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LA LUTTE CONTRE LliS ROMAINS 209
deurs, et des fameux chars à lames tranchantes. Du côté des Romains, Cn. Dumitius, le tacticien qui suppléait auprès du consul l'Africain resté malade à Elaea, avait placé les légionnaires romains et les Italiens au centre; les Achéens, les Pergaméniens, commandés par Eumône et son frère Atlale, les cavaliers, à droite; son aile gauche, composée de quatre escadrons seulement, était appuyée à la rive gauche de THermos. Les seize éléphants d'Afrique, presque inutilisables contre ceux de l'Inde, étaient placés en réserve derrière le centre, et 2000 volontaires macédoniens ou thraces furent laissés à la garde du camp. L'armée romaine ne comptait guère qu'une trentaine de mille hommes contre plus de soixante-dix mille; mais elle était exempte de nonvaleurs et bien dans la main de son général. Elle ressemblait à un instrument de piécision cn face des bandes tumultueuses et bariolées qui s'étendaient à perte de vue, dans le brouillard qui détrempait les armes de trait.
La bataille ne fut qu'une tuerie vigoureusement et méthodiquement menée par les Romains à travers une déroute sans nom. Eumène commença par retourner les quadriges de guerre contre les Syriens eux-mêmes en effrayant les attelages par une brusque attaque. Ces engins, promenés au hasard par les chevaux affolés, mirent partout le désordre et la panique. Une trouée se fit d'elle-même qui dégarnit tout le côté gauche de la phalange. Les légions, pénétrant par cette ouverture, assaillirent la phalange en tête et en flanc. Au lieu de lui porter secours, Antiochos, qui avait enfoncé sans peine les quatre escadrons de l'aile gauche romaine, courait droit devant lui le long de l'Hermos et allait se buter au camp romain, d'où il fut vivement ramené par M. ^Emilius Lépidus et Attale. A ce moment, son armée était déjà en pleine déroute : le reflux entraînait pêle-mêle les hommes, les éléphants, les chameaux, tous éperdus et s'enferrant ou s'écrasant réciproquement sous les charges réitérées de la cavalerie ennemie. Le grand camp retranché, qui devait être
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le refuge, fut le lombciiu dos vaincus. Une fois la barrière forcée, les Romains y firent un immense carnaj^e. Tilo-Live parle de oO.ÛOO fantassins et 300U cavaliers tués du côté des Syriens, sans compter les prisonniers, — 1400 hommes et 15 éléphants, — tandis que les Romains et leurs alliés n'auraient guère perdu que environ 350 hommes ! '.
Antiochos avait vaillamment payé de sa personne, comme à Raphia, et avec un résultai plus désastreux encore. Il s'enfuit à toute bride, recueillant sur la route quelques débris de ses troupes, et arriva vers minuit à Sardes. Quelques heures après, avant l'aube, après avoir nommé Zenon commandant de la place et Timon gouverneur de Lydie, il prenait avec sa femme et sa fille la route d'Apamée, où son fils Séleucos l'avait devancé. Dès que la nouvelle de la défaite parvint à Éphèse, Polyxénidas s'enfuit avec ses navires, qu'il abandonna à Patara avec leurs équipages, par crainte des croiseurs rhodiens, et gagna à pied la Syrie.
On savait que Antiochos n'était pas homme à se raidir contre la mauvaise fortune : la guerre était bien finie. Les villes d'Asie s'empressèrent de faire leur soumission, Magnésie du Sipyle la première, puis Thyatire, Sardes, Traites, Magnésie du Méandre, Ephèse. A Sardes, où vint le rejoindre son frère subitement guéri de sa maladie à forme diplomatique, le consul L. Scipion reçut les négociateurs envoyés d'Apamée par le roi de Syrie, qui se firent présenter par Eumène. C'étaient le vieux Zeuxis, le conseiller des jours heureux, et Antipater, neveu du roi. P. Scipion leur dicta les conditions de la paix. Antiochos devait évacuer toute l'Asie en deçà du Taurus et verser pour les frais de la guerre 15.000 talents euboïques en diverses échéances, à savoir : 500 immédiatement, 2500 après la ratification du traité, le reste en douze ans par annuités de 1000 talents. En outre, Eumène recevrait une indemnité de 400 talents et serait