‹ Histoire des Séleucides (323-64 avant J.-C.)Chapitre 267 sur 297 · Euseb., I, pp · texte numérisé non relu

Euseb., I, pp

déchéance d'une dynastie déjà rejetée par les Syriens euxmêmes comme cause permanente de discordes et notoirement incapable de gouverner était le seul moyen de rétablir Tordre dans un pays jadis florissant et devenu un repaire de bandits. Pompée transforma en province romaine toute la région comprise entre le Taurus, l'Euphrate, le désert d'Arabie et la frontière d'Egypte. Une ère « pompéienne », ayant pour point de départ l'an 64, fit concurrence à celle des Séleucides, qui comptait alors 248 ans depuis le jour oii Séleucos I Nicator s'était installé à Babylone *.

Antiochos l'Asiatique ne survécut pas longtemps à ses désillusions. Sampsicéramos, qui paraît avoir été en tiers dans les négociations, reprit son prisonnier; et, comme il ne pouvait plus en tirer parti, il le mit à mort quelque temps après (64 ou 63?) ^ La dynastie fut ensevelie avec ce comparse obscur qui avait passé sa misérable vie à espérer la protection des Romains et n'avait été pour eux qu'un jouet négligeable. Reconnu, dix ans plus tôt, « ami et allié du peuple romain, roi in partibus depuis lors, un instant hissé au pouvoir, maintenu par LucuUus, destitué par Pompée, il n'avait même pas eu la chance de tomber aux mains des Parthes philhellènes, au lieu de courber sa tête découronnée sous le cimeterre d'un Arabe valet de Pompée. Les deux rejetons plus ou moins authentiques de la famille royale qui survivent encore, Philippe II et Séleucos (?), ne sont plus que des aventuriers disqualifiés.

En jetant un coup d'œil sur le passé, on peut dire que la dynastie avait largement mérité sa déchéance et lui appliquer le truisme évangélique : « Toute maison divisée contre elle-même périra ».

1. Cf. le calcul d"Appien (t. Se ào/yt twv IîXeuxiSûv è; É65o[j.i',xovTa ètîî Siaxoa(o'.; sv'.auTO'j; SiixsTo. Syr., 70), qui aboutirait à 43 a. C.

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