‹ Histoire des Séleucides (323-64 avant J.-C.)Chapitre 224 sur 297 · Ici finit le récit du livre I des Machabées (135 a. C · texte numérisé non relu

Ici finit le récit du livre I des Machabées (135 a. C

.17 i CHAP. XII. — LES COMPÉTITIONS DYNASTIQUES

piter du haut des remparts si Hyrcan ordonnait l'assaut. Il gagna ainsi l'automne, moment où l'ouverture de l'année sabbatique suspendait de droit les hostilités. Telle est du moins la cause que Josèphe assigne à la levée du siège [f]. Profitant de ce répit, le misérable mit à mort la mère et les frères de Jean Ilyrcan et s'enfuit auprès de Zenon surnommé Cotylas, tyran de Philadelphie (Rabbath-Ammon).

C'est alors que Antiochos VII intervint '. Le roi commença par dévaster le pays, chassant devant lui la population afTolée qui alla se réfugier à l'abri des remparts de Jérusalem (133?). Antiochos mit le siège devant la ville surpeuplée et prise au dépourvu. L'année précédente, année sans labours et sans récoltes, y avait épuisé les provisions, et l'assiégeant était sûr d'avoir à bref délai la disette pour alliée. C'était sans doute une opportunité qu'il avait fait entrer dans ses calculs. Pour bien montrer sa résolution d'en finir, il fit d'immenses travaux de circonvallation, double fossé mené autour de l'enceinte et flanqué au nord - du côté de la plaine - de cent tours occupées par des postes vigilants. C'était le blocus, la famine, et u bout, la capitulation inévitable. Elle se fit cependant attendre longtemps, près d'une année entière. Hyrcan essaya de se débarrasser des bouches inutiles; mais il avait trop compté sur la philanthropie du roi, qui ne voulait pas perdre le fruit de ses efforts. Il fut obligé de rouvrir les portes de la ville aux malheureux qu'il en avait exclus et qui, errant entre les remparts et les ouvrages des assiégeants, mouraient d'inanition sous les yeux de leurs compatriotes. Pour pouvoir célébrer la fête des Tabernacles (en octobre), Hyrcan demanda à Antiochos un armistice de sept jours. Le roi saisit l'occasion de montrer qu'il ne faisait pas la guerre à la religion des Juifs et qu'il ne revendiquait que ses droits de souverain. Non seulement il accorda la trêve,

1. Sur les dates inconciliables fournies par Josèphe, XIII, 8, 2 ^01. 162 = 132- 128 a. C. et an IV dAntiochos VII = 136 a. C.) et par lEusèbe arménien (pris» de Jérusalem en 01. 162, 3 = 130/29 a. C), voy. E. Schurer, IS p. 259, 5, qui admet que la guerre a pu durer de 134 à 132.

LE RÈGNE d'aNTIOCHOS VIT ÉVERGÊTE 375

mais il envoya au temple de Jahveh de magnifiques offrandes, des « taureaux aux cornes dorées et des vases d'or et d'argent remplis d'aromates de toute espèce » '. Il alla même jusqu'à célébrer, lui aussi, la fête dans son camp, en banquetant avec son armée; ce qui était sinon un acte pieux, du moins la meilleure manière d'utiliser sans déloyauté l'armistice intervenu et de faire réfléchir les affamés.

Ce siège mémorable, qui aurait pu amener la ruine de Jérusalem deux siècles avant Vespasien, finit par un accommodement. Hyrcan, touché et rassuré par la condescendance du roi, entra en négociations. Gomme trente-trois ans auparavant Antiochos Epiphane, Antiochos Vil refusa d'écouter ceux qui lui conseillaient de ne pas traiter, mais « d'exterminer cette race réfractaire à tout mélange avec les autres », ces lépreux dont les ancêtres, chassés de l'Egypte, « avaient légué à leurs descendants leur haine pour le genre humain » ^. C'est le réquisitoire qui, formulé en termes saisissants par Posidonios, ira désormais se répétant de siècle en siècle et ne se taira plus. Le roi se contenta de désarmer les Juifs, de leur imposer une contribution de guerre de SOO talents, de les obliger au tribut pour les villes qu'ils possédaient en dehors de la Judée, et de prendre des otages. Ces otages et la contribution de guerre avaient été substitués, sur la demande des Juifs eux-mêmes, à l'occupation de Jérusalem par une garnison permanente. Antiochos eut soin de démanteler la ville : après quoi, il partit emmenant avec lui les otages — parmi lesquels un frère de Jean Hyrcan — et plus qu'à moitié couvert de sa créance par un premier versement de 300 talents que, dit-on, Jean Hyrcan alla prendre dans le tombeau de David. 11 venait de donner un exemple de modération, et surtout de respect des croyances, dont les Juifs eussent pu tirer quelque enseignement s'ils avaient pu admettre qu'il y eût une commune mesure entre eux et les

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