Appian., Syr
3. Dédicace en l'honneur d'Héliodore fils d'Eschyle, d'Antioche, tôv aùvcpoçov Toû jia3'.),£wî 2c).6vxo'j «PiXo-axopo; xai èttI twv T:pay[j.jtTwv TETayiievov {BCII., 1817, p. 28D. Dittenb., OGIS., 241).
240 CUAP. VII. — SÉLLUCOS IV PHILOPATOR
s'il ne prit pas tout le Trésor sacré, il s'y muuil d'argent, puis se hâta d'assnssincr le roi pour n'avoir pas de comptes à lui loudro. Il avait sans doute bien d'autres malversations sur la conscience. Mais prendre j>our lui-même le diadème eût été une l'olic. Le sentiment monarchicjue était trop ancré dans les masses populaires pour qu'il ait cru possible une pareille usurpation. Aurail-il eu peut-être le dessein de gouverner sous le nom du lils de Séleucos IV, le jeune Démétrios, un enfant de neuf à dix ans qui était maintenant à Rome et qui, si le Sénat le voulait bien, pourrait y rester longtemps? Ici, une tradition dilScile à contrôler indique, sans le nommer, un autre figurant possible, un « enfant de Séleucos » que son oncle Antiochos IV aurait fait disparaître plus tard. Celui-ci devait être en bas âge et, par conséquent, un instrument commode aux mains d'Héliodore '. Mais il est bien difficile de démêler les calculs politiques et échanges de vues entre Antioche et Rome qui ont amené les circonstances favorables aux projets du ministre félon [f].
On comprend assez que Séleucos, d'une part, les Romains de l'autre, aient laissé durer treize ans le séjour d'Antiochos IV à Rome. On entendait si bien le garder qu'on lui fit bâtir une résidence aux frais de l'Etat -. Les otages ordinaires devaient être remplacés tous les trois ans; mais exception avait été faite dans le traité d'Apamée pour Antiochos, et d'ailleurs, pendant longtemps, il n'y eut pas de prince royal à substituer à Antiochos. Pendant ce temps, l'otage princier prenait les habitudes romaines, et il est infiniment probable que le Sénat l'eût de beaucoup préféré, sur le trône de Syrie, à son frère Séleucos IV, l'ennemi sournois et irréconciliable de Rome. Sans être roi, il pouvait porter à Antioche l'inlluence romaine et surveiller son frère : il était à propos de l'y renvoyer. Appien semble dire que l'échange des otages fut proposé par Séleucos ; mais on sait que le
1. Diod., XXX, 7, 2. Jo. Antioch., fr. 58 [FGll., IV, p. 559).