Memnon, 19. Liv., XXXVIII, 16. Justin, XXV
LES AFFAIRES d'aSIE MINEURE 63
contre les Barbares de Léonnorios. Il a fallu acheter la paix, et l'acheter cher, sans compter les dépenses faites pour les « Ptolémaïques » commandés par ilermocrate, sans doute un corps de débarquement fourni par les équipages de la flotte égyptienne, en permanence dans l'Archipel (278/7) \ Des anecdotes plus ou moins aiilhenliques parlent d'une jeune Ephésienne dont le Brenn devint amoureux ^ ; de trois milésicnnes mortes après avoir subi les outrages des Galates ^; de la révélation miraculeuse qui enseigna aux Thémisoniens une cachette où ils trouvèrent un abri, « lorsque l'armée dos Galates se portait sur l'Ionic et les régions limitrophes * ».
Les incursions gauloises devenaient une plaie intolérable. Antiochos comprit qu'il se devait d'en débarrasser l'Asie Mineure, ne fût-ce que pour ne pas avouer son impuissance et ne pas jeter les villes grecques dans les bras de ses rivaux, Antigone et Ptolémée. 11 avait montré jusque-là peu de sens politique. Qu'avait-il gagné à protester contre les faits accomplis, à ne pas reconnaître à Antigone Gonatas la possession de la Macédoine et à Nicomède celle de la Bithynie? Une fois la paix signée avec Antigone et ses alliés, il avait dû faire des préparatifs sérieux pour donner la chasse aux Gaulois. Aussi est-il étonnant qu'il ait été surpris, dit-on, par une formidable armée gauloise, pourvue de cuirasses d'airain, « de quatre vingts chars armés de faux (?) et deux fois autant de chars à deux chevaux », tandis qu'il n'avait pu encore rassembler que des peltastes et des troupes légères en petit nombre. L'attaque aurait-elle été conseillée par Nicomède, avec qui Antiochos serait resté en état d'hostilité, ou qui trouvait là un moyen commode de se débarrasser d'auxiliaires dont il n'avait plus besoin ? Ou
1. Inscription d'Érythrat; (BCH., lll [1879], pp. 388-392. Ch. Michel, 303. Dittenb., OGIS., Ia9.