiens; alors les Gomaristes ou Contre- Remontrans y étayés de son autorité, firent convoquer le synode de Dordrecht ^ commencé en
novembre 161 8, et terminé le 26 avril 161 9, auquel assistèrent des députés Calvinistes d'Angleterre , de Suisse , de Brème , de Hesse et du Palatinat \
A la tète des Arminiens figurait alors Episcopius , né en 1 583 , professeur de théologie à Leyde^ au dire duquel Dieu nous a donné peu de choses à croire, mais beaucoup à pratiquer. Il réclama pour ses coreligionnaires le droit de siéger qu synode ; on consentait à les admettre , comme accusés; mais, voulant y figurer comme juges, ils furent éconduits et condamnés. On leur lut la sentence , et on refusa de leur en donner copie. Le synode établit , comme dogme , la prédestination par décret éternel , sans prévision des mérites ; on destitua les ministres Arminiens , dont soixante- dix signèrent Tacte de cessation, vingt-deux révoquèrent ensuite leur signature , mais plus de quarante quittèrent les Remontrans. La plupart s'aggrégèrent aux Réformés. Quelquesuns se firent Catholiques, ainsi que le professeur Bertius , chassé de sa chaire pour la même cause f d'autres s'éloignèrent de toute société chrétienne. A ces trois classes, l'historien Brandt, ministre Remontrant lui-même, ajoute une quatrième, de ministres qui tombèrent dans le dérèglement des mœurs ^. On exigea des maîtres d'école et même
^ B&ytrage zur kenntniss der geschichte der synode
von Dordrecht, etc., von Mathias Graff, in-8"., Basel, 1825.
2 Histoire abrégée de la réfonnation des Pays-Bas , tra-