Polyb., V
le mouvement divergent des ailes et envelopper l'ennemi. Molon ne put que difficilement ranger ses troupes à peine remises d'une fausse alerte qui les avait tenues sur pied la nuit précédente. Il prit le commandement de l'aile droite et confia l'aile gauche à son frère Néolaos. Au premier choc, il comprit que la bataille était pour lui perdue d'avance. Son aile gauche passa à l'ennemi aussitôt qu'elle fut en vue du roi, et, du coup, ceux qui l'entouraient prirent la fuite. Pour ne pas tomber vivant aux mains du vainqueur, il se tua ; tous les complices de sa révolte en ttrent autant. Néolaos, fuyant à toute bride, alla en Perse trouver son autre frère Alexandre, tua sa mère et les enfants de Molon, après quoi il se donna la mort. Alexandre, saisi d'horreur, imita son exemple. La tragédie prit fin faute d'acteurs. Le cadavre de Molon, mis en croix par ordre d'Antiochos à l'entrée des défilés du Zagros, apprit aux populations que le jour de la justice était enfin venu et que le roi saurait mettre les perturbateurs à la raison K
Antiochos ne tint pas rigueur aux troupes dont il avait eu si facilement raison : il se contenta d'une admonestation qui se termina par des poignées de main et les renvoya en Médie avec les généraux qui avaient mission de pacifier la contrée. Lui, pendant ce temps, descendit à Séleucie, se montrant « doux et accueillant » sur le parcours. Il était peut-être moins disposé à l'indulgence envers la ville de Séleucie, qui n'avait offert aucune résistance à Molon. Il dut toutefois modérer le zèle d'Hermias, qui, sous prétexte de punir les Séleuciens, commençait à se gorger d'or et de sang. Le vizir s'acharna avec une véritable férocité sur l'aristocratie du lieu, les magistrats (?) appelés Adiganes, «mutilant, torturant, égorgeant » ceux qui n'avaient pas pu fuir à temps. Le roi abaissa de mille à cent cinquante talents la contribution de guerre imposée par son ministre et s'occupa