‹ Histoire des Séleucides (323-64 avant J.-C.)Chapitre 63 sur 297 · Cf. ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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3. L'alliance de Ziaélas avait dû brouiller Hiérax avec son beau-frère et ex-allié Mithridate. Aussi le voit-on plus tard chercher asile en Arménie, en Cappadoce, mais non chez Mithridate de Pont.

112 CHAP. IV. — SÉLEUCOS II CALLIMCOS

On ne connaît au juste ni l'occasion prochaine, ni les péripéties (le ce conllit. Les textes et les monuments qui ont conservé le souvenir des victoires d'Attale ont écarté toute allusion aux complications du moment. Ils ont simplifié la situation, de façon à ne laisser voir que la lutte d'un prince hellénique contre les Barbares, le triomphe des armes civilisées sur les bandes qui depuis quarante ans désolaient l'Asie Mineure. Attale, succédant à son cousin Eumène I en 241, avait déjà fait preuve d'énergie, en secouant — le premier des habitants de l'Asie, dit Tite-Live ' — le joug de l'engeance maudite à laquelle toute l'Asie Mineure payait tribut. Il avait remporté une victoire signalée sur les Tolistoages « aux sources du Gaïcos », à la limite de son domaine, et pris (entre 240 et 238) le titre de roi.

Maintenant, il avaitalTaire aux Gaulois encore, mais enrôlés au service d'Antiochos Hiérax. Les inscriptions de Pergame parlent à plusieurs reprises de victoires remportées en divers lieux, notamment à l'Aphrodision (de Pergame?), en Phrygie d'Hellespont, et, d'autre part, jusqu'en Carie, par le roi Attale sur Antiochos et les Galates ïolistoages et Tectosages[f]. Le chronographe enregistre à la date de 229/8 deux défaites infligées à Antiochos en Lydie, dont une au pied de Tmole, à Coloé ^ par Attale, et, l'année suivante, par Attale encore, un désastre qui terrasse définitivement le vaincu. Il s'agit donc d'une guerre acharnée qui a duré environ trois ans et dont nous ne connaissons que les défaites d'Antiochos. Les indications topographiques aidant, on peut se représenter de la manière suivante — à coups d'hypothèses — la marche des événements.

Antiochos Hiérax, avec son impétuosité ordinaire, fait irruption dans le domaine d'Attale et pénètre jusqu'aux

1. Liv., XXXlll, 21. 3. XXXVIII, 16, 3-4. Cf. Polyb., XVIII, 41, 7. Strab., XIII, p. 624. Pausaii., I, 8, 2; 25, 2, etc. : ci-des3U3, p. 65, 3.

2. Euseb. Arm., 1, p. 253 {Atlamen cxxxvii Olompiadis anno quarto (229/8 a. Chr.) bellwn in Lidiorum terra bis aggressus debellatus est, etc.).

alentours de Pergame. Repoussé, il se replie du côté où il pouvait attendre des renforts de son beau-père le roi de Bithynie. Mais Attale le poursuit, et il est de nouveau déconfit dans la Phrygie d'Hellespont. Il rentre alors à Sardes pour reprendre haleine et réparerses forces. Ici peut s'intercaler une trêve plus ou moins longue, Attale jugeant prudent de ne pas s'éloigner en laissant son royaume à la merci d'une agression possible du Bithynien. Des rôdeurs gaulois, échappés de la bataille de Pergame, suivant Trogue-Pompée', le délivrèrent bientôt de ce souci en assassinant Ziaélas. Tranquille de ce côté, Attale prit l'offensive et relança son ennemi en Lydie, puis en Carie, et ne s'arrêta que quand Antiochos, jugeant sa cause désespérée, abandonna la partie pour aller chercher fortune dans les Etats de son frère.

Attale, maître de la plus grande partie de l'Asie Mineure, eut soin de sa gloire. Il ne fut pas seulement pour la postérité le premier roi de Pergame, mais le « Sauveur », le héros national [f]. Des Jeux furent institués en son honneur : les artistes taillèrent ses trophées dans le marbre, elles exploits d'Attale écrasant les Gaulois figurèrent sans trop de désavantage à côté des combats des Olympiens contre les Titans ou les Géants. Le roi de Pergame fit ériger des groupes commémoratifs sur l'acropole d'Athènes, la ville où se fabriquaient les réputations universelles. Les écrivains suivirent le mouvement de l'opinion. Attale fut célébré comme un favori de la fortune qui savait aider la chance par les ressources de son esprit ingénieux. L'anecdote qui le montre décalquant à la main sur le foie de la victime consultée avant la bataille les mots fatidiques BASIAEQS NIKH ^ a pu circuler dès lors sans lui nuire dans l'esprit des Uellènes, qui, depuis le temps d'Ulysse, ont toujours eu un faible

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