MAMMILLAIRES
serve à ceux qui les commettent. Iront-ils au ciel ? Saint Paul déclare formellement qu'ils en sont exclus \ Pour ressource il ne reste à ces casuistes que de créer une sub-gehenne , un soùs-enfer^ et d'y envoyer les coupables. Concina prouve jusqu'à l'évidence que ces attouchemens volontaires et sans nécessité sont des péchés mortels.
Ces cris de la foi et de la pudeu^r alarmée retentirent à Rome. Par un bref du lO août 1744 > ^®" noît XIV se hâta de proscrire la doctrine de Benci avec la dissertation qui les contenait , et tous autres ouvrages qui auraient pour objet de les soutenir. Croirait-on qu'à l'instant furent imprimés clandestinement, dans la capitale même de la chrétienté , des pamphlets pour faire l'apologie de cette doctrine lubrique? Il fut prouvé qu'un autre Jésuite , le père Faure , en était l'auteur.
Les défenseurs de Benci , gens actifs et capables de faire jouer plus d'une machine , publièrent à Venise un libelle intitulé : Rétractation solennelle du père Conoina ,• supercherie infâme , et dont autrefois on s'était déjà servi contre le cardinal Noris. Un décret du saint-ofiice condamna la prétendue rétractation , comme libelle diffamatoire* On y passe légèrement sur la doctrine des M am^ millaires , pour étaler plus à l'aise un tissu de calomnies contre Concina. Ses adversaires, persuadés qu'il démentirait cette imposture, extorquèrent à
^ Saint-Paul ad Gai. , cap. Y, v. 19 et suii^*