‹ Histoire des Séleucides (323-64 avant J.-C.)Chapitre 55 sur 297 · Michel, :;04. Dittenb., OGIS · texte numérisé non relu

Michel, :;04. Dittenb., OGIS

2. Michel, 19. Dittenb., OGIS., 229. Le décret de Delphes dans Michel, 258. Dittenb., ibid., 228.

parait à les châtier elles-mêmes. Il est probable que Séleucos avait déjà reçu des secours de villes qui ensuite se de'clarèrent ouvertement pour lui, des Rhodiens, par exemple, dont l'amiral Agathostratos battit la flotte égyptienne commandée par Chrémonide devant Éphèse, sans réussir à déloger de la ville la garnison ennemie '. Antigone Gonatas aussi, rival perpétuel de l'Egypte dans l'Archipel, dut être pour Séleucos un auxiliaire intéressé, s'il est vrai que, vers cette époque, il battit à son tour sur mer, près d'Andros, une escadre commandée par Sophron, le traître qui avait livré Éphèse. Mais le lambeau de phrase relatif à cette bataille est en tel état que l'attribution de la victoire à Antigone, à un Antigone non défini, et le nom même de Sophron y sont introduits par voie de conjecture [f ].

En quête d'alliances, Séleucos II eut recours au procédé usuel, aux mariages politiques. L'une de ses sœurs, Stratonice, était déjà reine de Gappadoce; il donna celle qui lui restait, Laodice, à Mithridate II de Pont ^ et lui-même épousa une Laodice, fille d'AchsBOS et sœur d'Andromachos, issue d'une famille probablement déjà apparentée à la dynastie [f ] , A ce moment, vers 243, Ptolémée était rentré en Egypte, laissant le gouvernement des régions orientales à une sorte de vice-roi du nom de Xanthippe, et l'administration de la Cilicie — c'est-à-dire de toute la côte au S. du Taurus — à « son ami Antiochos ». Cette expression de S. Jérôme a été, depuis Niebuhr, le sujet d'interminables discussions entre érudits : les uns voyant dans cet Antiochos un fonctionnaire égyptien décoré du titre de cpO.o;; les autres, à la suite de Niebuhr, reconnaissant en lui Antiochos Hiérax,

1. Polyaen., V, 18. Fait de date incertaine, qui peut être reporté — entre autres, par J. Beloch [Gr. Gesch., III, 1, pp. 6I0-6I8,, — vers 2o6, au temps où les Rhodiens étaient alliés de la Macédoine contre Ptolémée Philadelphe. Les circonstances sont à peu près les mêmes en 236 et en 245/4.

2. La date de ce mariage est, comme toujours, problématique : d'autres la placent en 242 (Droysen), ou après la bataille d'Ancyre, vers 240 (Kôhler) : obscurum per obscurius.

104 CHAP. IV, — SÉLFLT.OS II CALLIMCOS

le frère et bientôt irréconciliable compétiteur de Séleucos II *. A leur gré, Plolémée III, continuant la politique astucieuse de son père, avait trouvé là un sûr moyen de jeter la discorde dans la famille de son adversaire. L'hypothèse est séduisante, mais elle est plus qu'inutile. Antiochos Uiérax, quand il prit les armes contre son frère, deux ou trois ans plus tard, n'avait encore que quatorze ans, d'après Justin ; l'on se demande où et quand Ptolémée aurait pu faire de cet enfant « son ami » et surtout lui confier le gouvernement d'une province. Enfin, Justin, qui relève avec soin les méfaits du « brigand » précoce que fut Hiérax, n'aurait pas manqué de noter, s'il l'avait connue, cette première trahison.

Séleucos, enhardi par la retraite de Ptolémée, crut le moment venu de reprendre la Syrie. La domination des Lagides ne pouvait y être bien affermie, ni la soumission du pays complète. Damas et Orthosia résistaient encore. Le roi légitime avait chance de soulever le pays en sa faveur, et c'est, en effet, ce qui paraît être advenu. Séleucos reprit possession de la Haute-Syrie, poussa jusqu'à TEuphiate et y fonda, en mémoire de cet exploit, grandi à la taille d'une « belle victoire », la ville de Callinicon (242/1) -.

Ptolémée devait s'attendre à ce choc en retour, et, s'il avait vraiment l'intention d'occuper la Syrie d'une façon permanente, il fit preuve d'une singulière imprévoyance. Etant donné son caractère tel qu'il se révéla par la suite, pacifique au fond et modéré dans ses ambitions, il est probable qu'il était décidé d'avance à ne conserver de ses trop faciles conquêtes que la Cœlé-Syrie, et à abandonner au premier choc la Syrie Séleucide avec les provinces orientales. 11 ne voulait pas dépenser pour défendre des conquêtes éphémères les trésors qu'il en avait rapportés ', et peut-être épuiser les

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