Justin., XLI
Eulhydème I et Antiochos le Grand : mais l'heure du châtiment approchait. Les Scythes d'un côtd, les Parthes de l'autre, allaient confisquer à leur profit cet héritage trop disputé.
Nous savons, par un fragment de Polybe cité plus haut ', que les Scylhos nomades mcnaçtiient déjà la Bactriane au temps d'Euthydèmc de Magnésie. Nous ignorerions ce qui s'est passé dans le bassin de l'Oxus et de l'Iaxarte sans le secours inattendu d'un document chinois ', rédigé vers la fin du 11^ siècle avant notre ère par l'ambassadeur Tchang- Kian, envoyé par l'empereur de Chine dans les régions où s'est livré le dernier combat entre les Barbares du Nord et les Etats hellénistiques. Nous apprenons ainsi que, vers l'an 177 avant l'ère chrétienne, les Hiong-iVou (Iluns) refoulèrent vers le sud les Youé-Tchi, dans lesquels on croit reconnaître les Tochares des auteurs occidentaux. Ceux-ci se jetèrent sur le Turkestan oriental et en expulsèrent les Ssé (Sakes), qui à leur tour franchirent les montagnes de Tartarie (Bolor) et vinrent s'abattre sur la vallée du Cophène, où ils substituèrent leur domination à celle des dynastes hellénistiques. La débâcle une fois commencée ne s'arrêta plus. Les Youé-Tchi furent chassés du Turkestan (vers 160) par une autre horde, celle des Ousoun. Ils poursuivirent alors leur marche vers l'ouest et assaillirent le pays des Ta-Hia (lîactriens?) par la Sogdiane \ C'était le moment où Eucratide, harassé par ses longs efTorts, venait de se laisser arracher par Mithridate, roi des Parthes, les satrapies de Torioua(?) etd'Aspionos*, c'est-à-dire probablement la région (Arie) qui ouvrait aux Parthes l'accès de la vallée du Cophène.