‹ Histoire des Séleucides (323-64 avant J.-C.)Chapitre 4 sur 297 · LE PARTAGE DE LEMPIRE D'ALEXANDRE · texte numérisé non relu

LE PARTAGE DE LEMPIRE D'ALEXANDRE

Les héritiers naturels d'Alexandre : Arrhidée flis de Philippe, Héraclès et le futur Alexandre IV dit Aigos. — Philippe III Ari^hidée roi : la présidence honorifique de l'empire à Cratère, le commandement de l'armée à Perdiccas.

§ I. — L'hégkmome de Perdiccas (323-321). — Insubordination des généraux : Antigène, satrape de Phrygie, et Ptolémée, satrape d'Egypte, contre Perdiccas. — Expédition et mort de Perdiccas en Egypte (321). — Partage de Triparadisos : Séleucos satrape de Babylonie (321).

§ II. — La lutte contre Eumène (321-316). — Eumène de Cardia, défenseur de l'unité de l'empire, battu par Antigone (320-319), recule vers l'Orient. — Pithon fils de Crateuas, satrape de Médie, réfugié à Babylone : Séleucos, Pithon et Antigone contre Eumène et les satrapes orientaux. — Eumène livré à Antigone et mis à mort (316).

§ III. — La litte contre Antigo.^e (316-312). — Prétentions d'Antigone à l'hégémonie : conflit entre Antigone et Séleucos, qui se réfugie auprès de Ptolémée (été 316). — Coalition contre Antigone, entre Ptolémée, Séleucos, Lysimaque et Cassandre (315). — Antigone, allié avec Polyperchon, s'empare de la Syrie. — Séleucos commandant de la flotte égyptienne. — Ptolémée et Séleucos en Syrie : Démétrios, fils d'Antigone, battu à Gaza (312). — Rentrée de Séleucos à BaLylone : ère des Séleucides (1«'' oct. 312).

On rapporte qu'Alexandre mourant déclara laisser son empire « au plus digne » *. Il aurait donc ainsi rompu luimême le lien de Thérédilé monarchique qui pouvait attacher encore ses sujets — les Macédoniens tout au moins — à la

1. Curt., X, ÎJ, 5 (ci qui esset oplimus), et son anneau à Perdiccas.

2 INXnODLCTION

race royale, reprdscnlée par Arrhidéc fils de Philippe, par Héraclès, fils d'Alexandre et de Harsine, enfin, |)ar l'enfant attendu de Hhoxane. Du reste, eùt-il lait, comme le prétend Diodore, un testament déposé à Rhodes •, il n'y avait pas de principe qui pût sauvegarder les droits d'un incapahle, bâtard lui-même comme Héraclès, ou réserver ceux d'un héritier à naître, quand il s'agissait de gouverner un empire improvisé par la victoire et fait de nations hétérogènes.

l*ourrait-on maintenir l'unité de cet empire après la mort du conquérant? Si le maintien de l'unité était possible, étaitil désirable? A quel prix l'explosion inévitable des convoitises particulières, favorisée par la réaction des nationalités, ferait-elle acheter le plaisir esthétique de conserver à l'œuvre d'Alexandre son caractère et ses proportions? Sous quelle étiquette enfin se continuerait le gouvernement unitaire ? Monarchie légitime, soit avec le frère d'Alexandre, soit avec un lils d'Alexandre, c'est-à-dire une régence dévolue à un des généraux d'Alexandre; ou monarchie élective, telle que la connut l'empire romain et que semblait la prévoir Alexandre; ou fédération plus lâche, mais équilibrée pourtant par la rivalité môme des chefs et groupée autour du trône vide d'Alexandre? Les historiens amateurs de rhétorique ne se sont pas fait faute de traiter ces questions à propos du conseil de guerre tenu par les généraux à Babylone en juin 323, quelques jours après la mort du héros. Perdiccas demande que l'armée se donne un chef en attendant la délivrance de Rhoxane; Néarque pense que l'héritier déjà né de Barsine doit être préféré à un héritier hypothétique ; Ptolémée penche pour le système fédératif, et l'anarchie est représentée par Méléagre. Dehors, la foule a aussi ses orateurs, et elle finit par acclamer Arrhidée.

Si nous ignorons ce qui s'est dit en cette mémorable occurrence, nous savons au moins ce qui s'est fait. Après des

1. Diod., XX, 81 (t+,v ÛT.kp oXt,; tt,; ^aaiAetaî 5taeif.xT,v).

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