‹ Histoire des Séleucides (323-64 avant J.-C.)Chapitre 223 sur 297 · Babelon, p. ccviii · texte numérisé non relu

Babelon, p. ccviii

2. Date à placer entre 137 et 132. Les rois d'Edesse, Osrhoès et les Abgar, étaient des Nabatéens.

3. / Macc, 14, 24. Joseph., XIV, 8, 5 (50.000 statères d'or). Peut-être faudrait-il corriger ce poids hyperbolique en valeur de 1.000 mines d'argent? Cf. Th. Reinach, ad loc. cit.

372 cil Al*. XII. — LES COMPKTITIONS DYNASTIQUES

adressé aux Etats voisins de la Judée pour inviter ceux-ci à respecter l'indépendance des Juifs (139 a. C?) '.

Ce document, comme tous ceux qui sont insérés dans la chroniqiK^ juive, a bien l'air de sortir d'une fabrique de littérature aprocryphe et d'avoir été rédigé par un Juif fort peu au courant des institutions romaines et des formules protocolaires, qui s'imagine que Rome est gouvernée par une sorte d'empereur appelé consul. C'est « Lucius, consul des Romains », qui écrit en son nom aux rois et envoie copie de sa circulaire à plus de vingt adresses, depuis l'Egypte et le Péloponnèse jusqu'au fond de l'Asie, car le roi Arsace figure avec les rois Démétrios, Attale et Ariarathe, parmi les destinataires. Enfin, on peut admettre que Antiochos VII reçut, par les soins de Simon, quelque missive de ce genre, plus ou moins authentique, et qu'il en conçut quelque humeur. Aussi, quand Simon envoya des présents et deux mille auxiliaires à Antiochos, celui-ci « ne voulut pas les recevoir et prit une attitude hostile ». Simon avait un peu trop attendu : ses secours arrivaient au moment où le roi n'en avait plus besoin. Antiochos dépécha aussitôt en Judée Athénobios, un de ses amis, pour réclamer la remise de Joppé, de Gazara et de la citadelle de Jérusalem. De plus, les Juifs devaient payer l'arriéré des tributs dus par les pays dont ils s'étaient illégalement emparés ou racheter cette dette par un versement de 500 talents, sans préjudice de l'indemnité pour les pillages commis, indemnité qui se montait également à 500 talents; le tout sous peine de s'y voir contraints par la force. Un potentat qui payait si cher les sénatusconsultes n'était pas un débiteur à ménager.

1. Le texte dans / Macc, 15, 16-21 : autre texte, avec mt^me nom de consul en tête, mais rapporté au temps d'El3-rcan II (54 a. C. ?), dans Josèphe (XIV, 8, 5). Suscription dans / Mncc. : Lucius consul Romanorum l'tolemaeo régi salulem ; à&ns Josèphe; Aejxio; OjaXXépio; Aeyxioj u'io; ffToaTT.yo; (préteur). Les consuls n'écrivaient pas en leur nom aux rois. Eufin, de 141 à 133, on ne trouve pas dans les Fastes un seul consul prénommé Lucius. E. Schùrer (I*, pp. 251-252), accepte le texte de Josèphe, qui est un SC. proposé par le préteur L. Valérius, et le transporte à la date de 139.

LE RÈGNE d'aNTIOCHOS VII ÉVERGÊTE 373

Simon invoqua son bon droit, les justes représailles exercées à Joppé et à Gazara, et oiTrit 100 talents pour tout ce que lui réclamait le roi. Celui-ci, occupé alors à poursuivre Tryphon, envoya le stratège Cendebceos pour réduire les Juifs à l'obéissance. Cendebaeos établit son quartier général à lamnia (labné) et se mit à pousser des reconnaissances sur la route de Jérusalem. Mais, sur leur sol natal, les Juifs étaient invincibles. Les deux fils aînés du vieux Simon, Jean dit Hyrcan et Judas, à la tête de vingt mille hommes, assaillirent Tannée syrienne à Modéin et remportèrent une victoire signalée. Par malheur, depuis qu'il y avait un gouvernement national en Judée, il y avait des ambitieux pour convoiter le pouvoir. Le propre gendre de Simon, un certain Ptolémée fils de Haboub, tendit un guetapens au grand-prêtre et l'assassina à Jéricho, dans un banquet, ainsi que deux de ses fils, Judas et Mattathias; après quoi, il écrivit au roi de Syrie pour lui demander son appui, offrant de rétablir l'ancien ordre de choses et de payer tribut comme autrefois (135) '.

Nous ne savons quel accueil fit Antiochos VII aux propositions de l'assassin : il jugea sans doute à propos de laisser la discorde lui préparer les voies. Ptolémée n'avait pas réussi à mettre la main sur Jean Hyrcan, le vainqueur de Modéin, fils et légitime successeur de Simon ■. Jean, qui était à Gazara au moment du meurtre de son père, se hâta de courir à Jérusalem et d'en fermer les portes à son rival, lequel, repoussé et honni par la population de la capitale, alla se cantonner dans le fort de Dagon, au-dessus de Jéricho. Jean l'y assiégea, mais il résista longtemps. Ptolémée était un ignoble scélérat. Comme il avait en son pouvoir la mère et les frères de Jean Hyrcan, il se servit de ces otages pour paralyser l'élan de son adversaire, menaçant de les préci-

1. Au mois XI de m Sel. = févr. 135 a. C. (/ Macc, 16, 14). D'après Josèphe (XIII, 7, 4, sans date), les deux autres fils furent non pas tués alors, mais — provisoirement — jetés dans les fers (ôsôsasvo'.).

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