‹ Histoire des Séleucides (323-64 avant J.-C.)Chapitre 32 sur 297 · Appian., Sjjr., 63 : ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Appian., Sjjr., 63 : ci-dessus, p

60 CHAP. ir. — ANTIOCHOS I SOTER

sur la péninsule balkanique. Cén-lhiios ravageait le bassin do rilèbre; lirennos cl Acicliorios envahissaient la Pa'onie, et Bolgios pénétrait par rillyric en Macédoine. Ptoléniée Kéraunos, qtii n'avait pas voulu acheter la paix, fut battu et tué par la bande de Itolgios (279). Les Macédoniens atTolés appelèrent au trône Méléagre, frère de Ptolémée, qu'ils destituèrent au bout de deux mois pour le remplacer par Antipater, neveu de Cassandre '. Kniin, Sosthène, un noble Macédonien, renversa cet incapable, appela aux armes tous les hommes valides et parvint à expulser les Celtes du pays. (>eux-ci, du reste, suivant leur habitude, retournaient d'euxmêmes dans le iXord pour mettre leur butin en sûreté, avec l'intention de revenir l'année suivante.

La bande conduite par Brennos et Acichorios se rua, compacte et dévastatrice, à travers la péninsule, et vint battre la porte des Thermopyles. Les Grecs et les rois hellénistiques, y compris Antiochos et son adversaire Antigone Gonatas, avaient envoyé des contingents pour défendre l'entrée de l'IIellade; mais, comme jadis au temps de^Léonidas, la trahison montra aux envahisseurs un chemin détourné, et les Gaulois se dirigèrent tout droit sur le Parnasse, où ils savaient que la pieuse crédulité du monde hellénique avait accumulé des trésors. La tradition sacerdotale veut que les assaillants aient été repoussés à coups de miracles et que les dieux eux-mêmes aient combattu sur les remparts de la forteresse sacrée. L'arc d'Apollon vibra, comme plus tard à Actium ; Poséidon ébranla la terre, et Pan sema la panique. Mais il eût fallu sans doute, pour écraser les Gaulois, que Zeus fit crouler le ciel. Il est possible que la difHculté d'un tel siège pour des Barbares

1. Pour parer autant que possible aux aiéfaits de Ihonjonymie, il est bon d'avertir que cet Antipater était fils dun frère de Cassandre appelé Philippe, et non de Philippe IV fils de Cassandre. Les rois de Macédoine Antipatride3 sont : Cassandre i306-297); ses fils Philippe IV (297/6), Antipater (296-281) et Alexandre (295); [après Démétrios Poliorcète, Pyrrhos, etc.] Antipater fils de Philippe, qui régna, dil-on, 43 jours (2~9).

LES AFFAIRES d'aSIE MINEURE 61

mal outillés, les embuscades, le désordre, la disette provoquée par l'agglomération d'une pareille masse d'hommes, aient fait éprouver de grandes pertes aux Gaulois et que leur Brenn ait mordu la poussière ; mais il est certain que les Gaulois ne furent pas exterminés et qu'ils ne s'en retournèrent pas les mains vides. On signalait comme pris à Delphes l'or de Toulouse, qui tenta plus tard (en 105) la cupidité de Q. Servilius Caipio et passa en proverbe comme type du bien mal acquis auquel s'attache la Némésis [f ]. Ce sont, d'après la tradition, des Tectosages qui allèrent porter si loin le fruit de leuis déprédations, commises soit dans le temple, soit aux alentours; les autres envahisseurs se cherchèrent plus près un nouveau séjour. Un groupe paraît être resté en Macédoine avec Bidorios. On rapporte que Bathanatos fonda un royaume celte en Illyrie, et Comontorios, en ïhrace, un établissement celtique connu sous le nom de royaume de Tylis, qui, pendant plus d'un demisiècle, fut la terreur des Byzantins et des colonies de la mer Noire ^

C'est en ïhrace également que se trouvait, durant cette néfaste année 278, une bande gauloise détachée du gros de l'invasion à peu près à la hauteur de Byzance. Forte d'une vingtaine de mille hommes et conduite par Loutarios et Léonnorios, elle avait battu les Triballes et les Gètes, rançonné Byzance, puis Lysimachia, pillé tout le littoral, et elle s'écoulait peu à peu en Asie par la ïroade, que n'avait pas su protéger Antipater, lieutenant d'Antiochos *. Pendant ce temps, le Séleucide s'obstinait à revendiquer sur la Bithynie et sur la Macédoine une souveraineté qui ne pouvait être restaurée que par une victoire éclatante. Il paraît n'avoir éprouvé que des mécomptes, sur terre et sur mer. Sa flotte, tenue en échec par celles de Nicomède et d'Antigone, dut reculer pour éviter une défaite. Antiochos se décida à oilrir

Page 1