LE PARTAGE DE L EMPIRE D ALEXANDRE
réservés aux hommes mûrs. Quinte-Curce ne prononce même pas son nom. Au passage de Tllydaspe (326), il commandait les hypaspistes, autrement dit Tinfanterie de la garde royale '. On le retrouve peu après à la tète d'une phalange ^, puis aux grandes épousailles de Suse, où Alexandre, pour initier ses « hétœres » aux mœurs orientales, les marie d'office à des femmes de son choix. Séleucos, mentionné le dernier sur la liste dressée par Arrien, reçut pour femme Apama, fille du Bactrien Spitamène ^ 11 paraît bien que les autres officiers ne prirent pas au sérieux ces essais d'unions polygamiques; mais Séleucos garda et traita en épouse légitime la femme que le caprice d'Alexandre lui avait donnée. Apama — peut-être hellénisée sous le nom accessoire d'Antiochis [f] — fut la mère de son successeur.
Il est évident que Séleucos avait dû vivre dans une certaine intimité avec Alexandre, au temps où le roi daignait encore être familier. Plutarque rapporte qu'Alexandre se préoccupa un jour de faire rechercher un esclave de Séleucos, qui s'était enfui en Cilicie *. Le nom de Séleucos figure parmi ceux des « amis » qui allèrent consulter Bel-Sérapis sur la maladie d'Alexandre '\ Il était encore à ce moment commandant des pages de la garde royale, et, comme tel, il eut l'occasion de protéger Perdiccas contre les émeutiers qui vinrent l'assaillir jusque dans la chambre mortuaire où gisoit le cadavre d'Alexandre. Perdiccas le récompensa en lui donnant le commandement de la cavalerie des hétaïres, fonction des plus honorifiques, dévolue avant lui à Héphaestion et à Perdiccas \ La charge que quittait Séleucos fut donnée à Cassandre, fils d'Antipatcr. La faveur de Perdiccas prouve que Séleucos n'était pas de ceux dont le régent crût