‹ Histoire des Séleucides (323-64 avant J.-C.)Chapitre 257 sur 297 · Babelon, pp. clxx-clxxu · texte numérisé non relu

Babelon, pp. clxx-clxxu

2. Joseph., XllI. 13,4. Appian., Syr., 48 et69. .Vi7Aj-iV/., 105. Justin., XL, 2, 2. Euseb., I, pp. 261-262 Sch. (Antiochos X dabord réfugié chez les Parthes).

se porta au secours de Laodice, moins assurément pour défendre une fille de Grypos, une sœur de ses concurrents, que pour arrêter les Partlies à distance de sa propre frontière. Peut-être avait-il calculé que, victorieux, il pourrait, s'il lui plaisait, évincer la nouvelle dynastie et reprendre la Commagène. Il périt dans cette campagne, et sa mort livra la Syrie, ou des lambeaux de la Syrie, à la branche aînée (93/2 a. G.) '. Sa femme, la reine Cléopàtre Séléné, dut chercher, pour ses enfants en bas âge et pour elle, un asile oii elle pût attendre les événements. L'histoire les perd de vue durant près de vingt ans.

L'occasion s'offrait aux fils survivants d'Antiochos Grypos de se partager équitablement l'héritage de la dynastie; mais il est plus que probable que le mieux armé, Démétrios III, se saisit de la place vacante. Non pas peut-être d'Antioche. La ville, toujours hostile à la descendance des Démétrios, émet, de 92 à 69, des monnaies autonomes : elle a dû se déclarer alors métropole sacrée et inviolable (lepà xal ào-jTvOç), inviolable tout au moins pour les faibles. Le fait que l'on rencontre, quatre ou cinq ans plus tard, des gens d'Antioche dans l'armée de Démétrios III ne prouve pas qu'il y fût le maître. Philippe paraît s'être cantonné dans la région orientale, tout heureux d'avoir pour allié et protecteur Straton, le tyran de Bérœa en Cyrrhestique. La guerre civile n'était qu'ajournée.

Démétrios III, décidément favori de la Fortune, fut dispensé par les circonstances de combattre les Parthes, qui venaient d'abattre Antiochos X, L'élan qui les avait portés jusqu'aux frontières de la Syrie, et peut-être même en Cilicie ^, s'était brusquement arrêté. S'ils avaient eu un moment

1. Josèphe {loc. cit.) appelle cette Laodice reine des « Saméniens » — -«jj-t,vo£, voiJLdiôojv 'ApaS'ojv ?9vo;. (Steph. Byz., s. v.) : — plutôt de Samosate, fondée par un certain Samès? (Babelon, p. ccviii). Ad. Kuhn [Beitr. z. Gesch. der Seleukiden, p. 36) trouve des arguments en faveur de la version d'Appien et conclut que, la seule chose certaine, c"est que Antiochos X fut battu, peu après 96/5, par Philippe 1 et D/'mi^'trios III (Porphyre-Eusnbe).

2. Je ne vois guère d'autre moment où les Parthes auraient pu occuper la Cilicie avant Tigrane, comme le dit ou semble le dire Strabon (XIV, p. 669).

422 r.nAP. xiv, — la déchéance de la dynastie

le projet de s'annexer le royaume de Syrie, ils paraissent y avoir renoncé et mt^me avoir évacué la Commagène. Les événements qui se déroulaient cnCappadoce et en Arménie, pays limitrophes de leurs possessions, suffisent à expliquer ce mouvement de recul. Le célèbre roi de Pont, Mithridate VII Eupator, ne laissait pas un instant de repos à ses voisins et attirait sur eux comme sur lui la vigilance, dangereuse pour tous, de la République romaine. Il avait été évincé de la Gappadoce (95) par les Romains, qui reconstituèrent dans ce pays une dynastie indigène en faisant élire Ariobarzane, un roi dont la politique est suffisamment caractérisée par son surnom d'Ami des Romains («tùopcoîjLa'.o;). Alors, le roi de Pont s'était retourné vers FArménie et allié avec Tigrane, dont il fit son gendre. Tigrane, d'accord avec Mithridate, expulsa rinoffensif Ariobarzane, qui se réfugia à Rome. Le Sénat, jugeant l'occasion doublement opportune de faire sentir son autorité aux monarques orientaux et de donner satisfaction au parti militaire, qui cherchait des prétextes pour intervenir, le Sénat chargea le préteur L. Cornélius Sylla de rétablir Ariobarzane sur le trône de Gappadoce (93). Sylla s'acquitta de sa mission avec l'énergie dont il donna plus tard tant de preuves : il porta les aigles romaines jusqu'à la rive de l'Euphrate, où elles n'avaient jamais encore pénétré. Là, il reçut un ambassadeur du roi des Parthes, sollicitant l'amitié et l'alliance des Romains. Sylla prit l'attitude hautaine d'un conquérant. Il accepta les compliments et l'amitié du roi des Parthes; mais le roi se sentit humilié dans la personne de son ambassadeur Orobaze, qui, de retour à Ctésiphon, eut la tête coupée pour n'avoir pas mieux sauvegardé l'honneur de son maître (92). Ce n'était pas le moment pour le Parthe de songer à dépasser sa frontière *.

Démétrios III, qui paraît avoir conclu dans l'intervalle un accommodement quelconque avec les gens d'Antioche, eut

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