‹ Histoire des Séleucides (323-64 avant J.-C.)Chapitre 189 sur 297 · Justin., XXXV · texte numérisé non relu

Justin., XXXV

LES AFFAIRES d'oRIENT 327

tout à tout propos et n'avaient aucun souci de la vérité. Les cadeaux d'Oropherne ne nuisirent pas non plus à sa cause. Bref, Détnétrios n'eut pas à regretter leur campagne. Le Sénat eût volontiers donné une leçon au roi de Syrie, mais il aimait encore mieux ne pas laisser perdre une si bonne occasion d'affaiblir le royaume de Cappadoce. Il parut persuadé que Oropherne avait autant de droits au trône que Ariarathe, et, en conséquence, il décida que les deux frères régneraient ensemble (157) \ Les Romains connaissaient par expérience les effets de ce régime en Egypte, d'où tantôt l'un, tantôt l'autre des deux Ptolémées venait réclamer leur assistance contre son frère ^ et ils s'en trouvaient bien. Démétrios, de son côté, avait tiré de grosses sommes de son protégé, à titre de rémunération pour ses bons offices, et il conservait encore par devers lui une créance de 400 talents payables plus tard ^.

La sentence arbitrale du Sénat était inexécutable, et il ne tenait pas autrement à ce qu'elle fût exécutée. Ariarathe, réfugié à la cour de Pergame, auprès de son beau-frère Attale II, ne pouvait rentrer dans son royaume que par la force. Oropherne puisait à pleines mains dans le Trésor pour récompenser ses amis et s'en faire de nouveaux. Il avait largement payé les services de Démétrios II; il donna 50 talents à un certain Timothée, qui Tavait débarrassé de quelques partisans de l'opposition et avait plaidé sa cause à Rome. Il avait achevé de vider les caisses royales en déposant à Priène 400 talents ; c'était une ressource pour le cas probable où il verrait s'écrouler son trône improvisé, une assurance, selon l'expression de Diodore, contre les caprices de la Fortune *. Pour combler le déficit, « voyant que les Gappadociens étaient mécontents, il se mit à tirer d'eux tout

1. Diod., XXXI, 19, 2-4. 32. 34. Polyb., III, 5, 2. XXXII, 20. XXXIII, 12.

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