N. Strassmaier, Zeilschr. f. AssijrioL, Vlll, p
4. St.oix'St.î pour St5T.p{xT,;(?) dans Euseb., I, p. 236 Sch. Ce surnom pourrait bien avoir été un jeu de mots, opposant le IiôTiOitt,; au ï:io/,Tr,;.
réjouir les adversaires qu'il avait laissés en Syrie. Tryplion, qui se désintéressait alors des affaires de Judée et qui laissait tranquillement le peuple juif se donner une charte de sa façon (140/39 a. C), se sentit délivré de tout souci. Il lui sembla même qu'il s'était contraint assez longtemps et qu'il pouvait maintenant échanger sa qualité de régent contre le titre de roi. C'était un projet qu'il caressait depuis des années et auquel il avait déjà sacrifié la vie de Jonathan : il l'avait mûri et il montra dans l'exécution tout son savoir-faire. Un jour, le peuple d'Antioche apprit que le jeune roi Antiochos VI, alors âgé de neuf à dix ans, était malade ; puis que les chirurgiens allaient tenter sur lui l'opération de la taille; enfin, quil était mort entre leurs mains. C'est du moins la version qui fut répandue dans le public et que Tite-Live adopte, sans faire de réserves pour l'honneur du corps médical. « Le fils d'Alexandre », dit-il, « ayant au plus dix ans, fut occis traîtreusement par son tuteur Diodote surnommé Tryphon. Celui-ci avait corrompu des médecins qui, affirmant faussement au peuple que l'enfant souffrait d'un calcul, le tuèrent en l'opérant » *. En même temps, le régent « envoyait ses amis et familiers auprès des soldats, leur promettant de leur donner beaucoup d'argent s'ils l'élisaient roi, leur rappelant que Démélrios était prisonnier des Parthes et que son frère Antiochos, s'il arrivait au pouvoir, leur ferait beaucoup de mal pour se venger de leur défection. Les soldats, dans l'espoir que Tryphon, une fois roi, leur ferait des largesses, le proclamèrent souverain » ^. C'était une sorte d'empire électif que cet obscur précurseur des Césars, appelé comme eux empereur (j^ao-iXsù; auToxpàTwp), essayait de substituer à la monarchie de droit divin [f].
Tryphon était pressé de jouir : il en oublia toute prudence, au moment où la prudence était le plus nécessaire. Obséquieux et flatteur de la populace quand il était au second