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en plus. Elles s'étaient d'abord échelonnées le long de la côte de Phénicic, où Anthédon, Gaza, Ascalon, Azotos, ApoUonia, Stratonopyrgos, Ptolémaïs et la nouvelle Tyr formaient une série de villes helléniques ou hellénisées. Du côté de l'Orient, Damas et Philadelphie, l'ancienne Rabbath- Ammon, avaient reçu de forts contingents de colons grecs. Puis le bassin du Jourdain avait été envahi. Sur les bords du lac Samachonitide, près des sources du fleuve, on rencontre une Séleucie; plus bas, autour du lac de Génézareth, Philotéria, bâtie par Ptolémée Philadelphe, Hippos, Gadara. Plus au sud encore, Dion et Pella passaient pour des fondations d'Alexandre le Grand, qui avait aussi installé des Macédoniens à Samarie.
Il ne restait plus à entamer que la Judée proprement dite, le seul lieu du monde où le peuple de Jahveh pût encore vivre à Tabri du contact abhorré des mœurs étrangères. Encore les Juifs n'étaient-ils pas garantis par une autonomie reconnue contre les exigences, les caprices et les visites de leurs maîtres. On racontait qu'Alexandre le Grand avait fait ses dévotions au Temple sans pousser la curiosité jusqu'au sacrilège, mais il était à prévoir que ce bel exemple ne serait pas toujours suivi. Déjà Ptolémée IV avait été moins discret en 217, et la résistance qu'il avait rencontrée au seuil du Saint des Saints lui avait laissé, dit-on, un souvenir fâcheux, qui, avec un homme plus énergique, aurait pu avoir des conséquences graves pour les Juifs *. Antiochos le Grand avait profité des craintes qu'inspirait aux Juifs la rancune de Ptolémée, et il s'était montré plus respectueux pour le Temple que son rival. Il avait même prodigué aux lévites l'argent et les immunités, réparé l'édifice et confirmé les règlements qui protégeaient le sanctuaire et la ville contre tout contact impur. Séleucos IV avait sans doute reconnu ces privilèges; il continuait à allouer des subven-
1. Voy. Hist. des Lagides, I, pp. 313-314, et ci-des3us, p. 153.
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lions au clcrj^u, et rien n'indique qu'il songeât à retirer aux Juifs sa bienveillance ; mais une suggestion imprévue vint minier son nom à ceux des ennemis de Jahveh '.
Il s'était formé en Judée môme un parti de gens qui trouvaient incommode et déraisonnable l'isolement auquel les condamnait l'observance rigoureuse de iji Loi. C'était l'aristocratie de la nation. Comme entre eux et les puritains (les Pieux ou Hasidîm) il n'y avait pas d'entente possible, ils souhaitaient d'être délivrés par l'intervention du gouvernement syrien de la tyrannie religieuse de leurs compatriotes. Nous ne saurions dire si ce fut l'antagonisme des partis qui provoqua un changement d'attitude du gouvernement syrien. On nous donne le fait comme résultant d'une vengeance particulière et de la pénurie du trésor royal. En effet, Séleucos n'arrivait pas à s'acquitter en temps utile des annuités de la contribution de guerre stipulée à Apamée; les douze années écoulées, il en laissa encore un reliquat exigible à son successeur '. Une querelle survenue entre le grandprétre Onias III, chef du parti des orthodoxes, et un intendant du Temple nommé Simon poussa ce dernier à des machinations perfides. Sachant que le roi de Syrie était toujours à court d'argent, il alla trouver le gouverneur de Gœlé-Syrie, Apollonios, et lui dit que le trésor du temple regorgeait de richesses dont le roi pourrait revendiquer la propriété. Séleucos, informé, chargea son intendant Iléliodore de transporter ce trésor à Antioche ^ On sait quel émoi jeta dans Jérusalem la mission d'Héliodore, et comment, suivant la tradition judaïque, une intervention miraculeuse empêcha le ministre syrien de consommer cette spoliation sacrilège.
Il était à craindre, après cet éclat, que Séleucos ne péné-
1. Ici commence, en 137 Sel. (176/5 a. C), la chronique des deux premiers livres des Machabées. Le deuxième seul y insère la On du règne de Séleucos IV.