Polyb., V
2. Ici finit l'Histoire de l'Hellénis7ne, de Droysen (III, p. 569).
pays fertile, qui n'obéissait qu'à regret à Molon et se rallierait aussitôt h la cause du roi légitime. Enfin, on prenait à revers Molon, qui, coupé de la louto de Médie, d'oîi il tirait ses subsistances, serait obligé de se rendre ou serait abandonné de ses soldats. L'avis de Zeuxis fut suivi. L'armée, partagée en trois corps, franchit le Tigre sur trois points différents. La ville de Doura, qu'assiégeait un lieutenant de Molon, fut débloquée : l'armée s'y reposa, et, au bout de huit jours, après avoir traversé la région montagneuse d'Oricon, elle atteignit Apollonia.
Molon n'était pas homme à se laisser prendre au piège. Il n'avait qu'une médiocre confiance dans les masses qui! avait recrutées en Susiane et en Babylonie : la Médie était son centre de ravitaillement, son quartier général, et il fallait à tout prix qu'il maintînt ses communications de ce côté. Il repassa donc le Tigre en toute hâte avec ses meilleures troupes, les archers dits Cyrtiens, et déboucha à son tour en Apolloniatide. Les deux avant-gardes prirent contact et se replièrent sur leurs armées respectives, qui restèrent à 40 stades (un peu plus de 6 kil.) l'une de l'autre. Molon était inquiet : il sentait « combien il est dangereux pour des rebelles d'affronter en face et en plein jour les rois » '. Il essaya des surprises nocturnes; mais, dès qu'il s'approchait du camp royal, des défections se produisaient dans les rangs. Ses soldats, recrutés en Asie, avaient le sentiment monarchique, qui se tournait contre l'usurpateur. Il fut enfin contraint d'accepter la bataille. Antiochos rangea à l'aile droite, qu'il commandait en personne, ses lanciers à cheval, menés par Ardys, les Cretois et les Galates Rhigosages ; à côté, les mercenaires grecs ; derrière, la phalange ; à l'aile gauche, commandée par Hermias et Zeuxis, la cavalerie des hétaeres ; au centre et en avant, les dix éléphants, précédant les bataillons d'infanterie et de cavalerie, qui devaient suivre