Trog., Prol
SÉLEUCOS IV PHILOPATOR 233
battu à Magnésie avec son beau-père Antiochos HT et avait été frappé d'une forte amende, mais qui depuis avait marié sa fille Stratonice à Eumène et était devenu comme lui un allié fidèle des Romains. Léocritos trouva des auxiliaires parmi les princes galates, Garsignatos et Ga'satorix, jaloux d'Ortiagon, qui s'était fait l'homme-lige d'Eumène pour arriver à gouverner seul le pays. Ceux-ci firent cause commune avec le prétendu libérateur. Mais Eumène accourut, et, rejoint par l'armée d'Ariarathe, il était en mesure de faire expier à Pharnace sa folle agression. Les princes galates firent leur soumission, et les alliés envahirent le territoire de leur ennemi. Seulement, Eumène avait compté sans les Romains, dont les ambassadeurs arrivèrent à point pour revendiquer la décision du litige. Ils obligèrent d'abord Eumène à retirer ses troupes du Pont ; puis ils s'abouchèrent avec Pharnace, ménagèrent entre les belligérants une trêve et des conférences qui n'aboutirent pas ; bref, renvoyèrent l'affaire au Sénat, qui promit de nommer une commission pour arranger définitivement le différend '.
L'ingérence romaine, si prompte à se saisir du débat et si peu pressée de le trancher, fit réfléchir les belligérants. Ainsi, tout rois qu'ils étaient, c'en était fait de leur indépendance; personne ne pourrait plus en Asie entreprendre quoi que ce soit sans avoir des comptes à rendre aux Romains. Sur l'initiative de Pharnace, décidément à bout de ressources, les cinq potentats — Pharnace et Mithridate d'une part, Eumène, Ariarathe et Prusias d'autre part — signèrent, sans consulter ni attendre davantage les Romains, une paix perpétuelle (179). Pharnace rompait ses conventions avec les princes galates, qui rentrèrent sous l'obéissance d'Eumène, et s'interdisait de mettre le pied en Galatic. Il s'engageait de môme à évacuer la Paphlagonie, à restituer Tios, ville natale de la dynastie pergaménienne, à Eumène, et à