‹ Histoire des Séleucides (323-64 avant J.-C.)Chapitre 277 sur 297 · CHAP. XV. — LA SYRIE PRO^^^■CE ROMAINE · texte numérisé non relu

CHAP. XV. — LA SYRIE PRO^^^■CE ROMAINE

gète IL L'aîné, Ptolémée dit Aulétos, prit l'Egypte et laissa Cypre à l'autre F'tolémée.

C'est alors que Cléopâtre Séléné réclama près du Sénat la succession d'Egypte pour elle et pour les fils qu'elle avait eus d'Antioclios X (75). Le Sénat refusa de se mêler de ce débat. 11 n'avait pas officiellement reconnu le titre de roi aux bâtards de Lathyros, mais il ne tenait pas à les déposséder. Il avait ainsi les mains libres. En 59, Ptolémée Aulète réussit à se faire reconnaître comme roi légitime par le peuple romain. Il y dépensa des sommes énormes, mais son frère se trouva plus mal encore d'avoir été plus économe. P. Clodius, dont il n'avait pas voulu payer la rançon aux pirates neuf ans auparavant, appuyé par nombre de gens qui trouvaient aussi le roi de Cypre trop avare, fit décider l'annexion de Cypre, sous prétexte que les Cypriotes favorisaient la piraterie (58). Ce coup mit les Alexandrins en fureur. Ils savaient qu'il était depuis longtemps question à Rome de confisquer l'Egypte. Si cet odieux « flûtiste », qui achetait à leurs dépens le droit de les tyranniser ne savait même pas obtenir de ses amis les Romains qu'ils respectassent l'intégrité du royaume, à quoi servait-il? Ils le sommèrent de redemander Cypre aux Romains, et, comme il ne pouvait ni les satisfaire ni les contenir, il s'enfuit et alla solliciter l'intervention des Romains. Son frère, préférant la mort à l'espèce de canonicat que lui offrait Caton dans le temple de Paphos, s'empoisonna.

Les Alexandrins mirent alors sur le trône vacant — comme reine ou régente — la fille aînée de Ptolémée Aulète, Bérénice (IV). Ils lui cherchèrent un mari qui fût de race royale et même qui eût, si possible, des droits au trône d'Egypte. Nul ne remplissait mieux ces conditions que le frère d'Antiochos XIII l'Asiatique, le second fils de Cléopâtre Séléné, petit-fils de Ptolémée Evergète IL Une ambassade composée de Ménélas, Lampros et Callimandre, alla lui offrir la main de Bérénice. La combinaison était ingénieuse;

Page 1