Justin., XXXIX
mandée par ses hommes de conliance, les stratèges juifs Chelcias et Ananias, la flotte, par son fils, le roi Ptolémée Alexandre '. De pareils préparatifs donnent lieu de penser qu'elle ne songeait pas seulement à écraser Lathyros, mais aussi à s'emparer de la Cœlé-Syrie (102 a. G. ?) .
Les renseignements donnés |^ar Josèphc ne nous permettent pas de suivre de près la stratégie compliquée de cette chasse à l'homme, où les traqueurs ne réussirent pas à cerner leur proie. Le gros de l'armée et la flotte de Cléopàtre longèrent la côte de Palestine, recevant la soumission des villes, jusqu'à Ptolémaïs, qu'il fallut assiéger.
Pendant ce temps, Chelcias poursuivait Lathyros « du côté de la Cœlé-Syrie », c'est-à-dire dans la vallée du Jourdain; mais la mort du chef mit le désarroi dans ses troupes. Lathyros en profita pour leur échapper et courir dans la direction de l'Egypte, où il espérait rentrer, soit de force, maintenant qu'elle était dégarnie de troupes, soit même en roi légitime acclamé par les populations. Il aurait pour point d'appui Gaza, où tout ennemi des Juifs était assuré d'être bien accueilli. Mais il ne put gagner de vitesse les troupes que Cléopâtre envoya par mer pour lui barrer le passage. Il les rencontra à la frontière, et, n'étant pas en force, il s'en revint à Gaza pour y passer l'hiver, pendant que Cléopâtre entrait enfin à Ptolémaïs.
A Ptolémaïs, la reine mère d'Egypte reçut les hommages d'Alexandre Jannée, qui n'était pas sans inquiétude sur les intentions de Cléopâtre. Il ne manquait pas autour d'elle d' « amis » qui lui conseillaient de destituer ce roi en rupture de vassalité et d'arrêter ainsi la poussée offensive des Juifs contre les villes hellénisées. Mais le stratège juif Ananias, au dire de Josèphe, déclara tout net qu'en ce cas il ferait cause commune avec ses compatriotes et que Cléopâtre aurait tous les Juifs contre elle. Ces remontrances mena-