CHAPITRE II
ANTIOCHOS I SOTEH (281-201).
Statistique des régions, Ktats et dynasties de l'Asie au début du me siècle : le Pont, la Cappadoce, la Bithynie, la Taphlagonie, rArménie, TAtropalène ou Petile-Médie : les colonies séleucides.
§ I. — Les afkaibes d'Asie Mineure (280-274). — Effervescence des villes grecques, avec la collusion des dynastes voisins : Pliilélœros de Pergame indépendant. — Hermogène d'Aspendos battu et tué par Zip.œtès, dynaste de Bithynie (280). — Invasion des Gaulois dans la péninsule des Balkans (280-277). — Les Gaulois à Delphes (279). — Antiochos renonce à la .Macédoine et fiance sa sœur Philaà Antigone Gonatas (277). — Les Gaulois rançonnent l'Asie Mineure. — Antiochos vainqueur des Gaulois et Sotcr (27a?).^
§ IL — L.\ PREMIÈRE GUERRE DE Syrie (273-271). — Alliance entre Antiochos et Magasde Cyrène, qui épouse Apama, fille d'Antiochos (274?). — Les troupes de Ptolémée II Philadelphe envahissent la Syrie (273) : succès de la Hotte égyptienne. — Paix désavantageuse pour Antiochos : la Cœlé-Syrie et nombre de places du littoral aux mains de l'Égyptien (271?).
§111. — La fi.\ du Rt:GNE (271-261). — Antiochos neutre dans la lutte entre Antigone etPtolémée : .\nti;.'one vainqueur à la bataille navale de LeucoUa (262?) — Second mariage d'.^ntiochos. — Antiochos met à mort son fils aîné Séleucos (267?).,^- Antiochos en guerre avec Euraène I de Pergame : sa défaite et sa mort (261).
Il n'esl pas aisé de débrouiller la situalion de l'Asie à l'avènement d'Antiochos I. On doit d'abord mettre à part les conti'ées qui, négligées par Alexandre, menacées plutôt que soumises par Perdiccas, par Eumène, par Antigone, ne sont rattachées à l'empire des Séleucides que par une sorte de vassalité théorique. Telles sont les satrapies ou futurs
royaumes d'Atropatène en Méclie, de Pont, de Cappadoce et de Tîithynie. Les dynasties qui s'y sont implantées eurent plus lard leurs historiograplies et généalogisles de cour, qui ont reculé leurs origines et gratifié les ancêtres de l'indépendance conquise peu à peu par les descendants. Tous ces pays, y compris les villes helléniques du littoral du Pont- Euxin et de la Propontide, s'étaient accommodés du joug des Perses, et, après avoir traversé une période d'agitation consécutive aux guerres modiques , profitant de toutes les occasions pour relâcher les lions qui les retenaient sous la domination des Perses, ils résistaient de leur mieux à l'absorption dans l'empire macédonien.
Le plateau central de l'Asie Mineure ' avait reçu des Perses le nom de Katpatouka, transformé par les (irecs en Cappadoce. La partie septentrionale, bordant le Pont-Euxin, s'appelait Cappadoce pontique, ou, par abréviation, le Pont. Les dynastes de Pont se donnaient pour des descendants d'un des sept conjurés qui élevèrent au trône Darius fils d'IIystaspe. En fait, l'ancôtre le plus lointain qu'on leur connaisse est un Mithradale fils d'Orontobate, un noble perse, qui, à la suite du traité d'Antalcidas (387) et à la faveur de l'anarchie générale, s'était emparé de Cios sur la Propontide. Le seigneur de Cios, pour se ménager des appuis contre le roi de Perse, fit aussitôt parade de philhellénisme. On dit qu'il éleva une statue à Platon dans le jardin de l'Académie '. Son fils Ariobarzane, — satrape de la Phrygie d'Hellespont et révolté contre Artaxerxès II avec les autres satrapes d'Asie Mineure, Dalame, Artabaze et Oronte, — fut en effet soutenu par les Spartiates et les Athéniens, qui lui conférèrent môme le droit de cité. Mais, l'affaire tournant
1. Le nom dAsie Mineure n'a remplacé que fort tard {Asia Minor pour la première fois dans Orose, 1, 2, 26) l'expression courante : "A«;îa -f, sTti xdSe xoû Tajpo'j ou ivTÔ; toû Taûpoy — Asia ois Taurum, intra Tuiirum — ou encore, ^ èvxàî TO'j "aX'joî, t, ".Ô'wî ■f.r\n-j\xi-rt,. Au delà de l'IIalys commence la Haute-Asie (xà àvw x-fiî 'AatT,;. Ilerod., 1, 177).