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CHAPITRE QUATRIÈME

Pénitentiels et traités divers.

SECTION I

PÉNITENTIELS

On doit rapprocher des collections systématiques des premiers siècles les pénitentiels ou recueils de règles prescrivant les pénitences à imposer dans tous les cas qui ^pouvaient être prévus. Ces pénitentiels contiennent parfois les canons des conciles prononçant les peines contre certains crimes ou délits ; mais plus souvent ils se bornent à donner une simple énumération de pénalités, offrant de Tanalogie avec les tarifs de compositions qui tiennent une si grande place dans les coutumes germaniques. Ces traités ont appelé de bonne heure l'attention des canonistes et aussi des historiens, à qui ils peuvent fournir des renseignements précieux pour l'histoire des mœurs et de la civilisation en Occident. Depuis un demi-siècle ils ont été étudiés avec un soi|i particulier et ils ont été Tobjet de travaux très intéressants \

1. On trouve de très anciens pénitentiels dans le t. 1 du Spicilège de D. Luc d'Achery (1723, in-f»), dans le t. 11 des Antiquse lectiones de H. Canisius (Amstelod., 1725, in-f»), à la fin

du commentaire de la pénitence de J.

Morin (Paris, 1651, in-fo). Parmi les travaux modernes, v. Kunstmann, Die lateinischen Ponitentialhucher der Angelsachsen, Mainz, 1844. — Hilden-

Les premiers conciles, et notamment ceux d'Elvire et d'Ancyre, contenaient déjà des canons pénitentiels. Plusieurs évoques du m® et du iv* siècle rendirent aussi des statuts disciplinaires. On peut citer notamment ceux de Gyprien de Garthage, de Grégoire le thaumaturge de Néocésarée, de Denys d'Alexandrie, de Grégoire de Nysse, de Basile de Gésarée *.

Les plus anciens traités formant une sorte de Gode pénal ecclésiastique sont du vi'' siècle, et, dans l'opinion de Wasserschleben, ils appartiennent aux églises d'Irlande et d'Angleterre. Tels seraient ceux de Vinnianus (Finnian), de Gildas de Bangor, de David de Minevia.

M. J. Sclimitz, dans ses importants ouvrages sur les pénitentiels qui ont été précédemment cités, soutient que ces traités disciplinaires ont suivi une marche inverse. Un pénitentiel romain en serait le prototype; il existerait encore dans les manuscrits assez récents, de la Vallicellane et du Mont-Gassin, où il est appelé Pœnitentiarium summorum Pontificum. De Rome il passa en Angleterre avec Théodore de Gantorbéry, Bede et Egbert ; en France, avec saint Golumban ; en Allemagne, avec Raban Maur. La démonstration de ces faits résulte pour M. Schmitz de la comparaison de cent vingt-six manuscrits d'Italie, de

lïiapilj i ïitersuchungen iiber die germaniscJn'n Pônitentialbiicher, Wûrzhufiî, WA. — Wasserschleben, Die Busxftrtîtumgen der Abendlundischen Kirvhe, 1851. — Sclirailz, Dos Pœni- Unlluh romanum, 1875 ; — Die Bussttiicfur und die Bussdisciplin der Kirdte, 1883. — V. encore Daller.,

P. IV, c. 6 (Galland, 236). — F. Walter, § 93. — PhUlips, IV, 110. — Maassen, I, 868 et 870. — B. Hauréau, Notice sur un pénitentiel attribué à Jean de Salisbury (Notices et extraits des manuscrits, t. XXIV, 2e part.) 1. V. Scherer, I, 209, n» 2.

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