Liv., XXXVII, 45. Polyb., XXI
averti, dit-on, par le roi lui-môme ', — se cachait en Crète, ni les chefs dtoliens qui luttaient alors en désespérés dans leurs montagnes contre les Romains, Macédoniens, Acarnaniens et Achéens. Aussi, de séance en séance, les débats devaient se prolonger durant toute l'année 189, et le traité ne fut prêt que l'année suivante.
Les Romains mirent les délais à prolit pour abattre les dernières résistances en Orient et procéder commodément à une réorganisation d'ensemble. Le consul M. Fulvius Nobilior acheva dans l'été de 189 la soumission des Étoliens, qui, à l'expiration de la trêve conclue avec les Scipions, avaient repris les armes et s'étaient défendus avec héroïsme contre la meute acharnée de leurs ennemis. Ils avaient bien essayé de traiter, au moment où Antiochos avait encore chance de vaincre, — où peut-être le bruit courait qu'il avait attiré les Scipions dans un guet-apens et détruit l'armée romaine ^ — mais le Sénat avait exigé soumission complète, sans conditions, et intimé à leurs ambassadeurs l'ordre de quitter l'Italie dans les quinze jours. Maintenant, ils se rendaient à discrétion. Malgré l'intercession officieuse des Rhodiens et des Athéniens, le Sénat leur imposa un traité qui mit fin au rôle historique de leur trop remuante Ligue. Les Etoliens sont placés sous le protectorat romain, défini par l'obligation d'avoir mêmes amis et ennemis que le peuple romain; ils renoncent à tout droit sur les possessions qui leur ont été enlevées depuis l'an 197 ainsi que sur Céphallénie ; ils cèdent Œniadae aux Acarnaniens, Fleuron aux Achéens ; ils rendent les captifs, livrent quarante otages entre douze et quarante ans et s'engagent à payer 500 talents euboïques, dont 200 immédiatement, le reste en six versements annuels de 50 talents '. Asservie, appauvrie, endettée, l'Etolie n'est plus qu'un foyer de discordes intestines qui