‹ Histoire des Séleucides (323-64 avant J.-C.)Chapitre 278 sur 297 · PRÉTENDANTS SÉLEUCIDES A ALEXANDRIE · texte numérisé non relu

PRÉTENDANTS SÉLEUCIDES A ALEXANDRIE

mais ce prétendant tomba malade et mourut avant qu'elle n'aboutît '. Pour la reprendre, les Alexandrins songèrent à un arrièrc-petit-fils dEvergète (II) par sa grand'mèrc Cléopàtre Tryphœna, Philippe (II), fils homonyme du dernier roi de Syrie expulsé par Pompée. Ils s'adressèrent en effet à lui; mais Gabinius, maintenant proconsul de Syrie, s'opposa à un projet qui allait directement contre les désirs de Pompée. Philippe savait qu'il était dangereux de braver les Romains : il se récusa (56) ^. L'année suivante, Gabinius, avec l'assentiment tacite de Pompée, de Crassus et de César, se préparait à gagner les 10.000 tal. promis par Ptolémée Aulète pour prix de sa restauration. Pressentant son dessein, les Alexandrins se hâtèrent de trouver coûte que coûte un époux à leur reine. Faute d'un Séleucide authentique, ils se rabattirent sur un certain Séleucos, soi-disant descendant des rois de Syrie ^ Mais la jeune reine éprouva un vif sentiment de dégoût pour ce rustre mal élevé que le peuple appelait déjà le « Poissard » (K'jê'.oo-àxx-/)?) [f]. Au bout 'de quelques jours, elle le fit étrangler et donna sa main à un autre aventurier, Archélaos, qui se prétendait fils de Mithridate le Grand. Six mois plus tard, Gabinius, qui avait temporisé quelque peu pour accroître l'impatience de Ptolémée et en tirer plus d'argent, ramenait à Alexandrie le roi altéré de vengeance. Archélaos fut mis à mort par Gabinius, et Bérénice par Ptolémée (oo). Des proscriptions, frappant de préférence les gens riches, achevèrent de pacifier Alexan-

1. Euseb., I, pp. 261-262 Sch. Le chronographe croit qu'il s'agit d'Antiochos X, revenu de chez les Parthes et maintenant client de Pompée (!). Sa méprise donne à penser que le prétendant s'appelait Antiochos, de son vrai nom ou d'un nom pris pour la circonstance (?).

2. Pour le chronographe, qui supprime une génération, ce Philippe est Philippe I. Il n'est plus question de lui par la suite.

3. Strab., XVII, p. 796. Dio Cass., XXXIX, 57. Dion Cassius nous donne son nom, et Strabon son surnom. Il ne me paraît pas possible de confondre — comme le propose encore Bevan (II, p. 268) — ce Séleucos ou Pseudo-Séleu- C03 avec le prétendant à la main de Bérénice [l'Antiochos d'Eusùbe] qui mourut de maladie (•jôsu> auT;(c6elî ^teXî'jtt.os) durant les pourparlers et qui pouvait, lui aussi peut-être, s'appeler Séleucos.

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