IV
La LUTTE CONTRE LES ROMAINS.
Y eut-il déjà alors entre Antiochos et Ptolémée un traité secret dans lequel entrait un projet de mariage, qui se réalisa plus tard, entre une de ses filles et Ptolémée, on est tenté de le croire quand on le voit agir comme s'il n'avait plus à craindre un retour offensif de l'Egypte, exigeant même la soumission des villes d'Asie Mineure et de Thrace qui reconnaissaient encore le protectorat égyptien *. Il était à un moment où il lui fallait prendre des résolutions viriles; mais il ne fut jamais plus cauteleux et plus hésitant ^ Dans son esprit irrésolu flottaient des projets contradictoires, entre lesquels il eût fallu choisir et qu'il eût fallu aussi ne pas laisser deviner. Il était trop tard pour secourir Philippe, qui, dès la fin de 198, était cerné par ses ennemis et allait bientôt succomber à Gynoscéphales (197) ; mais Antiochos, mettant en mouvement ses forces de terre et de mer, donna lieu de penser et Tite-Live affirme que tel était son dessein '. Il se réservait d'agir au mieux des circonstances ; il caressait le chimérique espoir d'agir à distance sur les Romains par son prestige, de les entraver par des négociations d'intermédiaire officieux, mais armé ; ignorant que les Romains étaient passés maîtres en l'art de perdre le temps des autres.
1. Il dit lui-même aux Romains, en 196, sibi cum Piolemaeo amicitiam esse, et id agereut brevi etiam adfinitas jungatur (Liv., XXXIII, 40, 3). S. Jérôme {In Dan., 11, 17) affirme que les fiançailles dataient de 198/7 a. C. A. filiam suam. Cleopatram per Euclem Rhodium septimo anno regni adolescenlis [à partir de 203/4] despondil et lerlio decimo anno Iradidil.
2. Jeune, dit Polybe (XV, 27), il était audacieux et actif; mais, avançant en âge, il parut -o)>ù xaTaSsÉJTspoç aûtoG xat xf,î xôiv èxxài; TtpooSoxîaç.